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Education: où en est-le numérique en Fédé Wallonie-Bruxelles?

Hors-cadre
Par · 01/03/2018
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Le nouveau “baromètre” concocté par l’AdN, intitulé “Infrastructure, ressources et usages du numérique dans l’éducation en Wallonie et à Bruxelles”, est un rapport fouillé qui aborde de multiples facettes de la situation de l’enseignement francophone en matière de pratiques et outils numériques: équipement (des apprenants et des enseignants), usages, présence sur le Web, ressources en ligne mises à disposition des apprenants et enseignants, contexte techno-pédagogique, défis et perspectives. Voir méthodologie en fin d’article.

Impossible tout résumer et synthétiser en un seul article. Nous pointerons donc simplement quelques éléments et constats marquants. Et nous structurerons d’ailleurs l’article en trois volets.

>> Dans cette première partie, les aspects touchant à l’équipement en numérique proprement dit (matériels et connexions).

>> Dans la deuxième partie (à lire ici) , nous nous arrêtons de manière plus spécifique sur la dimension pédagogique (utilisation des logiciels et ressources, compétences numériques) et sur la politique des établissements face à la vague numérique.

>> La troisième et dernière partie (“Education et numérique: il est temps d’agir”) est consacrée à quelques conclusions et recommandations de l’AdN ainsi qu’à quelques appels du pied de Pierre Rion, président du Conseil du Numérique, adressés tant au gouvernement wallon qu’à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En préambule, les auteurs de l’étude pointent le fait que le numérique, dans le monde de l’éducation, n’est plus une option, un “nice to have”. L’évolution de la société, celle des pratiques, la pression et la “concurrence” venant de l’international ou même de nettement plus près (Flandre), n’autorisent plus l’enseignement francophone à être le dernier village gaulois qui n’aurait pas fait sien les avantages du numérique.

Le Plan du Numérique, dès sa formulation voici déjà 4 ans, en avait fait l’un de ses axes d’actions. Et, rappellent les auteurs du Baromètre, “à terme, chaque établissement scolaire devra, dans la cadre de son plan de pilotage, concevoir une stratégie en matière d’insertion des outils numériques dans les apprentissages et la gouvernance de l’établissement.” (Le décret en a été promulgué au Moniteur belge en 2016. Décret portant diverses dispositions en matière d’enseignement – art. 70, §2, alinéa 2.e)

Equipement numérique

En l’espace de 4 ans (période à laquelle remonte le dernier Baromètre de l’Education), l’équipement en ordinateurs (fixes ou portables) et tablettes dans les écoles wallonnes a progressé de 38% (la population scolaire, pour sa part, a augmenté dans le même temps de 4%).

Désormais, 11,2 équipements sont disponibles pour 100 élèves, ce qui est encore loin d’être optimal mais il y a progrès.

Par niveau d’enseignement, sans surprise, c’est le secondaire ordinaire mais aussi l’enseignement spécialisé qui sont les mieux dotés, avec resp. 16,5 et 16,8 équipements pour 100 élèves. Promotion sociale et fondamental ordinaire sont à la traîne: resp. 7,5 et 7,7. Mais pour le fondamental, la “faiblesse” s’explique en partie par le fait “qu’un tiers environ des élèves se trouvent dans l’enseignement maternel où l’usage de l’ordinateur à des fins pédagogiques reste encore très limité.”

Le retard n’en reste pas moins flagrant par rapport à la situation en Communauté germanophone où fondamental et secondaire sont nettement mieux équipés. Taux respectifs, toujours pour 100 élèves: 12,6 (contre donc 7,7 en Wallonie) et 43,6 (contre 16,5).

La Flandre, elle, fait encore mieux avec des scores de 17,4 et de 56,5. A noter que ces chiffres datent de 2012 (aucune étude flamande plus récente n’étant disponible). On peut donc supposer que l’écart se soit encore agrandi. A noter toutefois, mais est-ce une consolation, que la Flandre est très largement au-dessus de la moyenne européenne globale: 14 pour le fondamental, de 20 à 23 pour le secondaire.

Et Bruxelles? Le Baromètre annonce des chiffres… inférieurs aux scores wallons: 4 unités pour 100 au fondamental et 13,4 au secondaire.

Mais de quel type d’équipement s’agit-il?

En Wallonie – Ordinateurs fixes: 79% du parc total. Ordinateurs portables: 8%. Tablettes: 13%.

A Bruxelles – Ordinateurs fixes: 80% du parc total. Ordinateurs portables: 9%. Tablettes: 11%.

En quoi les plans régionaux ont-ils contribué à l’équipement?

“Malgré l’importance des plans d’équipements lancés par les Régions, ce sont les établissements eux-mêmes qui ont acquis la majorité des ordinateurs et tablettes mis à disposition des élèves.

En Wallonie, la part fournie par la région (plans Cyberclasse et Ecole Numérique) se monte globalement à 45%, mais atteint 61% dans le fondamental, et environ 40% dans les autres niveaux.

Dans les établissements francophones de la Région de Bruxelles-Capitale, la part régionale est par contre de globalement 21%, variant de 17% dans le secondaire ordinaire à 27% dans le fondamental ordinaire.”

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Un usage encore très classique

Si les outils numériques poursuivent leur exercice de pénétration dans les salles de classe, l’usage qui en est fait demeure souvent encore fort classique. On le verra plus loin (chapitre Usages pédagogiques), “les applications les plus utilisées en classe sont les ressources en ligne, les logiciels de présentation et de traitement de texte.”

Le numérique, source et support d’interactivité, n’a donc pas encore – et de loin – concrétisé ses promesses. A lire le commentaire de l’AdN dans cet autre article (réservé à nos abonnés Premium).

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Mon ami le robot

Les premiers robots (Thymio, Lego Mindstorms, Makeblock, drones…) commencent – timidement – à faire leur apparition dans l’arsenal numérique pédagogique: on en dénombre ainsi 3,6 exemplaires pour 10.000 élèves en Wallonie comme à Bruxelles. En Communauté germanophone, ils ne seraient encore présents que dans l’enseignement secondaire (selon les réponses collectées – voir méthodologie en fin d’article).

Petit coup d’oeil du côté des tableaux blancs interactifs (TBI)

L’équipement en tableaux blancs interactifs (TBI) et en VBI (solution plus moderne utilisable pour projection sur tout type de surface) a sensiblement augmenté dans les écoles wallonnes en l’espace de 4 ans.

On en dénombre aujourd’hui, tous niveaux d’enseignement confondus, 8 par lot de 1.000 élèves. A Bruxelles, le rapport est de 7,5 pour 1.000. En Communauté germanophone, de 15,9 pour 1.000.

Et la connexion Internet dans tout ça?

Au-delà du matériel, le “nerf de la guerre” est bien entendu la connexion des établissements scolaires à Internet et la qualité (performance) de cette connexion.

“88% des implantations scolaires sont aujourd’hui connectées à Internet.” Le secondaire wallon l’est davantage: 97%.

Mais la Wallonie, tous niveaux confondus, est en retard sur ses homologues bruxellois (93% de moyenne) et germanophone (100% !).

En Wallonie, les établissements non encore connectés se retrouvent essentiellement dans l’enseignement maternel (72% des cas) et dans le primaire (33%).

Mais – et c’est un gros, un très gros “mais” -, les auteurs de l’étude soulignent que le fait qu’un établissement soit connecté à Internet n’implique pas forcément que… les classes soient connectées. Il arrive en effet que la connexion ne serve qu’à des fins administratives.

Lorsqu’on analyse les chiffres sous l’angle des “locaux utilisés à des fins d’enseignement et pourvus d’une connexion Internet filaire et/ou WiFi”…, on constate que seulement “une petite moitié des locaux peut bénéficier d’Internet.”

Les scores (globaux, tous niveaux d’enseignement confondus) sont de 45% en Wallonie et de 49% à Bruxelles. La Communauté germanophone, une fois encore, fait pâlir d’envie avec son score de 75%.

Côté francophone, le meilleur score est réalisé par le secondaire ordinaire bruxellois avec… 61%.

Quant au débit, il est évidemment à la fois crucial et souvent problématique. Le paysage et l’analyse sont tellement morcelés qu’une longue explication s’impose (que l’on retrouve en-ligne dans l’étude Baromètre – voir lien en fin d’article). Nous nous contenterons donc d’un petit tableau récapitulatif…

Digital Wallonia: “la médiane des chiffres indique que 50% des débits descendants mesurés étaient inférieurs à 37,0 Mbps et 50% des débits ascendants ne dépassaient pas 6,3 Mbps. Toutefois, dans un cas comme dans l’autre, les débits observés dans les établissements situés en Région de Bruxelles-Capitale sont clairement supérieurs.”

 

Qu’en pensent les établissements eux-mêmes? Est-ce suffisant ou non?

Nouveau graphique pour synthétiser les réponses.

 

Quid du Wi-Fi?

“Aucun réseau wifi n’est présent dans 20 à 25% des implantations connectées à Internet, que celui-ci couvre ou non l’ensemble des bâtiments. Lorsqu’il est présent, le réseau n’est pas souvent accessible aux élèves, sauf dans l’enseignement de promotion sociale.”

 

Au-delà l’équipement en numérique, où en sont les usages (élèves et enseignants) et la stratégie des établissements? Découvrez dans la deuxième partie de notre article LIEN quelques constats posés par l’étude Digital Wallonia.

Si vous désirez en apprendre plus sur les constats, voire recommandations, du “Baromètre Education”, tous les chiffres (par niveau et type d’enseignement) et observations des auteurs de l’étude sont disponibles via le site de Digital Wallonia.

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Méthodologie de l’enquête “Baromètre Education”

Récolte des réponses, via Internet et téléphone: septembre 2017.

Pour les besoins de son Baromètre, l’AdN a sollicité l’ensemble des établissements scolaires (fondamental, secondaire, spécialisé et promotion sociale) de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 2.066, soit près de 72% du total des établissements scolaires des deux systèmes éducatifs, ont répondu; 3.166 inventaires d’implantations (70% du parc total) ont été réalisés.

Les informations qui ont été sollicitées de la part des directions d’établissement ont porté à la fois sur “la vision de la Direction relative au numérique, aux formations organisées, au site web, aux outils globaux mis en place, [ainsi que] sur l’inventaire des équipements numériques disponibles, la description de la connexion Internet.”

Côté enseignants (maternel, primaire et secondaire; enseignement ordinaire, spécialisé et de promotion sociale), l’étude a récolté des informations auprès de 2.585 personnes (60% des réponses étant encodées en ligne directement par les enseignants et 40% obtenues par téléphone).

Répartition: 1.804 réponses d’enseignants travaillant dans la partie francophone de la Wallonie, 564 travaillant à Bruxelles (soit 2,6% de la “population” enseignante en Fédération Wallonie-Bruxelles), et 216 d’enseignants germanophones (11% de la Communauté germanophone). [ Retour au texte ]

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