Bon plan/Mauvais plan: Quelle plate-forme choisir?

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Par · 18/02/2014

Il n’y a évidemment pas de réponse toute faite – ou d’ailleurs de “bonne” réponse – à cette question. Le choix se fera souvent en fonction de la nature du projet qui cherche à se financer, des préférences et affinités de ceux qui les portent, du public d’investisseurs que l’on espère convaincre, du type de “contreparties” qu’on est prêt à offrir (depuis l’offre d’avantages à l’accueil d’un actionnaire dans le capital).

“Si votre projet a une dimension internationale [ou potentiellement internationale] avec des clients et utilisateurs éparpillés dans le monde, il est logique de choisir l’une des principales plates-formes actuelles, en particulier une plate-forme américaine”, souligne Olivier Griffet, d’Abrakam. “Par contre, si le projet vise le marché belge ou une cible régionale locale, [une plate-forme belge telle] MyMicroInvest convient sans doute mieux.”

Mais même si on s’oriente vers une plate-forme belge, il faudra choisir le type de modèle qui la sous-tend: prise de participation au capital (MyMicroInvest), prêts financiers (Look & Fin), don contre don (IDentity), …

Le type de produit ou de création déterminera aussi dans une large mesure le choix du type de plate-forme: “KickStarter, par exemple, n’est pas forcément bien adaptée à un projet de création de dessin animé. Le principe de KickStarter est celui du don-contre-don. Il faut donc pouvoir imaginer des contre-parties liées au thème du projet.” A cet égard, KickStarter est peut-être plus adaptée au produits “tangibles”, aux logiciels, jeux, applis, équipements, etc. que le porteur de projet pourra proposer, par exemple, en avant-première aux donateurs.

Mais attention: KickStarter n’accepte pas de projet dont la finalité est purement B2B. OpenERP qui avait choisi cette plate-forme pour y lancer une campagne en vue de financer un nouveau logiciel de gestion de point de vente a dû changer sa destination et s’adresser à IndieGoGo (lire notre article).

KickStarter offre, aux yeux de Sophie Schiaratura de Fishing Cactus, un espace plus “relax” que certaines plates-formes locales ou européennes. ”C’est comme si on y parlait à des amis. La plate-forme, son contenu sont structurés différemment. L’environnement est plus familier. C’est un peu la philosophie de l’e-shop, d’un magasin on-line, où on vient passer commande d’un nouveau produit

Il y a aussi le choix entre un public purement ou majoritairement francophone (comme sur Ulule ou KissKissBankBank) et une cible que l’on veut plus internationale, voire essentiellement anglo-saxonne (direction alors KickStarter ou IndieGoGo, par exemple).

La décision peut également être déterminée par le mode de fonctionnement de la plate-forme, les règles qu’elle impose ou l’importance de la commission qu’elle prélève.

Quelques exemples?

Tout ou rien. Sur KickStarter ou KissKissBankBank (par exemple), si la somme espérée n’est pas réunie, le leveur de fonds s’en retourne bredouille. Les dons s’accumulent virtuellement dans une cagnotte et ne sont réellement collectés et mis à disposition que si la barre fixée est atteinte.

D’autres plates-formes, par contre, fournissent les dons, même si l’objectif n’est pas atteint. Exemple: RocketHub.

Présence locale. KickStarter impose aux projets non-américains de passer par une société dont la nationalité est celle du pays où la plate-forme est elle-même implantée. A savoir, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, au Canada ou l’Australie (dans l’état actuel des choses). Il faudra donc soit passer par un partenaire ou ouvrir soi-même une antenne.

Ouvrir une filiale aux Etats-Unis peut s’avérer plus complexe qu’il n’y paraît (cf. le témoignage de Fishing Cactus et d’Abrakam). “Créer une filiale en Angleterre est sans doute plus aisé”, estime Olivier Griffet, “mais la balance peut malgré tout penché en faveur des USA en fonction du type de projet à financer ou de la dimension géographique du produit. La visibilité [selon que l’on passe par le Royaume-Uni ou les Etats-Unis] demeure différente. En matière de crowdsourcing, le critère de base est toujours la visibilité…”

D’autres plates-formes n’imposent pas ce genre de contrainte. Exemple: IndieGoGo, elle aussi américaine, mais qui attire moins de trafic et génère moins de visibilité que KickStarter.

 

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