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Première bougie soufflée pour Le Click de Mons

Portrait
Par Delphine Jenart · 07/10/2021
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Fin septembre, l’équipe du Click à Mons célébrait sa première année d’existence. “Le possible est une tentation que le réel finit toujours par accepter.” Sans avoir connu le siècle de la transition technologique, le philosophe Gaston Bachelard résume ici fort bien l’accent donné à la fête car Le Click est un lieu qui fait la part belle à la créativité et à l’innovation puisqu’il se donne pour mission d’accompagner les profils créatifs dans la transformation de leurs idées en projets.

Pour qu’un porteur de projet soit incubé au Click, il ne doit pas forcément avoir des milliers de kilomètres au compteur. “Notre base est excessivement large en termes de public cible et de maturité: de l’étudiant-entrepreneur aux grandes entreprises, incluant des indépendants, des geeks, des créateurs…”, explique Didier Lefèbvre, directeur du Click dont l’activité a été lancée au printemps 2020, en plein confinement.

“Où la technologie rencontre la culture”

Ni un fab lab, ni un living lab, ni un hub créatif mais les trois tout à la fois. Le Click fait figure de plate-forme en articulant ces trois dimensions de l’accompagnement à l’innovation, rejointes récemment par le “Click n’Start”, une quatrième antenne pour favoriser l’esprit entrepreneurial au sein de la communauté universitaire. 

Aujourd’hui, l’un des trois innovation centers “powered by UmMons”, Le Click est né de l’union entre l’université de Mons et l’intercommunale IDEA – de quoi combiner recherche et développement économique.

Mais pour trouver l’origine du Click,  il faut remonter à… la genèse de Mons 2015, capitale européenne de la culture. Culture + créativité + économie étaient alors les ingrédients de la vision de la ville, capitale culturelle de la Wallonie qui se voyait bien en pôle d’excellence conjuguant culture, sciences et technologies. Les plus attentifs se souviennent de la tagline Mons, Where technology meets culture, un leitmotiv qui a guidé les équipes de l’Université dans la création d’un programme de recherche nommé Numédiart, hébergé par la Faculté polytechnique et spécialisé dans les (alors méconnues) “industries culturelles et créatives”.

Les trois dimensions ICC

“On identifie souvent trois problématiques dans les ICC: les technologies qui évoluent vite, le manque de formation ad-hoc, et la difficulté de monter des projets de co-création et de co-production”, commente le Professeur Thierry Dutoit, directeur-fondateur de Numédiart à l’origine du Click et du Fab Lab Mons. “Des résistances qu’on a adressées en dessinant un portefeuille européen Feder-FSE baptisé “Digistorm”, obtenu en 2016 avec des partenaires tels qu’Idea, le FabLab Mons, Technocité, le Cetic, Multitel, la ville de Mons, sous la coordination de l’UMons”.

Depuis la création de Numédiart en 2007, plus de 150 porteurs de projets ont bénéficié du soutien de cette infrastructure d’accompagnement à la créativité. Ont par la suite – et successivement – vu le jour: le Fab Lab Mons en 2014 (avec un soutien du data center de Google installé dans la région), un hub créatif en 2015 alors porté par la ville de Mons (“Creative Valley”), et deux living labs en 2016 – le Click (dont nous vous parlions ici) et le Museum Lab du Pôle muséal de la Ville de Mons, dont nous avons également déjà eu l’occasion de vous parler ici.

En résumé: si Le Click ne souffle “que” sa première bougie, il est le fruit d’une évolution et d’un maillage de partenaires de plus de 15 années qui a aujourd’hui trouvé sa place dans un quartier dédié à l’innovation, un bâtiment du Parc Intialis (ex-QG de la société d’informatique médicale Xperthis) de 1.000 m2 permettant d’asseoir cette fonctionnalité de plate-forme multimodale.

Stimuler un écosystème, mettre l’utilisateur au centre

“Structurer, animer et stimuler une communauté créative”, d’une part, “développer un écosystème dynamique et prospère en capitalisant sur la créativité et l’innovation”, de l’autre, est donc le double objectif avoué du Click. Pour y parvenir: une méthodologie d’accompagnement inspirée du design thinking.

Le Click se revendique d’être avant tout un lieu où les porteurs de projets peuvent trouver une écoute attentive pour les aider à définir une problématique, identifier des solutions qui sont alors soumises au prototypage et à la mise en test dans des conditions réelles. Autrement dit, les cinq étapes d’un processus qui place l’utilisateur au centre.

Premier anniversaire “officiel” pour une initiative qui est la résultante d’un déjà long travail de construction et de maillage d’acteurs…

Le premier anniversaire fut l’occasion de mettre en avant plusieurs “pépites”: des porteurs projets passés par la machine Click comme Killian, étudiant en ergothérapie qui s’est appuyé sur les technologies d’impression 3D pour fabriquer lui-même ses outils d’aide technique à un jeune patient cérébro-lésé.

Ou, dans le domaine très couru des technologies interactives et immersives, le Virtual Park de Mouscron (qui se dit le plus grand parc VR d’Europe): un projet pour développer la sensation d’immersion en environnement virtuel (sous l’acronyme GATPHI, pour Game Arena with Tangible Physical Interaction) que les visiteurs ont pu tester.

Ou encore l’artiste Franz Baden Baden qui a intégré à son dispositif créatif le potentiel offert par la machine laser découverte au fab lab à Mons 2015.

C’est dans des lieux que la créativité s’exprime”

La dynamique de lieu, après de longs mois passés en confinement et en distanciel, est soulignée par les porteurs de projets incubés au Click: une panoplie d’outils numériques collaboratifs, si exhaustive soit-elle, ne fait pas le travail. “On n’est jamais aussi créatifs qu’en fréquentant des lieux” commente Nicolas d’Alessandro, le fondateur et CEO de Hovertone, auteur de l’Imaginarium, l’un des espaces d’idéation dévoilés lors de l’inauguration des espaces du Click.

Outre un accompagnement sur le parcours de l’innovation, Le Click déploie une énergie importante dans la sensibilisation et l’animation de communautés, on et off line: qu’il s’agisse de gamers à travers le label Gamemax (dont nous vous parlions ici) qu’il a co-créé avec Technocité et Fishing Cactus, d’animation d’événements, de webinaires, de production de podcasts, ceci pour élargir la base de recrutement mais aussi “brasser des audiences significatives pour faire grandir les projets”, commente Didier Lefèbvre.

Didier Lefèbvre (Le Click): “Brasser des audiences significatives pour faire grandir les projets”.

Quoi d’autre qu’un fab lab, ce lieu dédié au prototypage dans l’ère 4.0, pour confronter ses idées au terrain: initialement installé dans les locaux de la faculté polytechnique de l’Umons, le FabLab Mons devenu Click Fab Lab est un peu à l’étroit dans ses murs et fera d’ici à 2023 (fin de la programmation Feder actuelle) l’objet d’une extension de 200m2 avec acquisition de nouvelles machines.

“Nous avons aujourd’hui le côté fonctionnel du Click mais manque un côté peps”, estime le directeur Didier Lefèbvre: finaliser l’aménagement intérieur, parer au manque de place et améliorer l’attractivité de l’espace pour animer la communauté sont les objectifs à court terme nourris par l‘équipe en place. “Nous prévoyons aussi la construction d’un hall d’expérimentation pour les technologies immersives afin de mettre à disposition un environnement de test – un outil nouveau à l’échelle de la Wallonie – pour des porteurs de projets en arts performatifs, en capture de mouvements…”.

Faire grandir la communauté, également et surtout trouver ses repères dans la nouvelle programmation wallonne des hubs créatifs repris sous la tutelle de la Sowalfin sous l’appellation « neo-hub » comptent parmi les défis du Click à moyen et long terme. Trouver et fidéliser son public d’une part, œuvrer à la pérennisation de l’outil en place dans toutes ses composantes d’autre part sont des enjeux de taille pour « la clique du Click » (sic), à placer dans le contexte des nouvelles programmations européennes 2021-2027.

Avis aux porteur.eu.ses de projets en devenir qui souhaiteraient tester le « logiciel »: tous les premiers lundi du mois, le Click se découvre en mode “all acces”, une journée de networking & coworking où le fab lab est accessible sans réservation préalable. 

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