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Kodo Wallonie: les aléas – et enseignements – du distanciel

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Par · 23/09/2021
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Nous vous parlions tout récemment de la manière dont CoderDojo Wallonie avait vécu et voulait désormais tourner la page de ces 18 mois de confinement forcé. Que fut l’expérience vécue du côté de sa cousine – Kodo Wallonie, l’association – qui fait découvrir nouvelles technologies, programmation et robotique aux jeunes enfants et adolescents au travers d’ateliers et d’animations en milieu scolaire? Et, surtout, quelles sont les perspectives pour demain?

A l’image de notre quotidien et de la situation scolaire, l’année 2020 et le début 2021 furent marqués par une enfilade de “stop and go” pour Kodo Wallonie. Au printemps 2020, Kodo Wallonie était dans les starting blocks, ayant reçu – après des mois voire des trimestres d’incertitude – un nouveau financement de la Région lui ouvrant de nouvelles perspectives. C’était évidemment sans compter le coronavirus…

Comme pour tous les acteurs liés de près ou d’un peu plus loin à l’enseignement, le présentiel devenait impossible et la seule piste potentielle était de repenser le contenu des animations pour envisager une poursuite en distanciel. Sauf – évidemment – que Kodo Wallonie, pour ses activités, doit en passer par le canal des écoles – leurs horaires, la place dans leurs programmes, leurs disponibilités… “Nous avons donc réfléchi à notre stratégie”, explique Céline Colas, responsable de Kodo Wallonie. “En se disant que même si les écoles devaient rouvrir leurs portes, les enseignants auraient sans doute d’autre priorités que d’accueillir des animateurs extérieurs…”

Kodo, au printemps 2020, s’est donc focalisé sur la préparation de stages d’été pour les plus jeunes. Et de préférence en distanciel, le présentiel présentant trop de contraintes organisationnelles.

Pendant plusieurs semaines, Kodo a donc planché sur la création de ressources utilisables en-ligne: tutoriels vidéo à visionner via YouTube, exercices, PDF explicatifs… Autrement dit, des ressources que les enfants et ados pourraient utiliser pendant ou en appui aux ateliers programmés pendant l’été 2020, avec possibilité d’échanger avec les animateurs Kodo. 

Les ateliers, articulés autour de défis à relever, furent organisés en distanciel, pendant plusieurs semaines, à raison de deux heures d’atelier pour les enfants (tranche d’âge: 9-13 ans) et d’une heure pour ados (14-18 ans). Avec possibilité de télécharger ou de se faire envoyer (en format papier) des dossiers pour se livrer à des activités supplémentaires en déconnecté.

Ressources en-ligne

La formule eut un certain succès. Les groupes d’enfants et d’ados furent généralement de petite envergure “mais les participants étaient clairement motivés”, insiste Céline Colas. “Cela nous a en tout cas donné l’occasion de tester des choses inédites, une série de nouveaux outils…”

Par la suite, la rentrée 2020 n’ayant pas été synonyme de retour à la normale, Kodo Wallonie a poursuivi en mode distanciel. “J’avais déjà depuis quelque temps l’idée de créer un MOOC. Nous l’avons dès lors concrétisée, avec l’aide de Technofutur TIC qui nous a prêté quelques ressources de son Edulab et a mis à notre disposition une section de sa plate-forme Moodle.”

 

Le distanciel et la sollicitation de ressources en-ligne s’avéraient la seule piste possible. Mais le distanciel pose également de nouveaux défis. “En temps normal”, Kodo a par exemple recours à des robots dans le cadre de ses animations. Mais comment procéder en distanciel quand l’école ne dispose pas de matériel de ce genre? Et quand le contexte est celui du foyer, le matériel n’est pas toujours à la hauteur, ou est monopolisé par d’autres membres de la famille…

 

Les ressources créées prennent plusieurs formes: des “carnets thématiques” pour l’organisation d’ateliers et d’animations au sein des écoles (avec ou sans téléprésence de Kodo) et une série de cours en-ligne, sur les thèmes de la programmation, de l’initiation à l’informatique, et de la robotique. Des cours destinés à différents niveaux d’étude (jusqu’au 4ème et 5ème cycles).

Ces cours sont accessibles à tout élève disposant d’une adresse de courriel fournie par son propre établissement scolaire (à défaut, Kodo Wallonie peut générer des adresses mail spécifiques ouvrant l’accès à la plate-forme en-ligne).

Les cours, pour les enfants de 9 à 14 ans, sont structurés en différents chapitres:

  • 3 chapitres en mode “Introduction à” (informatique, algorithmique, programmation) sous forme de fichiers texte et vidéo, avec de petites activités pour les enfants, et, en bouquet final pour chaque chapitre, une heure pratique de code ; les enfants sont invités à passer en revue ces trois premiers chapitres dans l’ordre
  • 7 chapitres thématiques – à “consommer” librement, selon les préférences de chacun(e) : créer son jeu vidéo ; la cryptographie ; histoire de l’informatique ; créer son appli mobile ; programme de la musique ; programmer des visuels ; réaliser un site Web – chaque chapitre comporte des exercices et des “devoirs” et est scénarisé en mode “création de projet” et, souligne Céline Colas, avec possibilité d’avoir une rétroaction de la part des coachs Kodo Wallonie. “Par exemple, pour la création d’un jeu vidéo, nous pouvons commenter la manière dont l’enfant ou l’ado s’y est pris – tu as oublié le paysage, tu aurais pu prévoir davantage de niveaux dans le jeu, le fil de l’histoire est un rien décousu…”
  • 3 derniers modules sont consacrés à des ressources transversales: un glossaire, un forum, et un module d’évaluation/commentaire sur les différents chapitres.
  • Une “salle des profs” a également été imaginée, sur la plate-forme Moodle. Les enseignants peuvent venir y partager leurs propres ressources, découvrir des conseils, guides et tutos sur différents sujets (notamment sur la notion de sobriété numérique, un dossier consacré aux ateliers de programmation ou de pensée algorithmique qu’organise Kodo Wallonie…).

Succès mitigé

Si les stages d’été (en distanciel) avaient rencontré un certain succès, les activités qui auraient pu se développer, pendant l’année scolaire, sur base des ressources en-ligne mises à disposition (telles que décrites ci-dessus), n’ont jamais réellement décollé.

Du côté de CoderDojo, la période Covid fut aussi compliquée et pleine de défis. A lire comment l’association a fait face et s’est organisée. Et comment elle envisage la “rentrée”. Lire : CoderDojo: vive(ment) la rentrée…

Assez rapidement, Kodo Wallonie a en effet malheureusement dû se faire une raison: peu d’écoles, d’enseignants (et c’est un understatement) ont mordu à l’hameçon. Et cela, quelle que soit la formule qu’on leur proposait: soit organiser des activités elles-mêmes, sans l’assistance le Jour J de Kodo, soit avec accompagnement – en distanciel.

Et ce, en dépit de toutes les ressources en-ligne mises à disposition (textes, photos, exercices, tutoriels ou conseils filmés – le tout structuré en thématiques…).

Les enseignants pouvaient découvrir les contenus avant d’en donner accès à leurs élèves. Des dossiers (imprimables) ont été créés leur permettant de potasser les sujets et préparer la démarche pédagogique.

 

Céline Colas (Kodo Wallonie): “Un enseignant a utilisé les ressources proposées via le Moodle, inscrivant la totalité de ses élèves de 5ème et 6ème primaires, et utilisant plusieurs chapitres. Son retour fut plus que positif. Il a notamment constaté que cette démarche pédagogique autonomise nettement petits et grands”

 

“Même si Technofutur TIC nous a aidé, en communiquant l’existence de ces ressources à sa propre communauté, il devint évident que ce genre d’activités ne figurait pas dans les priorités des enseignants”, constate Céline Colas. “Nous avons alors organisé des sessions d’informations, en distanciel, afin d’expliquer les modalités et ressources de la plate-forme mais aussi et surtout pour comprendre quelles étaient les attentes des enseignants du primaire et du secondaire. Nous avons eu quelques groupes d’enseignants, en général de deux à sept personnes. Mais, là aussi, on ne peut pas réellement parler d’engouement…”

La sauce n’a donc pas pris. Pas le temps, pas dans les priorités, pas de compétences pour assurer l’animation, pas de matériel en classe, un sentiment de saturation face à ce numérique imposé par les circonstances… Les raisons furent aussi nombreuses qu’éclectiques.

Déception pour Kodo Wallonie? Très certainement mais la volonté est d’en tirer des leçons et de réutiliser le travail accompli. “Beaucoup de ressources que nous avons créées seront réutilisées dans le cadre des activités – que ce soit en-ligne ou en présentiel. Ces ressources ne sont certainement pas perdues. Elles sont utilisables par quiconque s’y intéresserait. Et nous avons bâti une expertise certaine…”

De nouvelles bases à la rentrée

La rentrée 2021 s’est faite en présentiel – de quoi permettre à Kodo Wallonie d’en revenir à des activités plus habituelles. Par ailleurs, pour repartir d’un bon pied, l’association étend la forme de ses actions.

Le contre-coup ou l’impossibilité du distanciel

Les collaborateurs de Kodo Wallonie en ont fait l’expérience pendant le confinement: pour beaucoup (enfants, enseignants, parents), il y eut un effet “saturation numérique”. Pour cause de gavage de distanciel et de virtuel à longueur de journées, les activités “complémentaires” telles celles de Kodo ont parfois (souvent) été rejetées.
Et l’effet nausée persiste du côté de certains établissements qui désirent mettre la pédale douce sur le numérique, par crainte du “trop d’écran” – l’un des effets du Covid !
D’autres écoles, par contre… voudraient bien [du distanciel] mais ne peuvent point. En cause: le manque d’équipement dans les foyers et l’incapacité à assumer elles-mêmes la logistique qui serait nécessaire pour y remédier.
Céline Colas: “Nous misons sur le présentiel parce qu’il apporte cette plus-value de découverte, d’expérimentation, de rencontre, de dynamique de groupe. Pour les enfants comme pour les adultes, il offre plus de facilité et de sérénité.”

Il y aura toujours des animations ponctuelles, de quelques heures, dans les écoles mais il y aura également désormais des actions au long cours. “Nous voulons miser davantage sur le qualitatif”, annonce Céline Colas. “Avec certaines écoles du primaire et du secondaire, nous allons travailler sur le long terme par le biais d’ateliers organisés tout au long de l’année.”

Exemple? Pour une école de Braine-l’Alleud, ce sera le thème de la création de vidéos ludiques. Au fil de l’année, le programme d’animation inclura la découverte du jeu vidéo, la création d’un jeu sur un thème donné, la découverte des techniques pour les différents métiers du jeu vidéo…

A Chatelineau, dans une école accueillant des enfants venant de milieux défavorisés, ce sera aussi la création de vidéos ludiques mais… dans le cadre ou en lien avec le cours de néerlandais. Autrement dit, marier, tout au long de l’année, apprentissage de la langue de Vondel et ateliers de jeux vidéo et de création audiovisuelle (créer des films détournant des jeux vidéo).

Pour une école de Verviers, le thème sera la vidéo robotique. Ou, pour cette autre école du secondaire technique, la robotique et l’éthique.

Pour assumer en parallèle ateliers ponctuels et animation au long cours, l’équipe de Kodo Wallonie va se renforcer. L’effectif devrait se composer, d’ici la fin de l’année, de cinq équivalents temps plein…

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1 commentaire

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