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WalChain: quand des acteurs locaux de la blockchain rêvent de place au soleil

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Par · 30/03/2021
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Un nouveau “réseau” ou, si vous préférez, écosystème thématique d’entreprises et d’acteurs wallons a officiellement vu le jour en cette fin mars 2021. Son nom: WalChain. Le thème: les technologie blockchain.

Premiers adhérents (et initiateurs): des sociétés (Be Blockchain, block0, d-event, Finoryx, Mi8, Z&A Consulting, Eternitrace, Selfbar, KissEcology, logion, Sec-DPO (voir l’encadré en fin d’article pour plus de détails) mais aussi des universités et centres de recherche (Cetic, Multitel, UMons, UNamur, UCLouvain) et des acteurs de l’accompagnement (fonds W.IN.G, Infopôle Cluster TIC, AdN).

WalChain vise à “fédérer et faire progresser en valeur, compétences et perspectives commerciales” des sociétés qui développent et/ou utilisent les technologies blockchain ou qui aident les entreprises à s’en saisir (investisseurs, consultants…). Et à en faire bénéficier un large éventail de secteurs: industrie, santé, assurances, juridique, e-commerce, logistique, énergie, agro-alimentaire…

Objectif, tel qu’officiellement formulé: “être le point de départ d’actions concrètes sur le terrain, avec la volonté de voir émerger une dizaine de projets blockchain d’ici la fin 2021.”

Parmi le catalogue d’actions et d’activités que ses fondateurs planifient, citons des campagnes de sensibilisation et de promotion ; des formations de nature technologique ou davantage commerciale, à destination de développeurs, porteurs de projets mais aussi décideurs et dirigeants d’entreprise.

WalChain procèdera également par appel à projets – le premier devant être lancé dès ce 19 avril.

Pour motiver, stimuler et attirer l’attention, le réseau WalChain projette également d’organiser des hackathons. Le premier pourrait (encore à confirmer) prendre pour thème le secteur de l’énergie et le développement et l’exploitation d’énergies renouvelables.

Autre levier d’action qui devrait être activé dès le mois de mai: la mise en oeuvre d’un environnement de test où les développeurs pourraient venir tester leurs prototypes.

 

David Schmitz (Logion, WalChain): “Les crypto-concepts portent également en eux la possibilité de faire avancer la recherche, de pousser à la réorganisation des chaînes de valeurs, en ce compris dans le domaine financier. C’est là un domaine dont WalChain va se saisir. La spéculation pure et dure du bitcoin n’a rien à voir avec les valeurs qui sous-tendent WalChain.”

 

Autre jalon que le réseau veut poser pour marquer ses débuts: la publication d’un livre blanc en mode mémorandum, à publier en juin, qui reprendra les arguments de la blockchain, en exposera les potentiels et opportunités pour l’économie wallonne et inclura par ailleurs un petit répertoire de proofs of concept pour en démontrer la pertinence.

Besoin d’un cadre

Les acteurs wallons qui ont choisi les technologies blockchain comme vecteur et socle ne sont pas encore très nombreux. Ce sont encore très largement de petites structures, de jeunes pousses qui ne peuvent encore tabler sur une clientèle qui soit source de pérennité. Plusieurs projets ont certes vu le jour – et on en trouve un petit catalogue sur le site Internet de WalChain – mais le vrai déclic, en termes d’intérêt tangible du marché, doit encore se faire chez nous.

Pour reprendre l’expression utilisée par Harold Kinet (co-fondateur de BE Blockchain et l’un des initiateurs du réseau WalChain), “il y avait, en Wallonie, quelques cellules dormantes qu’il était temps d’activer.” WalChain sera ce “cadre fédérateur”, permettant de concentrer les efforts, de croiser les expertises et bonnes pratiques, de se fédérer pour gagner en visibilité et crédibilité – en ce compris pour se positionner plus valablement dans le cadre d’appels à projets bénéficiant de financements européens.

Au passage, signalons que WalChain ne bénéficie pas (pas encore?) de financement régional mais peut par contre compter sur une promesse de soutien, au minimum logistique, par l’AdN.

“En termes de financement, c’est à nous-même qu’il revient de nous positionner par rapport aux programmes d’aide existants”, souligne Sébastien Pirlet, directeur commercial de mi8 et co-initiateur du réseau WalChain. “Il y a deux ans, la blockchain inspirait encore généralement de la méfiance de la part de ces sources de financement. Aujourd’hui, on y trouvera sans doute un intérêt plus marqué.”

Le “cadre” fait également défaut en termes de balisage légal dans notre pays. Contrairement à la France, souligne Harold Kinet, où un premier pas a été franchi avec la loi Pacte, adoptée en 2019, qui instaure un cadre législatif et juridique pour les émissions de jetons numériques et les opérations qui s’en servent (levées de fonds en cryptomonnaies et ICO). La loi inclut une série de dispositions destinées à générer la confiance dans le concept de jeton (token): information sur l’offre proposée et sur l’émetteur, mise en place d’un mécanisme de séquestre des fonds récoltés, constitution obligatoire d’une personne morale pour éviter la pseudonymisation des données… “Il faut de la liberté technique et de la sécurité juridique – deux piliers qui feront que le modèle français pourra inspirer d’autres nations”, déclarait à l’époque le ministre français de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, qui disait “vouloir faire de la France le leader européen de la blockchain”.

Retour chez nous… WalChain veut faire office de think tank et de bureau d’études, afin “d’inspirer les bonnes pratiques, de stimuler la réflexion, d’agir en faveur de la définition d’un cadre légal favorable”, déclare Harold Kinet.

“A l’heure actuelle, le cadre reste flou. Le token n’a pas de claire définition légale, juridique. Est-ce un actif numérique? Une action? Notre action visera à mieux faire comprendre l’étendue des applications possibles avec la blockchain, d’arriver à une régulation intelligente de la technologie.”

 

Harold Kinet (BE Blockchain, WalChain): “En arriver à une régulation intelligente de la technologie blockchain”.

 

L’action, l’“évangélisation” commencera au niveau wallon, avant de porter le débat un cran plus haut au fédéral. Sans omettre évidemment le niveau européen où un cadre doit encore prendre forme – et dont les décisions seront sans doute attendues, d’ailleurs, par le fédéral avant de passer à l’action. L’espoir étant de voir WalChain oeuvrer comme formulateur de bonnes pratiques et de levier “pour que la Belgique soit plus agile lorsqu’il s’agira de réellement passer à l’action”, déclarait pour sa part David Schmitz, fondateur de Logion et co-initiateur de WalChain, à l’occasion du lancement officiel du réseau.

Les premiers membres du réseau WalChain

Par ordre alphabétique…

Be Blockchain: gestion de projet, consultance et intégration 

Block0: conseils, développement de solutions, prototypage, gestion de projets

d-event: plate-forme événementielle basée sur la technologie blockchain

Eternitrace: technologie blockchain appliquée au domaine de la logistique et de la gestion de déchets (entreprises, industries) – nous avions déjà évoqué cette start-ups dans un article lors de son passage par l’accélérateur Digital Attraxion

Finoryx: solution destinée au marché des capitaux

KissEcology: ONG qui milite pour une “société durable et socialement responsable”, en se servant notamment d’une cryptomonnaie (le Kiss coin) qui prend la forme d’un dividende destiné à soutenir financièrement la transition écologique et sociétale dans une perspective de concrétisation des objectifs ODD de l’Unesco

Logion: réseau de blockchain hybride orientée vers la sécurisation d’actifs numériques et de transactions financières ; cette blockchain est sécurisée par un réseau décentralisé d’officiers de justice européens qui font office de validateurs et certificateurs

Mobile Inception 8 (Mi8): solutions pour les secteurs des transports et de la logistique

SEC-DPO: mise à disposition de services de DPO (Data Protection Officer) et de gouvernance de la sécurité informatique 

Selfbar: société mettant du contenu technologique à disposition (en ce compris donc des solutions basées sur la blockchain)

Z&A Consulting: conseils en intégration et gestion de projets

Auxquels s’ajoutent… Eonix, OpenFlow, i-Care, LR Data Science. Sans oublier les centres de recherche Cetic et Multitel.

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