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AI in Business: le MOOC intelligence artificielle d’Agoria est en-ligne

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Par · 30/10/2019
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Chose promise, chose due. Agoria a officiellement inauguré son MOOC – cours ouvert en-ligne – dédié à l’intelligence artificielle. Nom de baptême: AI in Business.

Cible: les entreprises, de toutes tailles, quel que soit leur secteur d’activité. “Il a été pensé et réalisé pour et par des entreprises”, souligne Pierre Martens, responsable du groupe Manufacturing chez Agoria. Le contenu vient en effet d’Agoria et d’une vingtaine d’entreprises partenaires, parmi lesquelles de grands noms tels que Microsoft, IBM, Proximus, Siemens, Business & Decision mais aussi des sociétés plus modestes et/ou locales – B12, Radix.ai, Sagacify, Faktion, InThePocket, ThinkNext…

Découverte, initiation et motivation

Ce MOOC a clairement une orientation business et non une teneur foncièrement technique. Après l’avoir consulté, même en long et en large, vous n’en ressortirez pas expert en IA, “chatologue” ou data scientist. Mais là n’est pas le propos.

Ce MOOC n’est qu’un premier pas, “un pied à l’étrier”, comme le qualifie Ferdinand Casier, responsable du groupe Industries numériques chez Agoria.

Le cours est structuré en cinq “chapitres”. Durée: environ deux heures (voire plus si on visionne toutes les vidéo de cas pratiques).
Premier module: une introduction rapide à l’IA (principes de base, quelques mots-clé incontournables tels qu’apprentissage automatique, deep learning…). Vient ensuite un chapitre baptisé “Deep Dive” qui permet en tout cas de creuser un peu plus les principaux concepts et notions, en ce compris une recontextualisation par rapport aux tendances IT actuelles (cloud, terminaux intelligents…).
S’en suit un chapitre “Pourquoi maintenant?”: pourquoi parle-t-on tellement d’intelligence artificielle actuellement? qu’est-ce qui a changé par rapport aux promesses antérieures? pourquoi est-il utile voire stratégique de se lancer et d’apprivoiser l’IA? etc.
A partir du module n°4, les choses deviennent plus tangibles pour les entreprises et leurs collaborateurs qui suivront ce MOOC: un petit guide pratique présente quelques outils et manières de se lancer, quelques conseils et bonnes pratiques pour devenir efficaces dans l’identification de données et sources de données pertinentes, pour juger de la qualité des jeux de données, pour mieux comprendre les enjeux et les risques éthiques, pour savoir comment décider de l’opportunité d’un projet IA ou en évaluer le retour sur investissement…

Le 5ème et dernier chapitre prend la forme d’une galerie de vidéos-témoignages de sociétés ayant déjà déployé l’un ou l’autre projet IA (automatisation, pilotage de processus par apprentissage automatique, robots, chatbots…). Une série de secteurs ont droit à un ou plusieurs témoignages: énergie, santé, assurances, transports, télécommunications, industrie manufacturière, grande distribution, pharma, villes intelligentes…

La galerie de use cases, qui en compte actuellement 30, devrait s’étoffer avec le temps. A quelques exceptions près (ALX Systems, P4A-Performance for Assets…), les contenus et exemples proviennent encore majoritairement de Flandre – ce qui, en soi et pour des raisons de sensibilisation et d’apprentissage de l’IA, n’est pas un problème. D’autant plus que le MOOC sera, évidemment, multilingue. Deux “guides” – un néerlandophone et un francophone (Alain Gerlache) – accompagnent les MOOCautes. Et les contenus, encore essentiellement en anglais à l’heure actuelle, seront sous-titrés.

Mais il vaut toujours mieux mettre en exergue des exemples locaux. De nouveaux “use cases” wallons et/ou francophones devront donc venir s’y ajouter. Agoria a ainsi passé un accord avec l’Agence du Numérique qui financera la réalisation de 7 nouveaux “cases” à partir du début 2020. Leur choix doit encore être opéré. Agoria en demeurera le “réalisateur”.

Après l’apéro, la “découverte”

Outre les contenus en-ligne (pour info en revoici le lien), l’intention d’Agoria est d’organiser des “sessions de découverte” avec l’aide et la participation active de la vingtaine de partenaires déjà identifiés, en l’occurrence des sociétés belges étant déjà passées à la pratique de l’IA pour leurs propres besoins ou pour leurs clients. Leur nombre pourrait augmenter quelque peu mais pas de manière drastique. Tout au plus devrait-on plafonner à 25.

“L’espoir est que chaque partenaire organise cinq sessions de découverte, dans ses locaux ou chez Agoria”, déclare Bart Steukers, directeur “Context” chez Agoria. 

Chaque session durera au maximum quatre heures. Du condensé, donc. Elles auront pour objectif de faire découvrir l’approche concrète, la mise en pratique de l’IA mais aussi et surtout d’aider les sociétés participantes à identifier des projets à mettre en oeuvre. “Elles serviront à cristalliser les connaissances acquises en suivant le MOOC et à déterminer, avec le partenaire, quels cas d’applications feraient sens, pour chaque société, en fonction de ses propres besoins ou objectifs, à les prioriser et à évaluer leur impact sur la société, ses activités, ses processus, l’emploi…”

Agoria: “Notre espoir est de toucher environ 2.000 sociétés via le cours en-ligne et d’organiser des sessions Découverte pour 500 entreprises en l’espace de deux ans.”

 

Agoria procurera elle aussi de la matière: réglementations, gestion de ressources humaines et impact sur l’emploi, éthique…

Chacune de ces sessions pourra accueillir de trois à huit sociétés, chacune étant invitée à déléguer deux personnes. Aux profils divers: “l’idée n’est pas a priori de faire participer des collaborateurs du département IT mais plutôt des décideurs – direction, marketing, production… -, toute personne potentiellement intéressée par l’IA et par son impact sur sa société.”

Les sessions ne seront pas thématiques, le choix ayant été fait de les ouvrir à toute société, quels que soient son métier et son secteur, afin de favoriser un échange le plus riche possible. Par contre, les sociétés participant à un atelier ne seront pas des concurrentes directes. Là aussi, pour ne pas mettre de freins aux échanges.

Les premières sessions de découverte devraient être organisées en février 2020.

Ces séances, elles aussi, sont sensées “mettre le pied à l’étrier”, inciter les entreprises à pousser l’apprentissage et l’adoption de l’IA plus loin, via des formations, l’élaboration de cas d’usages, des proofs of concept… “Le programme AI in Business est une première étape, passant le relais, côté wallon, aux activités pilotées par le Réseau IA : Start IA et Tremplin IA”, déclare Ferdinand Casier, faisant référence aux futures activités du Réseau visant respectivement l’accompagnement d’entreprises afin d’identifier des opportunités IA et le lancement de premiers projets en mode proof of concept. Relire l’article que nous y consacrions en septembre 2019.

Ferdinand Casier (Agoria): “On estime qu’environ 15% des entreprises belges s’occupent déjà d’IA, à divers niveaux. Ce sont ce qu’on appelle des early adopters. Le but du programme et du MOOC AI in business est de toucher les 34% suivants qui ont besoin de soutien et d’inspiration et qui ne se lanceront dans l’IA qu’en voyant les exemples de ceux qui ont déjà réalisé quelque chose.”

 

Sondages et veille

Agoria profitera de la plate-forme du MOOC et du processus d’inscription aux sessions Découverte pour collecter des informations concrètes sur les sociétés participantes ou intéressées.

“Lors de l’inscription, nous poserons une série de questions pour deux raisons. Tout d’abord, déterminer dans quelle mesure l’IA est intéressante pour les différents départements de l’entreprise, et identifier le partenaire dont la méthodologie (sensibilisation, formation) correspond le mieux à ses besoins. Et, d’autre part, mieux déterminer où en sont réellement les entreprises dans leur parcours d’appropriation de l’IA et dégager ainsi une image plus précise du stade atteint aujourd’hui par l’IA en Belgique.

On estime qu’environ 15% des entreprises belges s’occupent déjà d’IA mais sans pouvoir déterminer si et comment elles en font déjà quelque chose ou non. Les informations que nous pourrons récolter permettront potentiellement de réaliser une réelle étude de la situation.”

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