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Nathanaël Ackerman (AI 4 Belgium): “Concentrer les expertises, renforcer le lien entre les acteurs”

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Par · 05/07/2019
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Nommé ”lead” d’AI 4 Belgium, Nathanaël Ackerman se donne quelques mois pour mettre en place la structure opérationnelle et les modalités d’opération de cet organe devant placer la Belgique sur la carte internationale de l’Intelligence artificielle. Premiers chantiers: définir la gouvernance, orchestrer les contributions et adhésions, dresser la cartographie de l’IA en Belgique (référencement des ressources, compétences, besoins, acteurs), comprendre les besoins de la communauté et du marché, et déterminer les thématiques pertinentes sur lesquelles concentrer les efforts.

Compte tenu de la situation politique, une partie du schéma demeure encore dans les limbes. Il reviendra aux prochains gouvernements (aux différents niveaux de pouvoir) de confirmer les ambitions qu’ont définies les experts membres de la coalition AI 4 Belgium – et auxquelles ont adhéré les ministres Alexander De Croo et Philippe De Backer dans le cadre de leur portefeuille Agenda numérique. A ces (futurs) gouvernements donc de confirmer mais aussi d’appuyer ces ambitions sur une stratégie clairement balisée et les financer – ou co-financer.

Les gouvernements régionaux, bien entendu, sont eux aussi concernés puisque des initiatives, appels à projets, voire financements pourraient venir de leur niveau.

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AI 4 Belgium veut devenir le lien entre les diverses initiatives belges (nationales, régionales, ou plus ponctuelles ou sectorielles) en IA, l’organe qui apportera du liant, de la cohérence et évitera dispersions et redondances, et un levier de plus grande visibilité et d’inclusion de la Belgique dans des réseaux et initiatives à l’international. “Nous jouons aussi les intermédiaires afin de mettre en rapport différents acteurs. J’ai par exemple contribué à mettre l’équipe d’AI Black Belt en contact avec des sources de formation qui avaient été activées par le Hub France IA [Ndlr: dont Nathanaël Ackerman fut l’un des fondateurs et dont il était encore le directeur jusqu’il y a peu]”.

AI 4 Belgium (co-)organisera également des événements et, bien entendu, servira de “think tank” et de source de recommandation et d’avis pour le gouvernement.

Nathanaël Ackerman (AI 4 Belgium): “L’enjeu majeur est de concentrer les expertises.”

Pour pouvoir matérialiser une stratégie reposant sur des choix thématiques, la première étape, actuellement en cours, consiste à dresser une “cartographie” détaillée des ressources: expertises, compétences, profils, formations, labos de recherche, start-ups…

“Nous la voulons la plus détaillée possible. Elle inclura par exemple la liste des alumni, de la situation professionnelle des anciens collaborateurs de labos faisant de l’IA ou encore un listing des technologies liées à l’IA et de leurs champs d’application…”

Cette cartographie permettra non seulement d’identifier les personnes et acteurs pouvant être impliqués dans des projets et actions mais aussi de mettre le doigt à la fois sur les opportunités stratégiques du pays et sur les manquements ou pénuries. “On pourra ainsi identifier les besoins en profils et compétences, les formations qui manquent encore dans le catalogue que proposent les différents acteurs” – qu’ils soient des acteurs privés (entreprises), des organismes de formation (Hautes Ecoles, universités, centres de compétence) ou des institutions publiques.

Exemple? Quelles seraient les formations IA nécessaires pour mettre le pied à l’étrier de managers, d’ingénieurs n’ayant encore jamais goûté à l’IA mais dont les projets et/ou employeurs auront besoin d’IA skills, de différents niveaux, à l’avenir…

Autre activité majeure d’AI 4 Belgium: la sensibilisation et la formation à l’IA d’un public le plus large possible. Cela pourrait prendre la forme d’un MOOC, autrement dit une plate-forme d’apprentissage et de vulgarisation où l’on pourra potentiellement trouver des quizz, des modules de formation (par exemple – mais restant à déterminer – sur le b.a.-ba de l’IA, le concept d’apprentissage automatique, les dimensions éthiques, l’impact de l’IA sur les emplois et nos styles de vie…), ou encore des témoignages d’experts et des cas d’usage…

Priorités thématiques

Dans le cadre de la structure organisationnelle qui est en passe d’émerger (voir ci-après), plusieurs thématiques tiennent la corde qui devraient caractériser la manière dont la Belgique espère se positionner sur la carte de l’IA. Et via lesquelles elle espère susciter initiatives, projets et émergence d’acteurs locaux.

Ces thématiques – du moins les premières sur lesquelles il semble y avoir consensus – sont la santé, l’IA for good ou encore, en mode transversal, les dimensions et implications éthiques de l’IA.

Nathanaël Ackerman: “AI 4 Belgium développera également des contacts et partenariats à l’international afin de contribuer à l’attractivité de la Belgique et de son réseau AI. En termes d’experts académiques, nous n’avons par exemple pas à rougir des compétences. Les Bart De Moor, Hugues Bersini ou Luc Van Gool, par exemple, jouissent d’une bonne réputation belle visibilité à l’international…”

 

Les travaux préparatoires accomplis fin d’année dernière et début 2019 par AI 4 Belgium version 1.0 (les quelque 40 premiers experts ayant constitué le premier think tank) avaient permis de pointer quelques “low hanging fruit”. A savoir, des thèmes et domaines porteurs ou plus particulièrement propices, laissant envisager un impact économique ou sociétal important. Il s’agissait (en vrac) de la santé, de la mobilité, de l’énergie, de l’environnement ou encore de l’industrie 4.0.

Structure à plusieurs étages

La manière dont Nathanaël Ackerman envisage le fonctionnement d’AI 4 Belgium comporte une série d’organes inter-imbriqués. Le schéma inclut:
– un comité de direction construit autour des représentants des partenaires de l’Alliance AI 4 Belgium – ils sont sept actuellement: Agoria, BoSa, BNKVI, Réseau IA (côté wallon), Beacon (à Anvers), DigitYser et BeCentral (à Bruxelles). Mais leur liste devrait s’allonger. Des contacts ont ainsi été établis avec Hub.brussels ou encore avec le réseau LIEU (LIaison Entreprises-Universités)
un advisory board, où siégeront académiques et industriels ayant des compétences ou connaissances confirmées en IA (par exemple, des profils de niveau PhD en IA)

▶︎▶︎ ces deux comités devraient être en place d’ici la mi-juillet

– probablement (c’est en tout cas le voeu de Nathanaël Ackerman) un comité de coordination “rassemblant des membres de l’Administration et des cabinets ministériels s’occupant d’IA – tant au niveau fédéral que régional”
– une “core team” pilotée par Nathanaël Ackerman, transposera en activités et actions les priorités définies par les partenaires et experts de l’Alliance (Agoria & co)
– des groupes de travail transversaux qui auront notamment pour mission de fournir du grain à moudre au think tank mais aussi d’apporter une contribution ou un éclairage belge à certains travaux et cénacles européens (tels que le document Ethic Guidelines for Trustworthy AI” du High-level Group européen)

▶︎▶︎ deux thématiques transversales ont pour l’heure été confirmées, à savoir Ethique & Légal, et Skills – RH & compétences

– des groupes de travail business. Leur but: “faire émerger des idées de projets ou de proof of concept”, dont la concrétisation impliquera académiques et entreprises et dont le financement pourrait être à géométrie variable (Belspo? Innoviris? fonds régionaux? ou encore fonds fédéral dédié à l’IA? fonds européens – H2020 ou autres?).

▶︎▶︎ thèmes tenant la corde, mais devant encore être validés et confirmés: la santé, les services publics, l’industrie 4.0, la mobilité, la sécurité, l’IA for Good…
Le choix des thèmes, en tout cas des premiers de cordée, devrait intervenir dans les trois à six mois à venir.

Compte tenu de cette structure (encore en construction), les experts IA, chercheurs académiques, ingénieurs ou entreprises ont donc plusieurs “destinations” possibles qu’ils peuvent choisir s’ils veulent s’impliquer activement dans AI 4 Belgium. “L’approche se veut réellement inclusive et bottom up. Nous sommes ouverts et demandeurs d’adhésions. Certes, il faut pouvoir expliquer pourquoi on désire rejoindre l’initiative AI 4 Belgium mais cela se fait simplement, dans un premier temps, en mode déclaratif. Par exemple: j’ai rédigé une thèse en IA et peut donc être considéré comme un expert. Ou ma société veut entamer sa transformation sur base de l’IA”, explique Nathanaël Ackerman.

Suivra bien entendu un exercice de validation de la candidature ou de la proposition par le comité de direction ou l’Advisory board…

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