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Levée de fonds pour Opinum (optimisation de consommations)

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Par · 23/09/2015
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En 2014, le rapprochement de deux sociétés – Decision Experts (analytique marketing, à orientation pharma) et The Smart Company (gestion et optimisation de consommation énergétique photovoltaïque) – donnait naissance à Opinum, basée à Braine-l’Alleud.

Aujourd’hui, après s’être totalement refocalisée sur le domaine énergétique mais cette fois, au sens large (surveillance et optimisation des consommations d’électricité, de gaz, de mazout, d’eau) pour des bâtiments dans le secteur tertiaire, la société s’apprête à déménager vers Charleroi. Voir en fin d’article les raisons de l’abandon du secteur pharmaceutique (partie d’article réservée à nos abonnés Select et Premium).

Raison du déménagement vers Charleroi? Une levée de fonds en cours, qui devrait être officialisée d’ici quelques semaines, avec comme partenaire principal Sambrinvest. Somme réunie: 1,1 million d’euros. Deux autres investisseurs (dont les noms ne seront dévoilés qu’une fois bouclée la phase de due diligence) sont de la partie, l’un venant du secteur public, l’autre du privé (un fonds privé d’investissement et non un business angel).

Les raisons de cette levée de fonds? “Notre solution OpiSense se vend bien, preuve que le positionnement imaginé est porteur. Nous engrangeons des clients, tant dans le secteur public que privé. Le moment était venu d’accélérer les choses. Mais il nous manquait encore des compétences commerciales. Une partie des nouveaux moyens serviront à engager trois profils commerciaux et un technique”, explique Loïc Bar, fondateur de The Smart Company et co-directeur, désormais, d’Opinum.

Les capitaux frais serviront surtout à étayer la croissance et la pénétration à l’international. Les premiers pas, en ce sens, ont déjà été franchis puisque la société compte des clients et donneurs d’ordre en France, en Allemagne, au Grand-Duché, mais a aussi enregistré, ces derniers mois, des demandes venues d’Egypte, de Colombie ou encore de Suède.

Direct et indirect

Cet intérêt de donneurs d’ordre et partenaires étrangers s’explique par le modèle et le positionnement commercial choisis. Opinum démarche ses clients en direct mais passe aussi par des distributeurs et des partenaires qui intègrent sa solution dans leur propre catalogue.

“Nous ne proposons que du logiciel. Pas de service-conseil en efficacité énergétique. Pas de matériels. Cela nous permet de demeurer agnostique et de pouvoir travailler avec des systèmes tiers disparates [des compteurs, systèmes de relève, capteurs… venus de chez Siemens, Schneider et consorts]”, explique Loïc Bar.

Le fait de ne pas proposer de services évite également à la société, dans le cadre de ses ambitions à l’international, de devoir ouvrir des antennes et de recruter des experts en énergie, parfois rares et onéreux, dans divers pays… La méthode lean, en quelque sorte.

Les partenaires recherchés? Essentiellement des acteurs de l’optimisation énergétique. En Belgique, ils ont par exemple pour noms Dauvister, Optiwatt, Factor4… “La complémentarité est idéale: ils se chargent du volet efficacité énergétique, nous de sa gestion. Cela permet en plus de faire du cross-selling vis-à-vis des clients… Et, surtout, de grandir vite.”

A l’international, Opinum a par exemple passé un contrat-cadre avec EdF, qui revend sa solution ou l’implémente dans le cadre de ses propres projets. Notamment… en Belgique. EdF a par exemple décroché un contrat dans le secteur de l’enseignement (la société ne désire pas livrer le nom de son interlocuteur mais disons que 56 écoles sont concernées à court terme).

Optimiser les consommations

Mouture plus évoluée de la solution EnergyImpact conçue à l’origine par The Smart Company (relire notre article), la solution OpiSense, développée sous la forme d’un portail en-ligne, collecte (automatiquement ou non) les données générées par des compteurs et capteurs énergétiques ou de consommation (puisque l’eau est également concernée).

Objectif: analyser les consommations, produire des rapports et des recommandations. Conseils en termes de consommation mais aussi identification de bâtiments posant un problème tout particulier et par lesquels, par exemple, une administration communale pourrait commencer dans le cadre d’un projet de rénovation immobilière.

Opinum n’est évidemment pas la seule société à s’être lancée sur ce créneau. Ses arguments différenciateurs? Une offre purement logicielle (pouvant venir compléter certains catalogues) et une analyse d’informations de trois types: les données de consommation proprement dites, des paramètres environnementaux externes tels que la température extérieure ou le taux d’humidité (et leur impact sur la consommation) et des données d’usage. Ces dernières requièrent évidemment (et c’est un point potentiellement faible) un encodage manuel, volontaire – et objectif. Il s’agit par exemple, explique Loïc Bar, des heures d’ouverture d’un bâtiment, des heures d’occupation de tel ou tel local, le taux d’occupation des chambres d’un hôtel…

Côté fonctionnalités et ergonomie, OpiSense tente aussi de se démarquer en favorisant, d’une part, une interface conviviale “anti-ingénieur, pouvant être comprise par un utilisateur qui n’a rien d’un expert énergétique” et, de l’autre, une création de rapports dont la forme est laissée à l’appréciation de chaque client. “Nous n’imposons rien. Nous n’avons pas conçu des centaines de gabarits au préalable. L’utilisateur peut aisément créer le rapport qui lui convient. S’il peut utiliser Excel, il peut aussi utiliser OpiSense.”

Clientèle mixte

En Belgique, la société a convaincu plusieurs villes et communes d’implémenter son logiciel. Parmi ses références: Herve, Ans, Louvain-la-Neuve.

A Herve, le premier projet a concerné la surveillance de consommation d’un hall omni-sports. D’autres bâtiments pourraient être concernés à la faveur d’un projet de rénovation énergétique des bâtiments anciens piloté par le GRE-Liège.

Source: La Gazette des Communes.

A Louvain-la-Neuve, Opinum assure la surveillance de quelque 130 bâtiments publics. Tous ne sont pas encore équipés en matériels de télé-relève énergétique mais, souligne Loïc Bar, “il n’est pas nécessaire qu’un bâtiment soit équipé de capteurs. Certes, la granularité [de relève et d’analyse] est plus fine dans ce cas mais le vrai besoin de base est la présence d’un bon compteur.” Dans la majorité des cas, la relève des consommations se fait donc encore sur site. La nouveauté? Plus besoin de papier et de crayon, de réinjecter les données dans des logiciels classiques du genre Excel.

Une application mobile est en préparation qui permettra aux gestionnaires de bâtiments ou autres responsables d’alimenter directement la plate-forme d’analyse Opinum.

La clientèle des villes et communes n’est-elle pas difficile à convaincre – notamment pour des contraintes budgétaires qui freinent les investissements? Loïc Bar estime, au contraire, que le créneau est porteur. Tout en admettant que les négociations et le processus de décision sont longs. “Il s’agit encore d’éduquer le marché. Rares sont les administrations qui décident d’équiper tous leurs bâtiments. Louvain-la-Neuve fait encore figure d’exception. Mais il y a, à la clé, deux sources potentielles de gains. D’une part, en efficacité énergétique – on peut aller jusqu’à 35% d’économies, en démontrant les mauvaises configurations des systèmes et équipements existants. D’autre part, en gains opérationnels. Les nouveaux outils sont nettement plus efficaces qu’une relève sur le terrain, avec du papier et un crayon.”

Côté privé, Opinum annonce, parmi ses premiers clients, Microsoft, pour son Executive Business Center, situé au coeur de Bruxelles. Le projet d’équipement est encore en cours. Opinum en espère une vitrine pouvant séduire d’autres clients.

Dans la suite de cet article (partie d’article réservée à nos abonnés Select et Premium), les raisons de l’abandon du secteur pharmaceutique.

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