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Recherche et conquête spatiale vs opportunités et carences numériques locales

Pratique
Par · 11/10/2017
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La conquête spatiale ne s’est jamais arrêtée mais elle semble connaître, aujourd’hui, un regain d’intérêt et une multiplication d’acteurs. Plusieurs phénomènes l’expliquent: l’émergence de nouvelles générations de satellites (nano- voire pico-satellites, plus “démocratiques”, ayant des missions plus spécifiques) ; la montée en puissance des Chinois ; la relance de la course à la Lune ; l’avènement de nouvelles technologies numériques (intelligence artificielle, impression 3D…).

Ces différents éléments avaient poussé le Bubble Hub, le Hub créatif de Charleroi/Sud-Hainaut, à organiser récemment, en collaboration avec Igretec, le réseau EEN (Enterprise Europe Network) et le Celtic, une conférence sur le thème “la recherche spatiale, une opportunité pour l’économie créative?”

Innovations numériques

Plus que jamais, l’inventivité et l’innovation peuvent permettre à des acteurs publics ou privés – de toutes tailles – de se ménager une place au soleil. La poursuite de l’exploration spatiale aura en effet de plus en plus besoin de solutions numériques.

Quelques exemples?

De nouvelles solutions sont et seront nécessaires pour gérer le fonctionnement des constellations de satellites, aux tailles et fonctionnalités de plus en plus modulaires. Des constellations faites par ailleurs de satellites produits par différents fabricants.

Marc Toussaint (ESA): “Les nouveaux projets de missions lunaires relancent une nouvelle concurrence. Cela va relancer les technologies, les économies nationales et donner une nouvelle impulsion au spatial.”

Il s’agit notamment d’éviter les collisions mais aussi d’assurer la surveillance, la détection et la collecte de débris. “On se dirige vers des constellations comptant plusieurs milliers de satellites”, souligne Marc Toussaint, coordinateur Project Management Support à l’ESA (directorat Space Transportation). “Il faut donc pouvoir les gérer, veiller à ce que chaque satellite dans l’escadrille préserve sa propre position vis-à-vis des autres et garantir une réactivé importante dans leur positionnement et trajectoire.”

Le contrôle passera notamment par une solide dose d’intelligence embarquée. Cette intelligence artificielle concerne aussi bien le satellite lui-même que les différents instruments et équipements qu’il embarque.”

“La même chose est valable pour les (futurs) véhicules d’exploration lunaire. La prochaine étape qui devrait être franchie d’ici 10 ans est l’exploration automatisée de la face cachée de la Lune. Par définition, il ne sera pas possible de guider visuellement les engins. Cela implique qu’ils devront être équipés de systèmes de reconnaissance visuelle, d’outils analytiques d’images et d’une capacité d’intelligence artificielle leur permettant de prendre eux-mêmes des décisions pour éviter des obstacles ou restaurer leur stabilité et leur trajectoire en cas de chute ou d’incident.”

Une concurrence intense est en outre déjà à l’oeuvre pour la conception de “rovers” (robots d’exploration) de plus en plus sophistiqués ou spécialisés. Un domaine dans lequel des sociétés, voire des start-ups, même modestes, peuvent aisément se distinguer.

“L’exploration automatisée de l’espace sera nécessaire car il ne sera pas toujours possible d’envoyer des hommes en suffisance. C’est là une importante source et un champ d’innovation et de créativité.”

Autre domaine où les technologies numériques joueront un rôle important: le support de la vie des équipes qui resteront sur le sol lunaire ou celles qui s’embarqueront pour des missions de longue durée (dans la station spatiale ou dans les navettes vers des planètes distantes).

Dans ce registre, l’impression 3D permettra de produire, dans l’espace, les pièces de rechange ou de nouveaux équipements. “Lorsqu’on sera installé à demeure sur la Lune, on n’enverra plus les pièces mais on transférera le logiciel et le design et on produira sur place…” Reste à imaginer et réaliser des systèmes de fabrication 3D adaptés aux environnements stellaires…

Et la Belgique dans tout ça…

Ne serait-on pas en train de se tirer une balle dans le pied?

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