Pour rester informé(e) des dernières actualités de l'IT en Belgique francophone, lisez ceci • Comment / Pourquoi s'abonner ?

Quand les cimetières se mettent à la 3D…

Pratique
Par · 20/06/2022
Partager

Et si la gestion des cimetières, des concessions, des travaux d’aménagement ou de creusement de nouvelles tombes, si les visites ou les opérations de fleurissement pouvaient s’appuyer sur une visualisation et simulation 3D en guise de préparation à l’action proprement dite? C’est l’évolution qui est en cours du côté de la solution CimWeb développée par la société namuroise D2D3, spécialisée dans le développement de solutions et de projets cartographiques.

Commençons par quelques petits rétroactes dans la mesure où les origines de la solution dont il va être question ici remontent à environ 5 ans.

Voici déjà quelques années, la société D2D3 avait imaginé, à l’usage des administrations communales, une solution de gestion dite de “cimetières connectés” baptisée CimWeb. En fait une solution basée sur la numérisation de plans, la collecte, l’exploitation et la visualisation de données cartographiques, avec réactualisation régulière des données. Si le point de départ demeure les informations administratives fournies par les communes sur les tombes, parcelles, concessions et autres types d’infos, il devient désormais possible d’automatiser une grande partie du processus de création, d’enrichissement et de réactualisation. 

La démarche de D2D3 est en effet de combiner potentiels cartographiques, collecte de données aériennes (via drones) et photogrammétrie (au sol ou à l’intérieur de bâtiments). L’intérêt: une géolocalisation exacte de chaque tombe, concession, parcelle, une visualisation de la disposition précise du cimetière, le tout associé à l’historique et aux informations pertinentes. 

Cette information, selon une hiérarchisation des droits d’accès, peut être consultée par le citoyen (via l’éventail portail qu’aura aménager la commune), les membres de la famille, les services communaux, les compagnies de pompes funèbres…

Génération précédente de la solution D2D3: quand on en était encore au 2D…

Chaque tombe et concession étant désormais géolocalisée (en 2D à l’origine), la recherche de son emplacement peut se matérialiser sur une carte. Avec visualisation non seulement de l’emplacement exact mais aussi une estimation précise des conditions d’accès. Intéressant par exemple dans un cimetière de grande envergure ou si l’on n’a plus rendu visite à un défunt depuis quelques lustres. Utile aussi pour des recherches ou des études historiques.

Mais l’intérêt se situe aussi évidemment du côté de l’administration communale elle-même et de ses différents services. A commencer par celui des travaux. La cartographie permet de déterminer  les contraintes éventuelles pour l’intervention d’engins. L’une des premières communes à adopter la solution CimWeb fut Gerpinnes.

Passage à la 3D

En participant à la dernière édition en date du GeoChallenge, organisé par l’AdN et le SPW, l’objectif de D2D3 était de faire évoluer sa solution pour valider le potentiel de cartographie 3D en vue d’obtenir encore une meilleure précision dans la visualisation des tombes, allées, monuments, éléments naturels ou décoratifs.

“Jusqu’ici”, explique Philippe Baijot, directeur de D2D3, “les prises de vue se limitaient à deux dimensions. Le passage au 3D (via technologie lidar embarquée et scanners 3D pour les intérieurs) permet d’avoir une vision verticale et oblique, de visualiser ce qui est masqué par le feuillage ou la ramure des arbres, de mieux visualiser les inscriptions sur les tombes…”. On obtient ainsi des volumes que l’on peut manipuler pour de multiples finalités.

Les cimetières et tous leurs éléments et détails en 3D… Source: D2D3.

Une partie des informations 2D qui avaient précédemment été collectées pourront être récupérées pour alimenter la vision 3D mais dans la majorité des cas, il faudra procéder par de nouvelles prises de vue – toujours par drones mais équipés en potentiels lidar. Ce qui, souligne le patron de D2D3, doit de toute façon faire partie d’un service au long cours pour la gestion des cimetières. De nouvelles tombes évidemment sont creusées. Des ossements sont déplacés pour faire de la place aux futurs occupants. “Le but est de procéder à des passages tous les deux ou trois ans…”

La participation au GeoChallenge a permis à la société de démontrer le potentiel de la 3D mais aussi de procéder à quelques optimisations de ses processus afin de minimiser les coûts et éviter que ce nouveau service ne se traduise par des factures plus élevées pour les administrations communales. 

La solution est quasiment prête à être déployée sur le terrain. La commune de Rumes, près de Tournai, servira de site-pilote pour la capture 3D des quatre cimetières de l’entité.

 

Philippe Barjot (D2D3): “A terme, les bases de données ainsi constituées permettront de procéder à des visites virtuelles photoréalistes… Pour tous ceux qui ne peuvent se déplacer. Ou pour le fleuriste qui doit visualiser l’endroit où la famille lui demande d’aller déposer des fleurs…”

 

A ce jour, la solution CimWeb de D2D3 (en version 2D) a été adoptée par quelque 80 communes wallonnes et plus de 600 communes française pour un total d’environ 1.500 cimetières.

Gestion intégrée

L’application CimWeb de D2D3 ne se contente pas d’être une solution de visualisation géolocalisée de sépultures et de cimetières. Un éventail de fonctionnalités a été imaginé pour faciliter les interactions entre les différents acteurs amenés à intervenir à un moment ou à un autre dans ces lieux de dernier repos.

“La cartographie permet par exemple au fossoyeur et aux agents de l’état civil de dialoguer plus aisément. Un simple clic permet désormais d’obtenir toutes les informations nécessaires sur les emplacements. La compagnie de pompes funèbres n’a plus besoin de se rendre sur site pour obtenir les informations nécessaires”, explique Philippe Baijot.

“Toutes les parties concernées partagent un agenda commun et peuvent dès lors déterminer si le créneau horaire est déjà réservé par un autre service. Ou si une inhumation devra attendre parce que le fossoyeur est déjà occupé ce jour-là…”

Chacun peut donc réserver ses créneaux horaires en fonction des événements. Et le logiciel se charge de notifier les services concernés”. Pour ce faire, l’application CimWeb s’interface avec les logiciels de gestion des travaux ou encore avec le logiciel de gestion de registres de la population Saphir conçu par Civadis. De quoi faciliter par exemple la gestion des concessions en effectuant des importations directes de données. 

Partager

Envie d’apporter votre voix dans le débat ?

Les commentaires sont réservés à nos abonnés.

Déjà inscrit(e) ?