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Pasha: venez vous garer devant chez moi… j’ai un garage

Pratique
Par · 09/07/2018
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iA la mi-août, si son timing est respecté, l’appli Pash fera son apparition sur les marketplaces Apple et Android. L’appli, imaginée par la start-up du même snom (basée à Anderlecht), permet de gérer, entre bailleur privé et automobiliste, l’utilisation d’une place de parking en milieu citadin. Particularité: les places de parking concernées sont celles qui se trouvent, sur la voie publique, devant les portes de garages privés, les portes cochères, voire les “voies carrossables”.

Se garer à de tels endroits est interdit – sauf si le propriétaire légal en donne l’autorisation et à condition de respecter les règles de stationnement (zones payantes…) imposées par les autorités municipales.

Pasha propose donc une appli associée à une signalétique à louer par le propriétaire du garage. En l’occurence, une plaquette munie d’un écran interactif (voir détail en encadré ci-dessous) où s’affichera le numéro de la plaque de l’usager qui aura repéré cette place, signalée et géolocalisée sur son appli. Son numéro sera affiché pendant la durée de stationnement demandée (et payée en-ligne via carte de débit ou de crédit – solution choisie: Stripe).

Dès cette durée écoulée, l’écran se réactualise, affichant le numéro de la plaque du précédent occupant ou le numéro par défaut choisi par le propriétaire. Cela a pour effet de signaler un dépassement et un parking “ventouse”, autorisant ainsi une éventuelle verbalisation.

La signalétique

Une plaque à fixer sur la porte de garage: écran de type e-paper affichant le numéro de plaque du véhicule autorisé.
Dispositif imaginé et conçu par le startup studio Make It.
Communi-cations (pour la réactuali-sation du numéro de plaque): connexion IoT en 2G (ou plus).
Alimentation: batterie et micro-panneau photovoltaïque.
Autonomie annoncée: deux ans.
Dimensions: 25 x 15 x 2 cm.

L’appli n’autorise pas la (pré-)réservation de place. Volontairement. L’idée défendue est “que la recherche d’une place se fait au moment-même. Si l’usager trouve une place normale, il la choisira. Sinon, il choisira la place devant parking au dernier moment”, souligne Pierre Van Nieuwenhove, co-fondateur de Pasha. Logique puisque cela lui revient plus cher, comme on le verra plus loin…

Autre raison: permettre au propriétaire du garage de changer d’avis sur la disponibilité de l’emplacement (par exemple, s’il doit rentrer chez lui plus tôt que prévu), sans être bloqué par une voiture à qui il aurait donné autorisation de stationner.

L’appli ne sera donc disponible que d’ici quelques semaines mais les propriétaires de garage désireux d’adhérer à l’appli (uniquement bruxellois pour l’instant – voir plus bas) peuvent d’ores et déjà se signaler en s’inscrivant via le site de la start-up

Fonctions premium

La start-up n’a pas voulu imposer de procédure d’affiliation. Autrement dit, pas d’inscription en tant qu’utilisateur Pasha. “L’appli est ouverte à tous les automobilistes. On la télécharge et on l’utilise quand on en a besoin.”

Pierre Van Nieuwenhove (Pasha): “Pas de pré-servation et un système qui s’aligne sur la philosophie de rotation optimale préconisée par les autorités locales.”

L’absence d’une formule affiliation obligatoire implique que Pasha ne pratique pas non plus le principe d’abonnement. Du moins pour l’instant. La chose, en fait, est encore en débat entre les associés…

Il est toutefois possible de se faire membre de la communauté pour bénéficier de quelques avantages: 

  • possibilité de prolonger en-ligne la durée de son stationnement (mais sans pouvoir dépasser les durées maximales imposées, dans la zone, par les autorités locales)
  • fonction “jerk” (annoncée pour janvier 2019): signalement (photo à l’appui) d’une voiture dépassant le temps autorisé; et “dejerking”, pour signaler que la place a été libérée. La start-up permettra d’accumuler des points pour encourager les automobilistes à jouer les pisteurs. A la clé: des heures de parking gratuites. Et il y aura également une sanction pour les “jerks” récidivistes (plusieurs signalements et ce sera l’interdiction d’utiliser Pasha)
  • minutes gratuites pour un parking de courte durée pour déposer son enfant à l’école
  • possibilité d’être remboursé si on libère sa place plus rapidement que prévu…

Davantage de places, moyennant surcoût

Trouver plus facilement une place est évidemment intéressant mais cela reviendra un peu plus cher à l’usager Pasha dans la mesure où il devra à la fois s’acquitter de son ticket de parking, au tarif imposé par les parc-mètres de l’endroit, et de son “droit Pasha”.

La start-up promet toutefois que le prix total ne sera pas plus élevé que celui proposé, dans la zone, par un parking public.

Le paiement se fera soit en mode combiné (paiement en-ligne via l’appli Pasha en cas de parc-mètre numérique), soit en mode dissocié (paiement du parking habituel avec pièces ou carte et paiement Pasha en-ligne). Pour un paiement unique, Pasha promet de s’intégrer avec les solutions existantes – du moins celles qui accepteront le principe (un accord a par exemple déjà été passé avec YellowBrick).

Revenons un instant aux tarifs appliqués. Pour ne pas alourdir la facture pour l’automobiliste, Pasha pratique un tarif assez raisonnable: de 50 cents à 1,20 euro pour la première heure, selon la zone concernée. Avec tarif progressif. Exemple: 80 cents pour la première heure, idem pour la 2ème, 80 cents par demi-heure supplémentaire. Le tarif variera par ailleurs en fonction de l’heure de la journée – comptez de l’ordre de 1,20 à 3 euros/heure en soirée.

Le tarif variera en fait selon la “valeur” d’une place (ou d’un garage) dans chaque zone. La variabilité est appliquée en fonction du type de zone (blue, rouge, orange ou grise, par exemple, à Bruxelles) et des tarifs pratiqués par les communes.

Côté modèle économique, Pasha prend une commission de 40 à 50% sur le prix de la place devant garage et verse le solde au propriétaire. Le propriétaire, lui, verse un loyer de 1,50 euro pour la location de sa plaque signalétique (défalqué de ses gains mensuels).

La start-up estime que, pour atteindre un premier seuil de rentabilité, elle devra, dans un premier temps, disposer d’un “stock” de places d’au moins 500 endroits en septembre 2018 (lors du lancement de la solution) et de 1.500 places d’ici 6 à 9 mois.

Bruxelles dans un premier temps

Pasha démarrera à Bruxelles mais la petite équipe espère déjà étendre sa solution à d’autres villes congestionnées – “Liège, Namur, Anvers, Gand…”. Et franchir les frontières plus tard – du moins à destination de pays qui autorisent le parking sur la voie publique devant un garage (ce qui n’est par exemple pas possible en France ou aux Pays-Bas).

Les noms de villes cités ne sont qu’indicatifs. La société ne s’est pas fixée de cible prioritaire, attendant simplement de voir comment sa solution sera acceptée ou éventuellement demandée par les villes. “Mais nous avons bel et bien une stratégie d’ouverture de villes”, souligne Salvatore Arrigo, l’un des deux co-fondateurs. “Nous savons combien de garages nous seront nécessaires pour avoir, dans chaque ville, une offre suffisamment importante pour générer de la traction.” 

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