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Mobility as a Service: le Smart City Institute publie une étude exploratoire

Pratique
Par · 22/03/2021
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Le Smart City Institute a récemment réalisé une “étude exploratoire” sur le thème du MaaS (Mobility as a Service). Autrement dit: la mise en oeuvre, dans notre pays, de “systèmes intégrés intelligents d’information, de réservation, d’achat et de validation des services de mobilité, centrés sur l’utilisateur”. L’ensemble des services sont intégrés et proposés au départ d’une seule et même plate-forme (site Internet ou appli mobile). 

Intitulé complet de l’étude: “Mobility as a Service – Etude exploratoire sur la gouvernance et la gestion des projets MaaS en Belgique”. Objectif: “démystifier le concept de MaaS et les enjeux liés à sa gouvernance et sa gestion et dresser un premier état des lieux quant à l’intérêt et à la perception des représentants mobilité des villes belges par rapport au MaaS, à sa mise en place et sa gouvernance”. 

L’étude a été réalisée auprès des responsables mobilité de huit villes (Charleroi, Liège, Namur, Anvers, Bruges, Gand, Hasselt et Louvain) ainsi que de la Région de Bruxelles-Capitale et auprès des quatre opérateurs de transports publics du pays (SNCB, STIB, TEC et De Lijn).

L’étude comporte à la fois une explication du MaaS et des divers modèles de gestion possible, et une analyse de la perception que les autorités publiques locales contactées ont de ce concept, des mesures et processus à mettre en oeuvre, du modèle de gestion ad hoc, etc. 

Principales conclusions

Quelles conclusions – dans l’état actuel des chose, c’est-à-dire dans un contexte où le MaaS est encore une idée plus qu’une réalité – l’étude a-t-elle pu tirer?

Accessibilité

  • Tous les acteurs contactés estiment que le MaaS “permettrait de mieux valoriser ces services existants et d’en améliorer l’accessibilité” et aurait la capacité de “stimuler l’utilisation des modes de transports durables et la multi-modalité”.
  • Quatre des neuf responsables territoriaux (les 8 villes et la Région-Capitale) ayant répondu à l’enquête y voient un levier pour davantage d’inter-modalité et de politique durable. Cinq mettent davantage l’accessibilité en exergue.

Collaboration public-privé

  • Tous les représentants Mobilité des entités territoriales interrogées pointent la nécessité de promouvoir des collaborations entre entreprises privées et secteur public. “Le secteur privé, grâce aux ressources dont disposent les entreprises, à leur expertise et à leur capacité d’innovation plus rapide, doit plutôt intervenir dans le déploiement et la fourniture de solutions techniques, alors que le secteur public (régional/local) doit agir comme un facilitateur ou un coordinateur, en raison de sa capacité à donner l’impulsion politique, à établir une vision et un cadre en rassemblant tous les acteurs du territoire autour de la table”, indique Audrey Lebas, l’une des deux auteurs de l’étude et chercheuse au Smart City Institute.
  • Source: NextRide

    Au-delà de cette coopération entre opérateurs et autorités, se pose aussi la question de la collaboration entre opérateurs de transport – publics et privés. Et donc du type de rapport qui peut s’instaurer entre des opérateurs historiques, aux modèles économiques très empreints d’influence publique, et des start-ups qui investissent de plus en plus le terrain de la mobilité. Le représentant de la STIB a tenu à mettre en avant l’opposition de finalité ou de philosophie commerciale qui peut opposer opérateur privé et intérêt public. Une start-up visera tout naturellement d’abord la rentabilité du service, ignorant certains quartiers “non rentables” ou considérés comme peu sûrs… (l’exemple pris ici étant celui des opérateurs de trottinettes en partage). L’idée fut dès lors émise d’une intervention des autorités (régionales ou autres) pour “soutenir le modèle d’entreprises d’une start-up”, éventuellement au travers de subsides. Le représentant de la ville de Hasselt, pour sa part, estime que “les opérateurs MaaS privés doivent davantage inclure les autorités publiques dans leur réflexion pour mieux appréhender la réalité de terrain de celles-ci, assurer une approche qualitative et favoriser une bonne gestion de l’espace public”.

  • Cette collaboration public-privé pose par ailleurs la question du type de modèle de gestion à imaginer… “Une majorité d’acteurs interrogés ont tendance à pencher pour un modèle de gestion hybride, c’est-à-dire pour un modèle de franchise, géré par les autorités publiques ou, à tout le moins, avec une forte implication de celles-ci”. 

Territorialité

  • Certains considèrent qu’il est nécessaire de “développer le MaaS à une échelle intermédiaire”, se situant entre le niveau local et le niveau régional, en “trans-local” donc, et ce, “dans un souci de pertinence”. Les responsables Mobilité de Liège et de Charleroi (tout comme leurs collègues de Louvain et de Hasselt) estiment par exemple que “le MaaS doit être implémenté au minimum à l’échelle de la métropole ou de la province pour qu’il se concrétise.”
  • Le rôle des Régions dans un tel scénario? La plupart des répondants l’imaginent en termes de “sensibilisation au numérique, de réplicabilité des projets ou de mise en place de collaborations entre les secteurs public et privé à plus grande échelle”. 

Les obstacles

  • Obstacles encore à surmonter: “la disponibilité des données, la possibilité de les gérer aisément, ce qui suppose qu’elles soient interopérables et normalisées ; l’absence d’un modèle économique clair ; l’importance des investissements à consentir ; la nécessité d’adapter les réglementations existantes ; une fracture numérique à combattre pour garantir une égalité (ou équité) d’accès au service ; et surtout, la mise en place de collaborations entre les différents acteurs concernés.”
L’étude complète peut être téléchargée via ce lien
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