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Les statistiques socio-démographiques namuroises basculées en open data

Pratique
Par · 24/06/2019
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La Ville de Namur continue de tracer sa route dans le domaine des open data. Déjà une centaine de jeux de données, réellement exploitables (après mise en format ad hoc), sont accessibles via sa plate-forme Open Data. Depuis quelques jours, un nouveau volet majeur du site est consacré aux données statistiques socio-démographiques concernant les quelque 46 quartiers de la Ville (un découpage statistique remontant à la fin des années 90).

La masse de données qui est ainsi mise à disposition est considérable (plus d’un million de données au total), couvrant la période 1985-2019 et portant sur un large éventail d’informations.

Le sous-portail Population a été structuré en six thèmes: évolution de la population, évolution par groupe d’âge, par nationalité (belge, provenant de l’Union européenne, hors UE), population par état civil, par commune, par quartier. La consultation, l’analyse et le croisement des données peut se faire sous différents angles: quartier, groupes d’âge (21), situation matrimoniale, année…

Prof. Michel Poulain (UCLouvain): “A la question de la protection des données, je tiens à préciser que toutes les données se trouvant dans le portail open data ont été préalablement anonymisées et agrégées. Mais comment peut-on reprocher à une commune de vouloir améliorer ses services aux citoyens en exploitant ce genre de données quand les magasins ne se gênent pas pour savoir tout de nous et s’en servir…?”

 

Les données figurant dans le portail open data de la ville sont disponibles sous licence CC By (Creative Commons), ce qui en permet le partage, l’adaptation ainsi que des opérations de création. “L’utilisation des données est gratuite. Elles peuvent être réutilisées à des fins commerciales. Néanmoins, afin de maintenir la viabilité de l’outil, il pourrait être demandé à une société souhaitant une utilisation intensive des données de participer aux coûts engendrés par les requêtes de données de son logiciel.”

Granularité fine des données

La segmentation en quartiers plutôt qu’en communes ou localités offre une vision plus précise de ce qui fait la particularité socio-démographique de chaque zone. De quoi renforcer la capacité de prendre des décisions pertinentes pour la population, pour l’activité économique ou culturelle, pour la stratégie de mobilité, l’offre de services… Et, pour les autorités communales (services et décideurs), de le faire quasiment “à la volée”, sur des données actuelles, sans plus devoir attendre plusieurs jours ou semaines, comme c’était le cas jusqu’à présent, avant que des agents aient pu traiter les questions ou requêtes du collège communal, par exemple.

46 quartiers. Avec chacun leurs caractéristiques socio-démographiques…

Petit exemple de ce que révèlent le croisement et l’analyse de ces données socio-démographiques par quartiers namurois: l’objectivation et la visualisation immédiate d’un phénomène de vieillissement d’un quartier ou du rajeunissement de la population d’un autre.

L’âge moyen de la population en zone centre-ville, par exemple, est en recul régulier mais avec une petite remontée, assez récente, dans la catégorie moins de 20 ans – “en partie dû à la population étrangère”.

Dans le quartier Géronsart, par contre, le phénomène de vieillissement est flagrant et régulier. Preuve que les habitants demeurent fidèles aux lotissements. “Intéressant pour toute décision de création de nouvelle structure”, souligne Michel Poulain, professeur émérite à l’UCLouvain (Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication), auteur de l’Atlas géostatistique des quartiers et partenaire de la Ville de Namur pour sa transposition dans une ressources numérique open data. “Une crèche n’aurait plus de sens. Autant la transformer en maison de repos…”

Il devient ainsi en effet possible d’évaluer l’adéquation des services disponibles, par rapport à la typologie du quartier, ou de s’adonner à de la prospective: services d’aide à domicile, priorisation des services communaux ou de secours en fonction de l’âge des habitants (restauration de la distribution d’eau après incident dans les zones où se trouvent des maisons de repos), simulation d’implantations de nouveaux magasins…

Prochaines étapes

L’équipe Data Office de la Ville de Namur compte bien continuer à enrichir le “stock” de jeux de données. En puisant et adaptant notamment les ressources contenues dans la base Cytise. 

L’un des prochains jeux à être rajoutés sera celui reprenant les caractéristiques externes des bâtiments et habitations (numéro, hauteur, volume, thermographie des toitures, âge approximatif ou réel des bâtiments, photos des bâtiments classés…).

Parmi les jeux de données déjà rajoutés depuis le début de l’année, citons notamment des photos aériennes de la ville, des données concernant la mobilité (emplacements de parking, itinéraires vélo, zones 30…) ou encore une planothèque dans laquelle l’internaute trouvera une série de plans en format PDF ne demandant qu’à être téléchargés ou imprimés.

De futurs exercices de croisement interviendront par ailleurs avec d’autres sources et bases de données – orientées mobilité, territoire (régional), niveaux de revenus…

Favoriser les réutilisations

En un an (environ) d’existence, le portail open data de la Ville a été consulté en moyenne par un millier de personnes chaque mois et affiche plus de 1.000 téléchargements. Notons ici au passage que les données du portail peuvent être exportées en formats CSV, Excel, Json, SHP, KML et GeoJson. En-ligne, l’internaute a par ailleurs la possibilité de créer son propre graphique sur base d’une requête ou d’un croisement de données (via l’outil CharBuilder).

Des jeux d’open data dans une multitude de thèmes…

Mille visiteurs par mois, ce n’est pas mal. Manque par contre encore aux responsables de l’équipe Data Office, emmenés par Samuel Nottebaert, smart city manager, la possibilité d’avoir une vision plus précise à la fois sur l’identité des personnes qui consultent ou téléchargent (particuliers, professionnels, services publics, entreprises privées…) et sur l’utilisation qui est réellement faite des données mises à disposition.

Ce sera là l’une des prochaines priorités que se donne l’équipe de Samuel Nottebaert. Dans le même temps, elle espère pouvoir mieux identifier – et les deux aspects sont évidemment liés – le type de besoins ou d’attentes face à l’open data. C’est dans cette optique que la Ville de Namur a déposé un projet, avec succès, dans le cadre de l’appel à projets “Territoire intelligent” de la Région.

Objectif de ce projet effectué en collaboration étroite avec l’Université de Namur: “explorer des solutions participatives qui aident les utilisateurs experts à manipuler l’open data tout en impliquant une plus grande partie des citoyens dans le processus”.

Nous y reviendrons plus en détails dans les semaines qui suivent.

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