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La blockchain pour attester de l’authenticité des diplômes

Pratique
Par · 15/11/2019
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Un projet conjoint entre la Communauté française et son homologue flamande planche sur un projet blockchain destiné à une meilleure gestion, validation et surveillance des diplômes.

A la manoeuvre, l’’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur), autrement dit la fédération des établissements d’enseignement supérieur francophones, et l’agence flamande AIV (Agentschap Informatie Vlaanderen). Voir encadré pour l’ensemble des acteurs concernés

Objectif: “optimiser les échanges internationaux de diplômes”. Raisons invoquées: un phénomène de mobilité des étudiants et des travailleurs en augmentation constante, mais aussi – et sans doute surtout – la difficulté qu’il y a de juger de la validité de diplômes octroyés par une multitude d’établissements à travers le monde. “Les faux diplômes se multiplient”, souligne par exemple Bénédicte Champagne, chef de projet à l’ARES. “Quelques dizaines d’euros suffisent pour acheter un diplôme chinois.

A cela s’ajoute le fait que chaque pays gère ses diplômes à sa manière”, donnant naissance à un kaléidoscope où il devient de plus en plus difficile de s’y retrouver.

Les autorités responsables de l’enseignement dans les différents pays ne centralisent par ailleurs pas forcément les diplômes.

L’Europe veut donc tenter d’y mettre de l’ordre et encourage les responsables locaux à proposer des solutions. En Belgique, les Communautés linguistiques francophone et néerlandophone ont dès lors émis l’idée de mettre en oeuvre une solution basée sur la blockchain. Les premiers maillons de cette chaîne ne se situeront pas au niveau de chaque établissement scolaire ou organisme émettant des certificats ou attestations mais prendraient racine dans des bases de données publiques déjà au moins partiellement centralisées, faisant office de sources authentiques.

Depuis plusieurs années, la Communauté flamande dispose ainsi déjà d’une base de données – baptisée LED (LED- Leer- en ErvaringsDatabank) – qui centralise des diplômes, certificats et attestations provenant du VDAB (l’équivalent flamand du Forem), de Syntra, de la banque de données de l’enseignement supérieur et de l’enseignement secondaire flamands.

Un projet similaire est en cours côté Communauté française. Une application, baptisée DADI (Données Authentiques des DIplômés), permet déjà actuellement aux établissements d’enseignement d’encoder les données nécessaires à l’édition de titres, diplômes et certificats. Lorsque la base de données des inscriptions en Communauté française (dénommée pour sa part e-Paysage) sera opérationnelle, elle pourra venir alimenter la base DADI désormais considérée comme source authentique.

Que trouvera-t-on dans DADI? Le signalement des diplômes et attestations délivrés par les organismes de formations en Communauté française (hors acteurs privés).

Ecoles, Hautes Ecoles et universités sont donc concernées de même que le Forem. “Et un organisme tel que l’ADEPS pourrait également être intéressé pour les attestations de formation de moniteurs”, déclare Bénédicte Champagne. “Et pourquoi pas y trouver également les attestations de brevets de natation ou ce genre de choses…?”

L’étape de la blockchain

Le but sera non pas de dématérialiser diplômes et certificats mais plutôt d’en garantir l’authenticité et la traçabilité. “Il sera ainsi démontrable que le titre en question a bel et bien été délivré par un établissement bien réel et valide.”

C’est en tout cas l’approche qui est privilégiée par les porteurs du projet belge. D’autres projets sont en cours dans d’autres pays, qui vont plus loin dans le scénario – en ce compris jusqu’à la dématérialisation des diplômes, titres et attestations (comme semble devoir l’envisager la France). “En Fédération Wallonie-Bruxelles, nous ne sommes pas convaincus que ce soit nécessaire d’aller jusque là. Ce qui compte, c’est de pouvoir vérifier et valider la réalité et le niveau de diplôme, de pouvoir constater l’authenticité d’un titre et non tout le détail des informations figurant sur un diplôme.” Avec, en filigrane, l’indispensable souci de respect des données personnelles.

 

Bénédicte Champagne (ARES): “L’Union européenne a marqué son intérêt par rapport à l’idée belge de recourir à la technologie blockchain comme garante d’authenticité et de non-modifiabilité des diplômes.”

 

Le projet belge a été soumis à apport d’idées et de réflexions venant d’autres pays de l’Union, tels que les Pays-Bas, la France ou l’Espagne. “Les réflexions de chacun allant dans des directions différentes, il faudra [pour lancer un projet européen] trouver un compromis. Le projet sera donc sans doute conçu en mode évolutif. Garantir l’authenticité d’un titre apparaît en tout cas comme un point d’accord entre les différents pays.”

flowchart diagramme, organigramme, schéma, relation, projetLe projet en est encore au stade de la phase “exploratoire”. “Nous avons jusqu’ici testé la faisabilité, réfléchi à des aspects de gouvernance par l’utilisateur – en respect des contraintes du GDPR.

Aujourd’hui, nous en sommes à la phase d’analyse technique, la volonté des initiateurs wallons et flamands étant d’opter pour une solution qui soit économique en termes énergétiques” [Ndlr: on sait que c’est là l’un des péchés mignons des technologies blockchain].

De nombreux points et aspects doivent encore être analysés. “Nombre de questions restent encore sans réponse”, souligne Bénédicte Champagne. Par exemple, en matière de communication automatique entre systèmes, d’interface d’accès et d’interrogation par le citoyen, de possibilité pour ce dernier d’être créateur d’informations…

Agenda de déploiement opérationnel du projet? Aucune date ferme n’a encore été décidée, l’espoir étant d’avoir un premier délivrable début 2020.

Organismes impliqués: l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur), côté francophone ; l’agence flamande AIV (Agentschap Informatie Vlaanderen) et Ahovoks (Agentschap voor Hoger Onderwijs, Volwassenenonderwijs, Kwalificaties en Studietoelagen), côté flamand.

Partenaire privé: The Ledger, membre du groupe Cronos.

Solution technologique choisie: un système décentralisé basé sur l’HyperLedger d’IBM.

Les bases de données communautaires de diplômes — LED (Leer- en ErvaringsDatabank), côté flamand, et DADI, côté francophone — font office de sources authentiques.

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