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La 5G: aiguiseur d’appétit numérique

Pratique
Par · 07/06/2019
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La 5G est sur toute les lèvres. Certains l’attendent tel le Messie. D’autres doutent de sa réelle pertinence ou nécessité. Ericsson ConsumerLab a effectué une enquête, intitulée “5G Consumer Potential”, auprès 35.000 utilisateurs de smartphones dans 22 pays, dont 2.000 en Belgique.

Objectif: analyser la réalité – et déconstruire – quelques “mythes” ou erreurs de perception de la 5G: pas de réels avantages à court terme, des scénarios d’utilisation qui intéressent davantage l’industrie et les entreprises que les consommateurs, des services qui auront nécessairement un coût élevé, des taux et volumes d’utilisation qui ne justifieraient pas forcément le changement de paradigme.

Quels avantages à court terme pour les consommateurs?

L’enquête menée par Ericsson ConsumerLab révèle que les consommateurs voient au contraire des avantages non négligeables à l’arrivée de la 5G. Notamment des gains appréciables en performances, un allègement de la charge (voire de la congestion) des réseaux 3G et 4G, surtout dans les grands centres urbains, et des applications plus variées, notamment dans l’espace domestique.

Au niveau belge, le sondage a permis de pointer trois types d’usages ou de contextes qui, aux yeux des utilisateurs de smartphones, devraient plus particulièrement tirer parti, dès le départ, de l’arrivée de la 5G: les axes à forte fréquentation (artères commerçantes, densité de navetteurs), les services pour maison connectée et les applications de réalité augmentée dédiées aux événements sportifs (visualisation immersive).

Source: Ericsson.

Sans surprise, la stratégie de déploiement que suivront sans doute la majorité des opérateurs sera donc de couvrir en priorité les zones urbaines très (ou sur-)peuplées. Les conclusions que tire par ailleurs Ericsson de son étude est que d’autres zones de choix pour un déploiement précoce de la 5G seraient des zones de concentration plus épisodiques, en ce compris liées à l’événementiel: “lieux de fort passage, gares ferroviaires, stades, festivals…”

Le coût de la 5G

Côté portefeuille, l’étude d’Ericsson a révélé que les consommateurs sont bel et bien prêts, pour bénéficier de la 5G, à payer davantage que les tarifs qu’ils assument actuellement.

A l’échelle mondiale, la majorité d’entre eux accepteraient de voir leur facture télécom augmenter de 20%. Les premiers de cordée, fans de la première heure, accepteraient même un surcoût de 32%… Et ils sont légion puisqu’ils constituent environ 25% de la clientèle (à l’échelle mondiale).

En Belgique, la moitié de ces “early adopers” disent être prêts à payer 12 euros de plus pour des services 5G.

Consommation mensuelle moyenne estimée d’ici 2025 (pour des utilisateurs belges): jusqu’à 35 Go, soit de 14 à 16 fois plus qu’une consommation typique actuelle. Source: Ericsson.

Pour quelles applications les consommateurs sont-ils surtout prêts à payer davantage pour de la 5G?

Les réponses varient d’un pays à l’autre. Si la vidéo semble être l’appât numéro un, les services de “divertissement” dans l’enceinte de la voiture en sont un autre – même si les personnes ayant participé d-à l’étude estiment généralement que le déploiement à grande échelle de ce genre de service n’interviendra qu’un à deux ans après l’arrivée de la 5G sur leur marché.

La télé 5G a les faveurs des consommateurs américains et britanniques tandis que les Chinois sont davantage séduits par des applications domotiques. Les Sud-Coréens, eux, confirment leur addiction au shopping, envisageant déjà des environnements agrémentés de réalité virtuelle et de rétroaction tactile. Quant aux Saoudiens, ce sont les loisirs en immersion visuelle (sports compris) qui semblent devoir l’emporter, grâce à la démocratisation de la réalité augmentée.

Explosion de la demande

L’avènement du 5G devrait doper, voire faire littéralement exploser, les volumes de “consommation” de données.

Au niveau belge, l’étude d’Ericsson en arrive au chiffre moyen de 35 Go par mois d’ici 2025, “soit de 14 à 16 fois plus qu’une consommation typique actuelle”. Mais ce n’est encore rien comparé à la moyenne de boulimie numérique au niveau mondial qui serait, à même horizon, de 200 Go par mois pour un cinquième de la population. La “reine” de cette hyper-conso sera sans conteste la vidéo: en moyenne, la 5G devrait inciter les consommateurs à augmenter de trois heures leur volume de visionnement de vidéo sur mobile, portant le total hebdomadaire à la somme astronomique de 6,5 à 9 heures.

Un tiers de cette consommation supplémentaire serait visionnée via des lunettes connectées en mode réalité augmentée ou virtuelle.

Futur emblème de la “réussite” ou “statut” social d’ici cinq ans? La présence, dans nos domiciles, d’un robot connecté en 5G… Quant aux attentes par rapport à la voiture, une connectivité Internet 5G deviendrait un critère de choix aussi important que le taux de consommation de carburant ou la puissance du moteur!

Facteur décisif

L’offre de la 5G est souvent perçue, selon les résultats glanés par l’étude d’Ericsson, comme un critère-clé devant amener les consommateurs à changer d’opérateur. En Belgique, un quart des personnes interrogées affirment ainsi qu’elles changeraient de fournisseur d’accès haut débit mobile dans les six mois suivant le débarquement de la 5G si leur fournisseur habituel ne suit pas le mouvement.

La même tendance se dessine dans des marchés tels que les Etats-Unis (25% de consommateurs changeraient d’opérateur dans un délai de un à six mois), la Chine (plus de 50%), l’Australie (25%) et la Corée du Sud (environ 30%).

Par ailleurs, une grande majorité de ces “switchers” (80%) comptent sur la 5G pour améliorer les accès haut débit au coeur de leur domicile. Avec une explosion attendue du nombre de dispositifs domestiques connectés: à l’échelle mondiale, 25% des ménages possèdent d’ores et déjà plus de 10 équipements connectés dans leur espace quotidien. En Belgique, la proportion de ces “hyper-connectés” est à peine moins élevée: 19% (parmi l’échantillon consulté par Ericsson).

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