Pour rester informé(e) des dernières actualités de l'IT en Belgique francophone, lisez ceci • Comment / Pourquoi s'abonner ?

Intradel: connais-toi toi-même…

Pratique
Par · 07/07/2020
Partager

Fin 2019, Intradel signait un contrat de quatre ans avec la société liégeoise ESIA en vue de se doter et de faire évoluer, au fil du temps, une solution de surveillance automatisée du fonctionnement de son infrastructure IT et, à terme, de ses réseaux et infrastructures techniques (réseau électrique, usines de traitement des déchets…).

Le déploiement de la solution ESIA a débuté au début 2020 et a permis, pour reprendre les termes de Pierre Notte, directeur informatique d’INtradel, de passer d’une ère où “on attendait les pannes pour réagir et réparer à un stade où l’on peut désormais anticiper plus sereinement, avoir une vue complète de l’infrastructure.”

Retour sur l’existant

Intradel est l’intercommunale liégeoise de traitement des déchets. Son champ d’activités couvre 72 communes en province de Liège et repose notamment sur 49 recyparcs, deux “biocentres” (unités de biométhanisation, pour la transformation des déchets verts en gaz servant à alimenter le réseau public, à produire de l’électricité ou encore des engrais), une usine de tri (PMC) sans oublier la gestion de centres d’enfouissement (pour les quelque 4% de déchets qui ne sont pas retraités ou recyclés).

L’un des premiers objectifs que s’est donné Pierre Notte, en devenant le directeur informatique d’Intradel voici environ un an, a été de rendre la gestion de l’infrastructure informatique plus efficace et performante. “Quand je suis arrivé, j’ai été agréablement surpris, en comparaison d’expériences antérieures, de constater que l’infrastructure était déjà efficacement surveillée. Suivi et disponibilité étaient de l’ordre de 80%. Restait à s’attaquer aux 20% restants qui sont typiquement les plus difficiles à assurer. Aujourd’hui, grâce à la solution ESIA notamment, j’estime qu’on est à 99%.”

 

Pierre Notte (Intradel): “Les 20 derniers pour-cent d’efficacité et de surveillance de disponibilité de l’infrastructure sont typiquement les plus difficiles à assurer”, indique Pierre Notte.

 

La solution ESIA de supervision d’infrastructures informatiques et industrielles centralise les données de suivi de fonctionnement de quelque 280 “systèmes” – qu’il s’agisse de serveurs, d’éléments réseau, d’ordinateurs, de copieurs, d’imprimantes, de dispositifs mobiles, d’unités de disque mais aussi d’applications. Exemple: surveillance des données relayées par la solution qui gère les échanges d’information entre le site central et les camions de collecte, qui “remontent” des données lues à partir des puces apposées sur les conteneurs et poubelles afin de comptabiliser le poids des déchets, ménage par ménage (en vue d’une refacturation par les communes). Il arrive que l’importation des fichiers connaisse un problème. Désormais, nous pouvons intervenir dès que le blocage se produit. On n’attend plus quatre jours avant de nous apercevoir que quelque chose n’est pas normal.”

 

L’avantage d’une solution telle que celle d’ESIA est de centraliser la totalité des “vues”, alertes et données de fonctionnement des différents éléments constitutifs d’une infrastructure IT – capacité et performances des RAM, des disques, taux d’occupation, taux de saturation des CPU, accumulation de fichiers ou de données n’ayant pas pu être transférées comme prévu…

 

Pierre Notte (Intradel): “L’efficacité de la solution ESIA, en termes de surveillance de l’infrastructure, a été prouvée lors du confinement. Toute l’équipe a dû passer en télétravail. Mais nous avons pu continuer à fonctionner normalement, en surveillant tous les systèmes IT à distance.”

 

“Désormais, nos écrans nous disent en permanence où on en est, avertissent suffisamment tôt de problèmes potentiels et comment les résoudre.” 

Des exemples?

“La plate-forme ESIA nous a permis de mettre en évidence le risque de saturation des VM [virtual machines]. Auparavant, nous n’avions pas conscience que ce que nous avions déployé était devenu, au fil du temps, sous-dimensionné par rapport à nos besoins.

Idem en matière de capacités de disque dur. Par le passé, aucun indicateur ne nous avertissait lorsqu’il ne restait par exemple que 5% de capacité disponible. On ne pouvait intervenir que lorsque la saturation avait déjà eu ses effets.”

Conclusion? “ESIA nous a permis de repérer des équipements qui étaient devenus obsolètes, d’affiner et d’optimiser nos configurations.” La solution a aussi eu un impact en termes de planification des remplacements, mises à niveau ou évolutions, tant en termes de matériel que de logiciel. “Au fil du temps, nous intégrons à l’infrastructure de nouveaux équipements pouvant être mieux surveillés. Par exemple, pour pouvoir anticiper le remplacement de cartouches sur les imprimantes ou les copieurs. Un système de ticket permet de faire en sorte qu’elles soient toujours en réserve. D’une manière générale, un outil tel que celui d’ESIA a l’avantage de nous éviter de travailler dans l’urgence. Tout le monde est bien plus serein quand on peut anticiper.”

Un processus loin d’être terminé

Les avantages essentiels que Pierre Notte prête à la solution ont pour noms capacité d’anticipation, vision centralisée et unifiée de l’ensemble des infrastructures IT, et historicisation des données de fonctionnement et incidents. “La solution ESIA ne nous fournit pas uniquement es valeurs instantanées mais nous permet de disposer d’un historique qui nous sert par exemple à mieux comprendre et anticiper les besoins en configurations et qui contribue utilement à la création des rapports de production.”

Pour l’heure, la totalité de l’infrastructure IT du site central de Herstal est surveillée. C’est également le cas des systèmes et solutions IT des 49 recyparcs. “Nous disposons d’une carte de la province, chaque site étant représenté par une LED dont la couleur indique l’état de performances ou la survenance d’un problème. Cette carte est publiée et accessible à distance. Chaque recyparc a ainsi une vue permanente sur l’ensemble du réseau et sait comment réagir en cas de problème touchant sa propre infrastructure ou être prêt à pallier à un problème touchant un autre.”  

 

Pierre Notte (Intradel): “L’infrastructure de chacun des 49 recyparcs est également connectée au système, pour une vision unique. Cela nous permet désormais de les avertir d’un problème, par exemple une saturation système, avant même qu’ils ne s’en aperçoivent”.

 

La surveillance de fonctionnement, de capacité et de disponibilité des équipements n’est toutefois pas encore complète. Les grands conteneurs des recyparcs, par exemple, ne génèrent pas encore de données automatiques. “Il est plus difficile d’évaluer le taux de remplissage d’un conteneur à ciel ouvert”, indique Pierre Notte, “mais on commence toutefois à les équiper de puces pour mieux détecter vols et détournements. C’est l’une des prochaines étapes en cours.”

Les bulles à verre, elles aussi, sont concernées par l’extension de la surveillance. Des capteurs pourront ainsi alerter d’un taux de remplissage nécessitant un enlèvement.

Toutes ces données seront, à terme, intégrées aux tableaux de bord ESIA. Idem, d’ici la fin 2020, pour tous les relevés et données de fonctionnement du réseau électrique. (Pour rappel, certains déchets, retraités, servent à la production d’électricité, injectée sur le réseau public). “Cela nous permettra notamment d’affiner la maintenance du réseau.”

Plus tard, sans doute en 2021, l’étape suivante que désire franchir Intradel est la remontée d’informations concernant le fonctionnement des équipements industriels (usines de tri, unités de biométhanisation…). Les données seront de nature plus technique – suivi des températures, efficacité de l’alimentation électrique… – et seront, elles aussi, supervisées par la solution ESIA. “Jusqu’à présent, par exemple, le suivi des températures dans les unités de biométhanisation se fait encore par relevés manuels qui sont consignés dans des fichiers Excel, avec rapport une fois par mois. Le déploiement d’ESIA rendra possible une collecte et une centralisation permanentes et automatiques, avec concentration de tous les indicateurs (incidents, niveau de disponibilité, indicateurs techniques…) en un seul endroit. Et pourra ainsi pallier à la fragmentation de surveillance qu’exige la disparité des équipements, dont tous sont d’ailleurs loin de procurer des indicateurs.”

Certains aménagements seront donc nécessaires, en termes de renouvellement ou de mise à niveau de certains équipements existants. Par ailleurs, de nouveaux sites seront conçus davantage dans une philosophie IoT: “Une nouvelle usine de traitement des déchets est en voie d’être construite. Dès sa phase de conception, les responsables réfléchissent aux mécanismes et types de remontées d’information qui seront effectuées.”

Partager

Laisser un commentaire