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Collecter en même temps (multi-)données d’utilité publique et déchets? Le BEP teste l’idée…

Pratique
Par · 19/06/2019
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Parmi les projets retenus à l’issue de l’appel à projets Territoire intelligent de la Région wallonne, il y en a un qui se propose de transformer une vieille connaissance de nos rues, qui les sillonne au minimum une fois par semaine, en collecteur d’informations portant potentiellement sur une grande diversité de paramètres – efficacité de la couverture télécom, encombrement ou état des voies de circulation, pollution …

Ces engins si familiers, ce sont les camions-poubelle ! L’idée est née dans la tête d’une équipe du BEP, Bureau Economique de la Province de Namur. 

Fureteurs… pour la bonne cause

Ces camions constituent en effet un vecteur de “surveillance” et de relevé qui vont littéralement partout, jusque dans les rues et quartiers les plus reculés ou isolés. Ce sont dès lors d’excellents “outils” pour objectiver – c’était l’idée de départ – la couverture réelle en 3G ou 4G du territoire. Une couverture dont on connaît la multiplicité des “zones grises ou blanches”, zones de non-droit-telco, et dont on sait aussi que les mesures récoltées par l’IBPT auprès des opérateurs manquent souvent de précision ou de capillarité. Un centre-ville bien desservi ne garantit en rien la qualité de couverture en “périphérie” ou dans la moindre rue du village attenant…

“Nous savions que des professeurs de l’UNamur avaient imaginé ce genre de scénario et d’approche de l’analyse de couverture telco”, déclare François Laureys, gestionnaire de projets Smart cities au BEP. “Des expériences ont déjà été menées dans d’autres pays, notamment au Danemark, mais de manière ponctuelle. S’appuyer sur les tournées des camions-poubelle permettait de systématiser le concept, sans devoir investir dans une infrastructure de collecte spécifique…”

L’idée a d’ailleurs séduit… l’IBPT qui a décidé de participer (financièrement) au projet.

Couverture telco mais pas que…

Dans le même temps, sautant sur l’occasion de financement que proposait la Région dans le cadre de son appel à projets, l’équipe du BEP a étendu le scénario au-delà de la seule collecte de données telco.

Des projets similaires à celui porté par le BEP, mais plus mono-thématiques, ont été ou sont sur le point d’être lancés. Ils donnent naissance à des “couples improbables” tel celui qui va unir un temps bpost (et les camionettes de nos facteurs) à… l’IRM, l’Institut Royal Météorologique. Le but: affiner les prévisions météo au niveau local.
Ce projet-pilote se déroule à Anvers et s’appuie sur une trentaine de véhicules équipés de capteurs relevant et communiquant en temps réel des informations météorologiques, du genre température, taux d’humidité, conditions de luminosité… Certaines des informations seront également communiquées à BeMobile en vue de procurer des informations locales plus précises sur les conditions de circulation routière.

Le projet “Camions sentinelles” vise dès lors à transformer ces véhicules en “réceptacles multi-données” grâce à l’embarquement d’un hub de capteurs multi-usages. “Ce dispositif intégrera toute une série de technologies – 3G/4G, GPS, LoRA, accélérateurs… – permettant à tout opérateur ou partenaire de venir brancher ses propres capteurs en vue de collecter des données de diverses natures.”

Exemples: l’état (physique) des routes, les conditions météorologiques (un peu à la manière de ce qu’expérimente… bpost du côté d’Anvers – voir encadré ci-contre), la qualité de l’air, le taux ou type de pollution, la qualité et l’encombrement des routes et voiries…

La solution qui sera développée couvrira la totalité de la chaîne puisqu’elle porte non seulement sur le dispositif de collecte et de centralisation de la collecte de données en tous genres mais aussi sur la plate-forme de traitement, de consolidation, d’analyse et de publication à la demande des résultats. 

Dans une première phase, ce sera sans doute le scénario Couverture 3G/4G, en collaboration avec l’IBPT, qui sera privilégié (déploiement en 2020). Trois communes sont d’ores et déjà concernées, à savoir Viroinval, Gedinne et Profondeville. Elles ont été choisies en raison de problèmes connus de couverture télécom.

Le but est toutefois d’étendre la zone concernée par le projet et d’équiper un maximum de camions-poubelle (en principe une quarantaine sur les quelque 70 qui dépendent du BEP).

Des contacts seront par ailleurs pris, à court terme, avec d’autres acteurs (l’IRM, les communes…) afin d’imaginer d’autres usages.

 

Et les camions de collecte des déchets ne seront pas les seules “sentinelles” dans le cadre du projet puisque le BEP a également décidé d’équiper une dizaine de points fixes en boîtiers multi-collecte. En l’occurrence, ces boîtiers seront placés sur les panneaux de type totem disposés à l’entrée de ses diverses implantations dans les ZAE de la province. “Cela nous permettra de croiser les données entre les relevés venant des camions et ceux générés par ces points fixes. On pourra ainsi affiner les analyses, par exemple en termes de qualité d’air, éliminer l’incidence des polluants produits par les gaz d’échappement des véhicules ou autres mesures perturbatrices.”

Appel d’offres

En attendant que les “camions-sentinelles” ne commencent leur petit ballet, il faudra bien entendu développer ou peaufiner les boîtiers de type “hub” à embarquer. “Il existe des capteurs mobiles ou des concentrateurs mais qui, à ma connaissance, n’ont pas encore été embarqués sur du matériel roulant. Le but de l’appel d’offres qui sera lancé dans les prochains mois sera donc d’identifier un fournisseur.”

Un autre volet de l’appel d’offres concernera la solution d’analyse des données. A cette occasion, l’UNamur pourrait à nouveau être sollicitée pour vérifier pertinence et adéquation, après être déjà intervenue, lors de la phase préparatoire du projet, pour apporter un soutien méthodologique et un accompagnement en matière de qualité des données.

La plate-forme de centralisation et de restitution de résultats, elle, existe d’ores et déjà puisque le BEP est un utilisateur de la solution OpenDataSoft.

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