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Charl-E-District: l’optimisation énergétique comme levier d’attractivité

Pratique
Par · 01/08/2019
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Le projet Charl-E-District, sélectionné dans le cadre de l’appel à projets wallons Smart Region (programme Digital Wallonia – voir notre encadré sur la – longue – genèse du projet), a pour thème l’amélioration de la performance énergétique d’un quartier majeur de Charleroi, en l’occurrence toute la zone Ville Haute. Elle est non seulement le siège de toute une série de bâtiments dépendant de la ville (bâtiments administratifs, écoles, Palais des Beaux-Arts, Palais des Expositions…) mais elle est aussi une zone en pleine reconversion. Le projet est en outre présenté comme un levier potentiel pour “augmenter l’attractivité de la ville, via une stratégie à long terme, objective en matière énergétique, propre à attirer des promoteurs immobiliers”.

La zone concernée est plutôt vaste: plus de 300.000 m2 de bâtiments placés ou encore à placer sous surveillance énergétique.

L’originalité de ce projet de “caractérisation, pilotage et optimisation” énergétiques vient en outre du fait qu’il réunira dans une même optique des bâtiments publics et des immeubles et habitats privés. Et cela, dans la perspective du déploiement d’un réseau de chaleur et d’une gestion dynamique de la desserte énergétique…

L’objectif est en effet de remplacer le principe des chaudières individuelles (notamment côté public) par des dispositifs communs. Par exemple, le Palais des Beaux-Arts, le Palais des Expositions et le futur centre des congrès se partageront une chaudière unique.

Le réseau de chaleur desservira potentiellement tous les bâtiments déjà énumérés, l’Hôtel de Ville, le Palais de justice, sans doute aussi le site rénové de l’ancienne caserne de Trésegnies (qui accueille par exemple depuis peu les locaux de Charleroi Entreprendre). Côté privé, le réseau alimentera aussi tout un nouveau quartier implanté sur le site de l’ancien CHU, quartier où l’on trouvera notamment des maisons de repos.

Objectiver pour mieux décider

Le projet comporte plusieurs volets:
– la constitution d’une base de données énergétiques qui documentera l’état actuel et l’objectif à atteindre ; ce référentiel servira de source d’informations pour les citoyens mais aussi pour les professionnels (promoteurs, entreprises de rénovation…)
– une plate-forme informatique exploitant les données de ce référentiel, proposant notamment des outils de suivi des consommations (données historiques et quasi temps-réel) et des indicateurs statistiques “à des fins d’analyse, de suivi et de comparaison des performances énergétiques des bâtiments, publics ou privés” ; l’analyse devra pouvoir se faire, via recoupement entre bases de données, en fonction de la nature ou ancienneté du bâtiment, de son type d’utilisation…
(selon le scénario imaginé au départ, la solution informatique proprement dite pourrait potentiellement s’appuyer sur la plate-forme Dareed, qui serait adaptée selon les spécificités carolo; il s’agit d’une solution issue d’un programme européen FP7 – Dareed étant l’acronyme de “Décision support Advisor for innovation business model and useR engagement Energy Efficient Districts).
– une solution GIS qui pourra être exploitée par les responsables municipaux et leur servir d’outil d’aide à la décision (priorisation des projets de rénovation, identification des zones à raccorder au réseau de chaleur…).

Une cartographie, accessible à tous, qui procure une “capacité d’analyse technico-économique et de prédiction dynamique des besoins et apports en énergie à l’échelle d’un quartier.

Le projet inclut par ailleurs un important volet de participation citoyenne puisque le but est d’obtenir une cartographie et une capacité d’analyse et de pilotage énergétique à la fois pour les bâtiments publics et privés. Les propriétaires, individuels ou collectifs, seront donc invités à déployer des capteurs et/ou, via les opérateurs tels qu’Ores, invités à mettre leurs données de consommation (dûment anonymisées) à la disposition de la cartographie commune et, à terme, de la surveillance coalisée.

“Sur base des données et de ce qu’elles révéleront, des choix d’optimisation pourront être faits et l’on pourra mieux déterminer le type de système collectif pertinent – cogénération, chaudières communautaires à pellets, énergie solaire…”, indique Anne Meessen, attachée à la Direction générale de la Ville de Charleroi. “Les données collectées seront précieuses lorsque le temps sera venu de lancer l’appel d’offres et de procurer aux fournisseurs potentiels du réseau de chaleur des informations concrètes.

Des incitants seront imaginés avec les citoyens afin de favoriser un partage de bonnes pratiques et initier, là où cela sera nécessaire, une évolution des mentalités et des comportements énergétiques.”

Pour imaginer la man!ère de faire participer les citoyens à l’exercice collectif, la Ville s’est tournée vers le living lab WeLL et le laboratoire de recherche Lucid de la Faculté des sciences appliquées de l’ULiège afin “d’imaginer de nouvelles méthodologies participatives”.

Petit rappel d’une (longue) gestation…

Charl-E-District, le projet de la Ville de Charleroi qui a été sélectionné et sera donc co-financé par la Région wallonne dans le cadre de l’appel à projets Smart Region, est en quelque sorte un survivant d’une précédente sélection qui n’avait pas pu aboutir pour cause de “soubresaut politique” (le changement intempestif de majorité wallonne à l’été 2017).

Charl-E-District était en effet l’un des deux projets imaginés par la Ville, dès 2016-2017. Il figurait parmi une vingtaine de projets “smart city”, émanant de villes wallonnes, pré-sélectionnés en 2017 par le groupe de travail Smart Region piloté par l’AdN. Nous vous les avions présentés en octobre 2017.

Mais comme la procédure concrète d’appel à projets pour co-financement par la Région et la décision gouvernementale allaient se faire attendre un an de plus, ce n’est que fin 2018 que Charl-E-District a enfin reçu le feu vert.

L’autre projet, que la Ville a finalement abandonné, se prénommait “Charleroi on the Move”. Thème: la mobilité. Objet du projet: le développement d’un outil (Web et mobile) favorisant la mobilité multimodale (voiture, transports publics, voies de circulation douce) et fournissant des informations et un outil de calcul d’itinéraire mixte.

Objectif: favoriser la mobilité dans un centre-ville congestionné par un trafic d’origine essentiellement péri-urbaine, désengorger les parkings et promouvoir une meilleure utilisation des transports publics. Deux start-ups avaient été pré-identifiées comme pouvant participer au projet – BeMobile et NextMoov.

L’ambition était de combiner en temps réel des données sur la circulation automobile, le géopositionnement et les horaires (réels) des transports publics (TEC et SNCB), les données de compagnies de taxis (en ce compris leur disponibilité géolocalisée), de voitures partagées Cambio, de parkings de délestage, de vélos partagés, etc.

L’appli renseignerait non seulement sur les possibilités de transport, les itinéraires et temps de parcours, mais aussi sur le coût et l’empreinte écologique.

Une collaboration avec Tournai et Herstal avait en outre été imaginée.

Ça, c’était le scénario le plus ambitieux. Une version nettement plus modeste aurait visé le simple déploiement d’une signalétique dynamique, aux sorties du petit ring de la ville, afin de renseigner les automobilistes sur les possibilités de parking.

Raisons de l’abandon du projet mobilité: son coût et “l’incertitude sur ce qu’il impliquerait notamment en termes de coûts de maintenance. Un projet mobilité n’était en outre pas une priorité absolue”, explique Eric Goffart, échevin en charge du développement numérique.

Dans un prochain article, nous nous arrêterons plus longuement sur les premiers pas que projette la Ville de Charleroi sur le terrain de la transformation numérique de ses processus administratifs[ Retour au texte ]

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