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Scale: l’après-hackathon d’un projet orienté gouvernance de données smart city

Portrait
Par · 03/05/2018
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Ce fut l’un des projets récompensés lors de l’édition 2018 du hackathon Citizens of Wallonia. Prix décroché: le prix “data” (voir note en fin d’article), pour l’utilisation faite de diverses sources de données, notamment open data.

“Scale” est un projet de tableau de bord devant permettre aux responsables municipaux (ou à des tiers) d’évaluer les projets “smart city” en cours d’élaboration ou finalisés. Sur base d’indicateurs de performances, choisis en fonction des diverses thématiques concernées (mobilité, environnement, sécurité, interaction citoyen, processus et démarches administratives…), “Scale” doit “permettre aux décideurs municipaux d’évaluer l’impact de leurs actions de manière concrète et pertinente, leur progression sur une courbe de qualité et d’efficacité, de profiter et de dégager des bonnes pratiques, de se comparer à d’autres…”

Ce projet a-t-il de l’avenir, lui qui avait été salué par les organisateurs et le jury comme répondant à un réel besoin des villes et communes mais aussi comme reposant sur de bonnes bases sur lesquelles imaginer une solution qui soit réellement pertinente? Le projet continue et continuera-t-il son petit bonhomme de chemin? L’équipe sera-t-elle aidée et par qui?

Autant de questions, classiques à l’issue d’un hackathon, auxquelles nous apportons de premières réponses.

Imaginé pour le hackathon

L’idée du projet Scale n’a pas, à proprement parler, émergé lors du hackathin mais elle était en tout cas toute fraîche dans la tête de ceux qui la portaient.

“Nous avons formé une toute nouvelle équipe dont la plupart des membres ne se connaissaient pas du tout auparavant”, indique Clémentine Schelings, cheftaine de l’équipe. “Nous nous sommes rencontrés une première fois pour brainstormer la semaine précédant le hackathon et notre idée n’a cessé d’évoluer depuis.”

Si le socle n’a guère changé, “nous avons par contre posé une série d’hypothèses pour adapter au mieux l’usage de la plate-forme à la demande et aux objectifs des différentes communes. Ce sont ces hypothèses qui ont été au coeur des discussions et qui ont fait évoluer notre proposition.”

En termes d’“hypothèses” et d’enjeux à satisfaire, Clémentine Schelings distingue trois catégories. A commencer par le contexte. “Au fil du temps, nous avons appris à mieux comprendre les conditions et les pressions que rencontrent les communes: délais, budget, temps, niveau d’expertise, formats des données…

Il y a ensuite un série d’enjeux liés aux données elles-mêmes. Nous nous renseignons peu à peu sur la quantité et la nature exacte des open data disponibles. Enfin, il y a les enjeux issus des directives européennes: nous réfléchissons à long terme sur l’utilisation des données, notamment en ce qui concerne leur valorisation et leur protection.

Sur base de ces enjeux, certaines hypothèses ont été formulées et soumises à l’avis des différents coaches et experts, afin de déterminer au mieux l’usage, l’emploi et la pertinence de la plate-forme Scale.” 

Eviter les oubliettes post-hackathon

Ecueil ou déception classique; une fois le hackathon terminé, la motivation s’estompe, chacun rentre chez lui et l’idée tombe aux oubliettes.

Une équipe décidée à poursuivre le projet…

L’équipe Scale affirme par contre être bien décidée à poursuivre l’effort. “Le hackathon a été un véritable accélérateur pour notre projet, qui est passé d’une simple idée à un premier prototype opérationnel en à peine quelques jours.

Lors de ce week-end particulièrement enrichissant, nous avons bénéficié des conseils de nombreux coaches et nous avons constaté que notre projet répondait à une demande réelle des communes wallonnes. Au-delà du hackathon, nous poursuivons donc notre projet en proposant d’outiller et d’accompagner les communes vers une exploitation intelligente de leurs données.”

L’équipe, en tout cas, semble être bien équilibrée, en termes de compétences, pour poursuivre l’aventure. On y trouve deux doctorantes ingénieures architectes (Xaviéra Calixte, Clémentine Schelings), un business analyst (Philip Pijcke), un architecte logiciel (Cyril Lorquet) et trois développeurs (Julien Delvoye, Julien Koepp et David Amen). 

Clémentine Schelings (Scale): “La pluridisciplinarité de cette équipe constitue sans doute l’une de ses plus grandes forces, car nos connaissances complémentaires alimentent nos réflexions tant du point de vue de la thématique Smart City, que de l’analyse business ou encore développement logiciel.”

Clémentine Schelings se refuse toutefois à s’avancer en termes de temps et/pu de moyens que les différents membres peuvent réellement consacrer au projet, se contentant d’affirmer: “notre objectif est d’engager deux équivalents temps plein à la rentrée (septembre 2018). La structure se met en place lentement, mais sûrement.”

Signalons au passage que la plupart des membres de l’équipe étant originaires de la région liégeoise, ils comptent faire réunir de l’espace de coworking La Forge leur principal lieu de travail (aidés en cela par le prix empoché: un an d’utilisation gratuite des ressources des différents coworking spaces wallons).

Assistance via des partenaires

Lors du hackathon et dans les jours et semaines qui ont suivi, l’équipe Scale a eu l’occasion de contacter des responsables de communes afin de recueillir idées, avis réactions, propositions…

Via Digital Wallonia, d’autres contacts seront noués à l’avenir, “en priorité avec les Smart City managers et les directeurs stratégiques, afin de bien nous imprégner de toutes les spécificités, tout en prenant le temps de la réflexion afin de leur proposer un projet plus mature dès la rentrée.”

“Plusieurs communes wallonnes qui ont manifesté un fort intérêt pour Scale”, ajoute encore Clémentine Schelings. “Et différentes réunions ont été planifiées.” Motus par contre sur l’identité de ces villes. La prudence, en fait, est de rigueur tant que les réunions n’ont pas eu lieu et n’ont pas débouché sur des pistes concrètes…

L’idée du projet a en tout cas séduit les observateurs présents au hackathon Citizens of Wallonia. Ce qui explique que les contacts se poursuivent et que des accompagnements plus ou moins poussés s’organisent. Par exemple du côté de Digital Wallonia, de FuturoCité et du Cetic.

Digital Wallonia se chargera de la mise en contact avec les villes et communes et réunions pour le suivi “dans le cadre d’un comité restreint [Ndlr: à savoir le comité de Gouvernance Smart Region] ou en présence de responsables communaux et de Smart City managers.”

FuturoCité a promis des réunions bimestrielles “visant à nous conseiller sur les prochaines étapes de notre parcours vers le lancement du projet.”. Enfin, le CETIC fournira une formation technique personnalisée (deux demi-journées), “dont le contenu doit encore être discuté. Nous attendons évidemment d’eux qu’ils nous apportent une expertise en conception logicielle, tant au niveau de l’architecture technique de la solution proposée qu’au niveau des bonnes pratiques à mettre en œuvre dans ce type d’application.”

Expérience réussie?

Pour terminer, un petit regard rétrospectif sur le hackathon. L’expérience est-elle une réussite?

Source: projet Scale.

“Cette expérience a été incroyable et nous n’aurions sans doute jamais proposé un projet comme Scale sans les conseils des coaches, membres du jury et organisateurs du hackathon

L’ambiance était vraiment propice à la créativité et à la collaboration, et l’organisation minutée nous a donné le rythme pour donner le meilleur de nous-mêmes. Nous avons également beaucoup appris grâce aux différents ateliers organisés tout au long du week-end.”

Clémentine Schelings: “La force des interactions avec les coachs a résidé dans le fait qu’elles ne suivaient pas une dynamique coachs-participants, mais plutôt une dynamique de discussion entre futurs partenaires, ce qui a enrichit énormément nos conversations.”

Quelques exemples d’informations utiles et de conseils récoltés lors de ces ateliers? “Les coaches nous ont apporté leur connaissance du contexte réel, ce qui nous a permis d’améliorer la proposition initiale. Ils nous ont par exemple permis de décanter l’idée que nous avions au départ de créer une émulsion de bonnes pratiques, basée sur des principes de comparaison. Ils sont intervenus pour challenger la cohérence et la pertinence de ces comparaisons. 

Au niveau des thématiques de données à traiter, les coaches nous ont conseillé de nous axer sur quelques domaines particulièrement demandés par les villes, comme par exemple la mobilité ou la gestion de l’énergie. Grâce à leur connaissance du terrain et à une étude préalable des besoins, ils ont pu nous aiguiller sur les demandes réelles exprimées par les communes.

Toutes les discussions avaient pour but de renforcer la viabilité du projet en termes de financement du projet, d’acteurs-clé, de public-cible, de références internationales… Ces nombreux échanges ont permis de transformer un projet au départ hypothétique en un projet concrètement réalisable. La force de ces interactions réside dans le fait qu’elles ne suivaient pas une dynamique coachs-participants, mais plutôt une dynamique de discussion entre futurs partenaires, ce qui a enrichit énormément nos conversations.

Enfin, nous avons reçu des conseils pour faire un bon pitch et pour concevoir un business plan efficace. Au delà des informations techniques, nous avons donc développé nos soft skills afin de valoriser notre projet, mais surtout de le rendre viable.”

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Outre la possibilité d’utiliser pendant un an les espaces de coworking du réseau Digital Wallonia, le prix “Data” octroyé par les organisateurs du hackathon Citizens of Wallonia 2018 consiste en un accompagnement technique du Cetic (deux demi-journées de conseils et coaching technique). [ Retour au texte ]

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