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Qui sont les start-ups e-santé en Belgique? Une étude de Startups.be

Portrait
Par · 21/03/2018
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A la demande d’ING, qui veut ainsi afficher son intérêt pour le phénomène start-ups (des clients potentiels, et éventuellement des destinataires de financement), Startups.be a procédé, fin d’année dernière, à une analyse de l’écosystème belge des jeunes pousses orientées e-santé. Et ce, quelles que soient les formes ou couleurs que prennent leurs solutions: dispositifs médicaux (matériels ou dématérialisés), solutions sur les thématiques du vieillissement de la population, du suivi de soins à domicile, applis s’adressant aux aînés…

En se basant sur les informations collectées et tenues à jour par Startups.be (seule la base de données de Startups.be a été utilisée, sans recoupement avec d’autres listings), 161 jeunes pousses évoluant dans le domaine de l’e-santé ont été répertoriées et sollicitées pour les besoins de l’enquête. 29 ont répondu au questionnaire. Ce sondage a été complété par des interviews avec plusieurs sociétés afin de valider ou contextualiser les réponses obtenues.

Première remarque concernant l’âge des 161 sociétés répertoriées. Leur ancienneté varie quelque peu dans la mesure où Startups.be commence à compter à partir de… 2007.

Classement par type de solution proposée:

  • dispositifs médicaux (appareils connectés): 34%
  • “care tech”: 32% ; la notion de care tech fait référence à des solutions davantage orientées bien-être mais avec orientation thérapeutique
  • logiciels médicaux: 28%
  • télé-médecine: 28%
  • health tech: 21% ; “health tech” est défini, par Startups.be, comme “solutions numériques améliorant les soins de santé”
  • “grey tech”: 20%
  • imagerie médicale: 10%
  • logiciel de gestion médicale (gestion médicales, gestion de patientèle…): 10%
  • “sport tech”: 5% (preuve de la difficulté qu’il y a parfois à classer une start-up dans l’une ou l’autre catégorie, Human Waves est classée dans cette catégorie “sport tech”, alors que les applications à finalité sportive ne sont que l’un de ses deux axes d’activités)

Trou d’air passager?

Premier constat, comme le montre le graphique ci-dessous: une diminution du nombre de nouvelles créations de start-ups e-santé ces deux dernières années. “Ce qui est étonnant, dans la mesure où nous disposons en Belgique d’un bon tissu économico-social en matière de soins de santé”, estime Philippe Rangoni, directeur Business development chez Startups.be et auteur de l’étude.

Source: Startups.be

“J’y vois potentiellement plusieurs explications: la complexité du système de santé belge et la difficulté qu’il y a à le comprendre.”

Les questions posées aux start-ups, dans le cadre de cette enquête, ont justement permis de démontrer que nombreux néo-entrepreneurs cernent mal la réalité du terrain sur lequel ils veulent s’engager. Il y aurait même, dans le chef de certains, une réelle candeur. Nombreuses sont par exemple les start-ups qui imaginent qu’elles pourront obtenir, sans autre forme de procès, les données personnelles des patients et qu’elles pourront les exploiter. Lors d’interviews, plusieurs hôpitaux ont relevé cette demande en totale contradiction avec la législation et les règles élémentaires de protection de la vie privée…

Autre souci majeur: le modèle économique que nombre de start-ups imaginent au départ. Souvent, elles n’ont aucune idée (ou une idée tronquée) de qui va réellement payer pour l’appli ou le dispositif médical. “Cela fragilise leur business model”, souligne Philippe Rangoni.

Birgit Morlion (Commission européenne): “En tant que start-up, vous devez vraiment bien comprendre qui est l’utilisateur final et qui est celui qui va finalement payer. Et ce dernier n’est pas toujours celui qui voit concrètement les avantages de votre solution. Si vous créez une situation win/win pour tous les acteurs, alors votre start-up aura un vrai avantage concurrentiel.”

Pour étayer les résultats de l’étude, Startups.be a interrogé plusieurs observateurs privilégiés du monde de l’e-santé. Beaucoup confirment certains “péchés mignons” ou panneaux (c’est selon…) dans lesquels tombent les porteurs de projets et qui affaiblissent la valeur ou les chances de réussite de leurs idées.

Parmi elles, Birgit Morlion, chef de projet Mobile Health à la Commission européenne: “On rencontre souvent en Belgique des start-ups early stage qui supposent que leur produit sera financé par le gouvernement. […] En tant que start-up, vous devez vraiment bien comprendre qui est l’utilisateur final et qui est celui qui va finalement payer. Ce dernier n’est pas toujours celui qui voit concrètement les avantages de votre solution. Si vous créez une situation win/win pour tous les acteurs, alors votre start-up aura un vrai avantage concurrentiel.”

loupe, écran, rechercheLa mise en garde est similaire du côté de Lara Vigneron, coordinatrice du living lab wallon WeLL: “Nous remarquons souvent que les start-ups n’ont pas une très bonne connaissance du système de santé. Elles commencent par supposer que leur produit sera remboursé par les organisations d’assurance-maladie, publiques ou privées. Ce n’est souvent pas le cas. Vous avez vraiment besoin d’une connaissance approfondie du système avant de développer votre business model convenablement.”

Même écho aussi du côté des hôpitaux. “Un manque de coopération entre la start-up et l’hôpital est un facteur d’échec du projet-pilote, dû principalement au manque de connaissance dans le chef de la start-up du fonctionnement de l’hôpital”, déclare Anne-Sophie Marsin, directrice de la stratégie et du développement aux Cliniques universitaires Saint-Luc. “Ce que nous voyons souvent, ce sont des start-ups avec des projets sexy, mais qui ne répondent pas à des problèmes réels.

[…] Nous observons que les start-ups n’ont souvent aucune connaissance des règles de protection de la vie privée, pour ne pas parler du GDPR [nouveau règlement européen]. Nous avons souvent dû refuser des projets qui transgressaient ces règles.

[…] Les start-ups ont une connaissance médiocre du système belge de santé, ce qui signifie que leur business model n’est souvent pas soutenable.”

Trois grands défis

cible, flèche, ciblagePar ordre décroissant, les start-ups ayant répondu à l’enquête (pour rappel, elles sont au nombre de 29) ont largement pointé l’acquisition de clients (48% des réponses), loin devant l’obtention de financements (24%) et le recrutement de talents (19%), comme principal défi à relever.

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