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NaDI (Namur Digital Institute): un institut de recherche en ICT/numérique pluridisciplinaire

Portrait
Par · 19/03/2018
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Avec quelques mois de retard sur le planning initial, l’UNamur a porté, en février, un nouveau centre d’expertise du numérique sur le fonds baptismaux. Ou, plus exactement, un institut qui regroupe cinq centres de recherche préexistants. Au total, le “pool” de chercheurs atteint le chiffre de 150 personnes.

Le NaDI (Namur Digital Institute), c’est donc la coalition des centres:

  • CRIDS (Centre de Recherche Informatique, Droit et Société): droit de l’Internet, vie privée, sécurité, IA, propriété intellectuelle, e-commerce, nouveaux usages, littéracie numérique
  • PreCISE (Research Center on Information Systems Engineering): ingénierie, gestion des systèmes d’information (ingénierie des exigences ou “requirements engineering”, modèles de données, évolution des systèmes d’information, qualité, stratégie informatique)
  • Focus (Foundations of Computer Sciences): fondements de l’informatique (programmation logique, langages et modèles, analyse de programmes, tests, aide à la décision)
  • CeRCLe (Centre de Recherche sur la Consommation et les Loisirs): nouveaux modes de consommation B2C dans une multitude de secteurs, marketing numérique, co-création de services…
  • CIRCé (Creativity and Innovation Research Center): gestion de la créativité et de l’innovation (sous toutes ses formes: IT, services, innovation ouverte et participative, co-création, leadership de la créativité…

Ces cinq centres ne disparaissent pas pour autant – “leur autonomie est préservée”. Ils continueront d’opérer de leur côté, tous les projets ne nécessitant pas forcément le croisement et le jumelage de toutes les compétences. Mais ces cinq centres préexistants mettent à disposition, délèguent et mettent en commun, au gré des besoins des projets de recherche, leurs ressources (chercheurs). La mutualisation des moyens se fera aussi, mais à moindre échelle, en termes de logistique et de moyens administratifs (avec sollicitation de secrétaires ou gestionnaires de contrat), histoire d’utiliser au mieux les moyens financiers.

A noter que le NaDI espère collaborer également, de manière plus ponctuelle, avec des chercheurs venus d’autres instituts de l’UNamur. Par exemple l’institut Narilis, spécialisé en e-santé, ou le Naxys, spécialiste de la modélisation et de l’exploitation du big data.

Un duo à la direction

Jean-Marie Jacquet et Yves Poullet, co-directeurs de l’Institut NaDI.

La direction du NaDI sera assumée collégialement par Yves Poullet, ancien recteur de l’UNamur et par ailleurs fondateur et pendant 31 ans directeur du CRID(S), et par Jean-Marie Jacquet, professeur à l’Institut d’informatique de l’UNamur et membre du centre de recherche Focus (Foundations of Computer Sciences).

Un comité consultatif est en cours de constitution, qui réunira les directeurs des cinq centres de recherche participants. Il sera chargé de rendre des avis, de se prononcer sur les orientations du NaDI, d’en étendre le rayonnement jusque dans le monde des entreprises (notamment) afin de susciter des propositions de projets de recherche.

Objectif: davantage de pluridisciplinarité

C’était déjà une marque de fabrique que ne manque jamais de revendiquer et de souligner l’UNamur: les thèmes et problématiques qu’abordent ses chercheurs et les projets portés font le plus possible intervenir différentes disciplines, dont on croise les regards et les expertises. Droit, sociologie, sciences informatiques, gestion, éthique…

L’institut NaDI a pour vocation d’amplifier encore cet effet de recherche pluridisciplinaire. Une approche dont l’UNamur veut faire un argument de différenciation. “C’est une spécificité que l’on ne retrouve pas en Belgique francophone et même rarement au niveau européen”, estime Jean-Marie Jacquet.

Le raisonnement tenu par l’UNamur est le suivant: la révolution numérique qui touche tous les secteurs et tous les pans de notre quotidien (santé, éducation, relations avec les services publics, transport, vie en société, environnement, collecte et protection des données…) fait surgir de nouveaux défis sociétaux.

“Le principe est de faire circuler le plus possible l’information entre les centres, de rendre les projets de recherche les plus complets possible dans leur approche pluridisciplinaire du sujet concerné et, si possible, de lancer des projets communs [entre plusieurs centres de recherche]”, souligne Yves Poullet.

 

“La tendance actuelle est à la sur-spécialisation de la recherche alors que, dans le même temps, un vaste éventail de disciplines, allant de la science et de la technologie jusqu’aux sciences humaines, est nécessaire pour apporter une réponse innovante et créative aux problèmes sociétaux.”

 

Les exemples de sujets et thèmes de recherche où peuvent se croiser des expertises variées sont nombreux: depuis l’Internet des Objets jusqu’à la technologie blockchain (légalité, vérification d’authenticité, sécurité, impact environnemental et économique…), en passant par l’e-tourisme, la mutation numérique de l’enseignement, l’économie participative (dimensions vie privée, sécurité, nouveaux modes de consommation, marketing B2C, co-création de services…), la participation citoyenne, la cybercriminalité…

“Au niveau européen, on estime de plus en plus important de faire intervenir de multiples dimensions – technologique, éthique, juridique, philosophique, sociologique… dans le cadre de projets technologiques”, déclare Yves Poullet. “Le NaDI nous confère dès lors une plus-value par rapport aux autres équipes et centres de recherche.”

L’analyse est la même pour des projets qui seraient soumis par des entreprises. Exemple: un projet de recherche pour OncoDNA qui fait notamment intervenir des compétences et angles d’analyse purement technologiques (big data, analyse génétique et génomique), protection de la vie privée, techniques de simplification des modèles, etc.

Des projets venant de diverses sources

L’une des sources les plus porteuses pour les projets dans lesquels le NaDI compte pouvoir s’investir est bien entendu l’Europe (Commission européenne). Un milieu où le CRIDS, essentiellement, est déjà bien introduit et reconnu.

S’y ajoutent d’autres commanditaires tels que la Région wallonne, le FNRS, le programme EOS (Excellence Of Science, initiative conjointe, trans-communautaire, entre le FRS-FNRS et le FWO- Fonds Wetenschappelijk Onderzoek), mais aussi (en très faible minorité jusqu’à présent) les entreprises.

Mutualisation au service de l’enseignement

La mutualisation et la fédération de compétences dans diverses disciplines ne seront pas uniquement mises au service des projets de recherche. Elles devront également profiter aux programmes d’enseignement et de formation continuée que propose l’UNamur. Là aussi, le but est d’injecter davantage de multidisciplinarité dans les contenus des programmes. Ce sera le cas pour différents masters (analyse de données, cybersécurité, architecture transmédia, droit de l’ICT…), pour des options de masters (option gestion de l’informatique pour le master d’ingénieur de gestion, option marketing des services, de l’innovation et de la créativité pour le master en gestion) mais aussi dans le cadre de l’obtention de certificats (protection des données DataSafe, sécurité InfoSafe, gestion des documents et archivage DocSafe).

Six thématiques

Six grandes thématiques ont été choisies comme cadre général. Elles sont la compilation des expériences, spécificités et spécialités des cinq centres de recherche impliqués. A noter, comme le souligne Yves Poullet, que ces axes thématiques seront appelés à évoluer: d’une part, parce que la réalité et les sujets de recherche mutent sans cesse, et d’autre part, parce que la liste des six thématiques est la simple juxtaposition de volontés et souhaits individuels. “Il faudra en arriver à quelque chose de plus inclusif.”

But du NaDI: “encourager et amplifier les collaborations interdisciplinaires des chercheurs des différents instituts existants afin de faire émerger une réflexion plus riche sur quelques grandes thématiques qui traversent le numérique: big data, intelligence artificielle, sécurité et vie privée, économie collaborative…”

 

Mais dans l’état actuel du cadre qui a été défini, les recherches menées par l’institut NaDI s’inscriront dans les six grandes thématiques (fort larges) suivantes:

  • économie collaborative
  • développement de logiciels et systèmes complexes – “depuis l’ingénierie des exigences (requirements engineering) jusqu’à la modélisation, au test et à l’évolution des solutions”
  • intelligence artificielle, robotisation et big data, entre autres les implications et défis que constitue le développement d’agents “intelligents”
  • sécurité, libertés et vie privée
  • technologie et enjeux de société, notamment l’analyse des choix moraux et politiques qu’impliquent la conception de nouveaux systèmes d’information ou encore l’inclusion d’exigences sociales et éthiques dès le stade du développement
  • innovation et transformation de l’industrie des services, couvrant entre autres les méthodes de gestion, les environnements organisationnels de créativité.
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