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La Chaufferie (Val Benoît): futur foyer d’exploration – et maîtrise – des “nouveaux métiers”

Portrait
Par · 21/01/2019
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Maquette du bâtiment La Chaufferie, sur le site du Val Benoît.

“La Chaufferie” (le nom lui vient de son ancienne affectation lorsque le site hébergeait le Laboratoire de thermodynamique de l’ULg couplé à une centrale de chauffage), l’un des bâtiments du site du Val Benoît à Liège, accueillera, lors de sa réhabilitation (d’ici 2020), toute une série d’acteurs directement concernés par les métiers d’avenir et l’impact de la numérisation.

Le bâtiment deviendra ainsi tout à la fois un lieu où se côtoieront et interagiront acteurs de la recherche et de la formation. La Chaufferie servira d’espace-vitrine mais aussi d’espace de découverte et de familiarisation avec les “nouveaux métiers” et les compétences numériques nouvelles qu’ils supposent de maîtriser.

“Il est essentiel de disposer d’un tel lieu où étudiants mais aussi personnes actives peuvent venir observer et découvrir les opportunités et implications de l’évolution ultra-rapide des technologies sur les métiers”, souligne Eric Haubruge, ancien premier vice-recteur de l’ULg et président de l’incubateur des métiers Jobs@Skills.

Imaginer les nouveaux profils

Un espace, ouvert à tout public, sera occupé par la Cité des Métiers, une structure collective impliquant notamment le Forem, l’Ifapme, l’ULg et certaines Hautes Ecoles.

Eric Haubruge décrit ce futur acteur comme un “Incubateur des Compétences et des Métiers”.

Sa mission: “concevoir et construire des démonstrateurs de formations numériques de courte durée (quelques heures ou jours) permettant aux apprenants (étudiants ou personnes actives) d’acquérir de nouvelles compétences, dans tout métier et secteur d’activités potentiel – construction, architecture, gestion de l’eau…”, indique Eric Haubruge.

Source: ULg

Ces formations nouvelles s’appuieront largement sur les nouvelles technologies (MOOC, podcast, simulation, immersion…).

Le développement de ces formations se fera notamment à la demande, sur requête des entreprises. L’idée sera conceptualisée, prototypée, testée en situation réelle pendant une durée relativement courte (un an). “Ce sera une démarche d’incubation, en mode start-up, avec formation et encadrement de formateurs si l’intérêt économique de la méthode se vérifie. A partir de là, la méthode pourra être adoptée par les établissements de formation.”

Le centre de formations Technifutur aura également un pied à terre à La Chaufferie, notamment pour y mener des formations et expérimentations à l’aide de la réalité virtuelle pour la formation des apprenants aux métiers industriels du futur. Cet espace sera en fait le “jumeau numérique” du site traditionnel du centre situé au Sart Tilman.

Un autre plateau du site sera réservé à un espace de démonstration d’outils et techniques d’immersion. On y trouvera également deux “amphithéâtres du futur”, équipés de solutions de collaboration, de téléconférence, d’immersion. Ces amphis serviront aussi bien aux étudiants qu’à des sessions de découverte de nouveaux métiers, ou encore comme labo vivant pour des doctorants ou étudiants préparant leur mémoire de fin d’année.

La réalité virtuelle prend ses quartiers

Parmi les principaux locataires de La Chaufferie, l’ULg qui y déménagera son équipe multidisciplinaire “Teaching with VR” active dans les domaines de la réalité virtuelle, augmentée ou mixte et les technologies de simulation et d’immersion.

Parallèlement, la faculté de médecine de l’ULg (département Santé publique) y déménagera son centre de développement d’outils de simulation dédiés à la médecine. Parmi ces “outils”: la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

S’il y a déjà des interactions et des mises en commun de compétences entre ces deux départements, le réaménagement de La Chaufferie au Val Benoît permettra de réunir, physiquement, les deux équipes afin de constituer un pôle développement encore plus ambitieux “et de mener potentiellement des projets de plus grande envergure, en ce compris à l’échelle européenne, en collaboration avec d’autres acteurs”, souligne Michaël Schyns, directeur des études à HEC et professeur en Management Information Systems. 

Une soixantaine de personnes devraient ainsi se retrouver à la Chaufferie. Parmi elles, des chercheurs, des professeurs, des développeurs (ils sont quatre actuellement au sein de l’équipe Teaching with VR – dont des stagiaires venus de la HE Albert Jacquard de Namur – mais leur nombre pourrait aller jusqu’à dix).

Une seule équipe

Le regroupement des deux équipes permettra par ailleurs d’étendre le registre des activités et des mises en pratique. Les nouveaux environnements de formation développés par le centre de R&D pourront être testés sur place (en ce compris auprès des visiteurs de l’espace Cité des Mériers), avant d’être mis à disposition d’autres acteurs (Cité des Métiers, Hautes Ecoles, organismes de formation tels que Technofutur TIC…).

Pour Isabelle Bragard, chargée de cours au département de Santé publique de la Faculté de médecine de l’ULg, le regroupement permettra aux équipes de HEC (Teaching with VR) et du Centre de Simulation Médicale de mutualiser et d’enrichir mutuellement leurs compétences et approche de la VR. Plusieurs projets et environnement simulés, existants ou futurs, pourraient aussi gagner en ampleur ou fonctionnalités.

Simulation VR du château de Jehay. Source: ULg, Teaching with VR

Elle évoque par exemple, à simple titre d’exemple, l’utilisation que le CHU pourrait faire de l’environnement reconstitué du Château de Jehay (nous en parlerons dans le deuxième volet de cet article, à paraître demain). “On pourrait y greffer un scénario de situation catastrophe pour former les intervenants urgentistes dans un contexte bien réel et très particulier.”

Le monde virtuel créé, pour des finalités initialement touristiques, servent déjà à la formation de futurs architectes par exemple. Voir dans la suite de cet article (à découvrir demain). Il pourrait donc hériter d’un nouveau volet pédagogique, à des fins médicales. Et pas uniquement pour des scénarios catastrophe – incendie ou effondrement, par exemple. Un autre scénario bien moins dramatique pourrait tout simplement être la formation à une intervention en cas de touriste frappé par un malaise…

Dans la suite de cet article, nous évoquerons plus en détails les objectifs et les réalisations de l’équipe Teaching with VR de l’ULg/HEC ainsi que celles du Centre de simulation médicale du département Santé publique de la Faculté de Médecine, qui opère en collaboration avec le CHU de Liège.

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