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Digital BW: davantage de sélectivité pour de meilleurs projets?

Portrait
Par · 12/04/2018
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Lancé en janvier 2017, Digital BW (BW comme Brabant wallon) est un “accélérateur” public de start-ups numériques. Partenaires fondateurs: NivelInvest (via sa filiale Start Up), les deux CEEI brabançons (le CEI de Louvain-la-Neuve et CapInnove de Nivelles) et LeanSquare. Auxquels il faut rajouter, comme chevilles ouvrières actives, l’intercommunale du Brabant wallon, le Forum Mind & Market et la Chambre de Commerce du Brabant wallon.

Après un an, le bilan – en chiffres – est plutôt positif (voir en fin d’article). Les bases mises en place seront donc maintenues et développées plus avant. Avec toutefois quelques zones d’incertitude qui ont essentiellement trait aux moyens, humains et financiers, disponibles.

L’année 2018 est déjà bien entamée mais une indécision persiste en effet sur les moyens financiers qu’octroiera ou non la Région, notamment pour l’organisation de programmes d’accélération (du genre NestUp/Startup Camp).

En 2017, deux programmes d’accélération Startup Camp avaient été organisés, avec la participation active de Digital BW. Les chiffres, en termes de projets participants, étaient satisfaisants (dix projets encadrés lors du Camp de Louvain-la-Neuve, au printemps ; sept lors de l’édition automnale organisée à Nivelles).

La formule a malgré tout montré quelques lacunes et soulevé certains problèmes auxquels les responsables de Digital BW voudraient remédier.

On cherche nouvelle formule…

Les Startup Camps [Ndlr: pour rappel, ces “Camps” furent une nouvelle mouture du programme d’accélération NestUp] ont notamment pour vocation d’aider à une formulation efficace du modèle économique et/ou du scénario technologique d’un projet encore en phase précoce.

C’est également une bonne source de “pépites” et de locataires potentiels pour les CEI auprès desquels ils pourront obtenir conseils et accompagnement. “Le principe de coaching intensif qui est celui des Startup Camps est intéressant”, souligne Céline Lahy, gestionnaire de projets au CEI Cap Innove (Nivelles), “mais tel que mis en oeuvre, le processus souffre de certaines faiblesses.”

A savoir ? Tout d’abord, pas ou peu de sélection en amont lors du dépôt de candidature et description du dossier (ce qui provoque une disparité de degré de maturité et même de thématiques, peu propice à un accompagnement réellement efficace). Ensuite, une durée (minimum 6 semaines mais jusqu’à 3 mois, selon les éditions) qui est longue. “Surtout dans la mesure où elle impose aux participants d’être à pied d’oeuvre tous les jours.” Difficile voire impossible pour une personne ayant déjà un emploi et caressant l’idée d’un projet de consacrer suffisamment de temps. “Les participants furent donc essentiellement des personnes en recherche d’emploi ou en réorientation professionnelle, des indépendants ou des porteurs de projets déjà engagés dans celui-ci.”

Céline Lahy (Cap Innove): “Nous recherchons une nouvelle formule pour les Startup Camps en 2018. Sans doute avec de nouveaux critères de sélection initiale.”

Le manque de réelle sélection initiale “a eu pour conséquence une légèreté de certains projets. Beaucoup en étaient encore simplement au stade de l’idée”, ajoute pour sa part Jean-Marc Simoens, CEO du CEI de Louvain-la-Neuve. “Résultat: leurs instigateurs ont souvent changé d’idée, voire l’ont abandonnée, en cours de programme. Par ailleurs, il y a avait, dans le lot, peu de projets réellement numériques – ce qui est évidemment en porte-à-faux avec la spécificité de Digital BW…”

“Nous recherchons donc une nouvelle formule pour 2018”, reprend Céline Lahy. “Il s’agira sans doute d’appliquer davantage de critères pour la sélection initiale.” En la matière, Digital BW, comme tous ses homologues régionaux, attend que la Région, qui est à la manoeuvre (au travers du programme StartUp Wallonia et son “bras armé” Creative Wallonia Engine), décide de l’orientation et de la “philosophie” de ce programme d’accélération.

Autre élément qui posait problème, en 2017, aux yeux de Digital BW: la charge de travail que représentait ce programme pour ses propres équipes. “Il est impossible pour un CEI, si un coordinateur n’est pas désigné et financé pour ce faire, de monopoliser 6 semaines de son temps. Sans parler de tout le travail à fournir en amont pour démarcher les porteurs de projets, “capter” les projets…”, souligne Céline Lahy.

Une demande de financement pour l’engagement d’un tel coordinateur a été introduite auprès de la Région mais aucune réponse n’a encore été donnée.

Au programme…

En attendant de pouvoir déterminer l’avenir des Startup Camps, les responsables de Digital BW sont bien décidés à étoffer leur programme d’activités en les diversifiant le plus possible. Le menu 2018 inclut dès lors des “master classes”, des participations à d’(éventuels) futurs hackathons, Startup Weekends, Startup Fairs, cafés numériques… 

Le but: tout à la fois renforcer la visibilité, entrer en contact avec des porteurs de projets, les amener vers Digital BW, densifier le réseau de contacts…

Deux activités, menées en collaboration avec LeanSquare, sont devenues des leviers essentiels, en termes de “funnel” et d’animation de l’écosystème de Digital BW. D’une part, les One Hour Challenges. De l’autre, les Master Classes.

Les One Hour Challenges (“OHC” pour les initiés) sont des sessions de pitch au cours desquelles les porteurs de projet, ayant préalablement rempli une fiche descriptive sur le site OHC, viennent exposer, défendre et expliquer leur idée ou solution devant des représentants des CEI et de LeanSquare. “Ces sessions sont essentielles pour juger de la teneur et de la qualité d’un projet et l’orienter vers le mécanisme d’accompagnement ou d’investissement qui lui convient”, souligne Jean-Marc Simoens.

Aucune condition préalable, aucun critère disqualifiant n’étant imposé pour le dépôt de candidature en-ligne, la qualité ou maturité des projets qui se présentent devant ce “jury” sont en effet fort variables. “Si le projet n’est pas mûr, nous prodiguons simplement quelques conseils. S’il présente du potentiel mais n’est pas encore mûr, nous l’orientons vers un CEI. S’il est mûr, on peut envisager de passer à l’étape de financement, via LeanSquare, WING, Digital BW… Voire via NivelInvest si le projet est déjà au stade scale-up.”

En dehors de ce petit exercice d’orientation, “l’avantage d’un OHC est de confronter le porteur de projet à des gens de métier – que ce soit en matière de business ou de financement. Le seul fait pour un porteur de projet, quel que soit son stade d’évolution, de venir à ce genre de session est déjà une bonne démarche pour se faire challenger.”

Les Master Classes, quant à elles, sont des conférences de deux heures, organisées sur des thématiques spécifiques, avec pour orateurs-animateurs, des “coaches expérimentés et reconnus, eux-mêmes entrepreneurs et initiateurs de plusieurs projets de start-ups.”

Pas de conférence ex cathedra mais un travail en groupe réduit (de 12 à 15 personnes), privilégiant les échanges. La Master Class est en outre “préparée”, par le biais d’une vidéo d’introduction “qui propose déjà des pistes de réflexion et qui donne lieu à un exercice de questions-réponses entre le coach et les participants”, souligne Céline Lahy.

Exemples de sujets traités lors des Master Classes 2018: se préparer à l’arrivée du GDPR, prospection de clients, user experience, gamification, stratégie numérique…

Vers une spécialisation ?

Une réflexion a été engagée pour utiliser les moyens, financiers, humains et logistiques, de la manière la plus pertinente et efficace possible. “Maintenir le niveau de qualité des projets reste une priorité, pour ne pas dire une nécessité. Digital BW se doit d’être sélectif dans ses réponses aux demandes de soutien, les moyens humains et financiers de la structure étant limités.”

cible, flèche, ciblageCela passera donc par la définition de “niches”. Lisez: des domaines thématiques sur lesquels concentrer les moyens et actions. Cette spécialisation, si elle se confirme, ne sera pas le fait uniquement de Digital BW. Un exercice à l’échelle de la province du Brabant wallon est à l’oeuvre, initié par la Province, avec la collaboration, notamment, de Cap Innove.

“Douze scénarios de promotion économique ont été prédéfinis. Parmi eux, le numérique. Mais au sein-même du digital, une réflexion similaire est à l’oeuvre pour identifier des “niches”: smart cities, e-learning…”, précise Cécile Lahy.

L’exercice d’analyse engagé vise à mettre en corrélation des “paramètres tels que pôles d’emplois, compétences, projets communaux… Une décision, au niveau de la Province, est attendue en fin d’année.” L’analyse des 12 scénarios initiaux sera confiée à un prestataire externe à la Province (le marché public doit encore être lancé). “Il lui reviendra notamment le soin de préciser les éléments qui devront être mis en oeuvre pour concrétiser les scénarios.”

“Une réflexion est à l’oeuvre pour identifier des “niches” au sein du domaine thématique digital.”

Dans le cadre et en parallèle avec cet exercice d’analyse au niveau de la Province, l’identification des thèmes de spécialisation éventuels de Digital BW doit, elle aussi, encore se faire. Et la décision “dépendra aussi des budgets qu’on pourra obtenir”, souligne Céline Lahy.

Indépendamment (quoique…) de ce qui précède, signalons encore qu’un autre projet est en cours d’analyse. En l’occurrence, la création d’un incubateur numérique dans le Brabant wallon.

Approfondir les synergies

Toujours dans un volonté d’efficacité et le souci de ne pas dupliquer inutilement efforts et organes, Digital BW poursuivra, en 2018, ses activités en s’appuyant largement sur des initiatives pré-existantes et des partenaires du genre LeanSquare ou UStart, l’asbl des étudiants entrepreneurs de l’UCL.

Côté LeanSquare, le principe des One Hour Challenges est donc reconduit. En quoi la collaboration avec LeanSquare est-elle importante pour Digital BW? “Cela se fait dans un optique de cohérence. Le fait que NivelInvest soit entré au capital de LeanSquare [Ndlr: en février 2017] et siège à son conseil d’administration ainsi qu’au comité de sélection permet d’effectuer une bonne veille sur les nombreux projets qui les sollicitent”, déclare Pierre de Waha, gestionnaire d’investissements chez NivelInvest.

“La collaboration garantit également une bonne cohérence par rapport aux dossiers d’investissement du fonds W.IN.G. Et cela nous permet de faire notre propre apprentissage de la gestion de dossiers numériques, de bénéficier de leur expertise en matière d’investissement dans le numérique.”

UStart, pour sa part, sera le partenaire d’autres activités et événements (décidés ou potentiels) tels qu’un Startup Weekend ou un hackathon thématique.

Autre partenaire: le Forum Mind and Market, piloté par Jean-Marc Simoens. Ce Forum joue deux rôles par rapport à Digital BW: un canal de “recrutement” de start-ups et un moyen pour les porteurs de projet de se faire challenger par une série de professionnels (aux profils multiples).

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La première année de Digital BW en chiffres

Apport de financement

18 start-ups (co-)financées par Digital BW. Le principe étant que l’accélérateur intervient à hauteur de 50% dans le financement, en collaboration avec le fonds public W.IN.G. Hauteur de l’investissement de Digital BW: de 25.000 à 250.000 euros. Pour la plupart, il s’agit de prises de participation au capital, avec une minorité d’interventions sous forme de prêt convertible.

Total investi (ou décidé) par Digital BW pour l’année 2017: 670.000 euros.

13 de ces 18 interventions furent de nouveaux dossiers. Les 5 autres avaient déjà reçu un financement de W.IN.G.

8 des 18 start-ups ont en outre bénéficié d’un accompagnement par les CEEI.

En 2018, 4 investissements ont déjà été décidés, pour un montant de 438.000 euros. Les capitaux n’ayant pas encore été attribués, Digital BW n’en dévoilent pas le nom des destinataires à l’heure actuelle. 

One Hour Challenges: 50 projets ont participé à ces sessions. 12 ont bénéficié d’un accompagnement et 2 d’un financement.

Master Classes: 11 conférences organisées en 2017 (introduction au financement, expérience client, Start-up Metric, gamification, réussir son crowdfunding…). Pour 2018, 14 Master Classes sont planifiées et se tiendront pour partie à Louvain-la-Neuve, pour partie à Nivelles.  [ Retour au texte ]

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