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Digital Attraxion: les premiers pas d’un nouvel accélérateur

Portrait
Par · 17/03/2017
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L’accélérateur de start-ups orientées numérique et nouvelle économie hennuyer Digital Attraxion sera officiellement inauguré à la mi-avril. Nous avions déjà eu l’occasion de présenter, dans les grandes lignes, son positionnement et sa raison d’être en septembre dernier. Relire notre article.

Que s’est-il passé depuis sa création effective? Qui est à la barre? Quelles start-ups peuvent postuler? Que peuvent-elles espérer? Où en sont les dossiers de candidature? Nous avons rencontré les deux personnes qui en ont pris les rênes. A savoir: Guillaume Béland et Denys Bornauw (voir leur brève bio en fin d’article).

L’accélérateur s’est trouvé un pilote – ou plus exactement un duo de pilotes. En l’occurrence, Guillaume Béland, qui officie en tant que directeur, et Denys Bornauw, nommé corporate relationship director.

Local et un rien exotique

Guillaume Béland en étonnera plus d’un dans la région avec son accent – joyeusement québécois. Il a travaillé pendant plusieurs années chez Impulse (l’ancienne Agence Bruxelloise de l’Entreprise) où il officiait en qualité de conseiller. Pourquoi avoir choisi ce profil somme toute atypique et exogène pour piloter l’accélérateur hennuyer? Le passé de Guillaume Béland dans l’accompagnement des jeunes entreprises (au sein du cluster Software.brussels notamment) mais aussi son profil d’entrepreneur (il a lui-même, à son actif, plusieurs projets) et ses liens avec l’international (qui sait?) ont joué un rôle majeur aux yeux du comité de sélection.

Il aura désormais pour charge de sélectionner les coachs, d’animer leur petite communauté, d’épauler les start-ups accompagnées, de déterminer les axes d’intervention et la philosophie globale de la méthode d’accélération.

Il lui manquait toutefois la connaissance du “biotope” local. D’où l’idée de le faire seconder par Denys Bornauw, consultant montois, ex-Nethys, qui connaît davantage l’écosystème et peut, de surcroît, jeter des ponts vers les (grandes) entreprises.

Equipe en constitution

Pour le reste, l’équipe de Digital Attraxion sera à la fois restreinte et en partie virtuelle. Outre son rôle “corporate relationship”, Denys Bornauw assumera aussi les fonctions de coordinateur local pour la région de Mons-La Louvière. A ce titre, il fera le lien entre l’accélérateur et les start-ups de la région.

Deux autres 2 coordinateurs locaux, employés à temps partiel, couvriront respectivement les zones de Charleroi et de Tournai. Celui de Charleroi est connu. Il s’agit de Mathieu Demaré, par ailleurs directeur IT et administratif chez Technofutur TIC, qui consacrera un jour par semaine à l’accélérateur.

Tournai, pour sa part, se cherche encore son coordinateur qui officiera 4 jours par semaine. Le 5ème, il s’occupera de l’espace de coworking Negundo. Profil recherché? “Quelqu’un de local, ayant une bonne connaissance des acteurs de terrain, connu et/ou reconnu dans l’écosystème local (ou celui des start-ups locales).”

Par ailleurs, l’équipe qui encadrera et “accélérera” les start-ups devra bien évidemment comporter des coachs et des “experts”, aptes à les aider et guider. Cette équipe est actuellement en cours de constitution.

Une vingtaine de coachs devraient être choisis dans le “portefeuille” que propose l’écosystème local ou la communauté Creative Wallonia Engine. “Ils auront, dans la mesure du possible, un profil d’entrepreneur, devront maîtriser la méthode lean startup, avoir la culture des métriques et du suivi de projet afin de garantir une évaluation constante de l’entreprise, des objectifs…”

A noter encore que pour l’animation de la community, Digital Attraxion s’appuie sur Julie Cruyt, du BetaGroup.

Le rôle de l’accélérateur

Digital Attraxion a pour raison d’être de combler une lacune dans le paysage hennuyer de l’accompagnement des jeunes entreprises. Une lacune qui se définissait en termes de compétences à l’encadrement de projets numériques mais aussi de maillon entre les acteurs du type CEI (centres d’entreprise et d’innovation) et l’“étage” des invests.

Les start-ups, en d’autres termes, ne trouvaient pas chaussure à leur pied, dans le Hainaut, en termes de sources de conseils, d’accompagnement, d’assistance stratégique, de financement de croissance…

Guillaume Béland (à g.) et Denys Bornauw: “Digital Attraxion est là pour coordonner les actions, rendre le territoire plus attractif”.

“Digital Attraxion est là pour coordonner les actions, rendre le territoire plus attractif”, souligne Denys Bornauw. “L’idée n’est pas de créer une structure de plus mais au contraire de clarifier le paysage, d’ajouter une pièce manquante.

 

En amont, nous aiderons les acteurs locaux de l’accompagnement des entreprises et du développement économique, tels que les CEI Héraclès ou Maison de l’Entreprise, ou Entreprendre Wapi, à mieux cerner leurs projets numériques et à valider la valeur numérique des projets.

En aval, nous ferons le lien vers la première levée de fonds auprès des invests, après avoir validé la traction client. Nous serons, en quelque sorte, un partenaire de confiance pour les invests qui sauront que les start-ups passées par l’accélérateur représentent des dossiers valables. Le lien avec les invests est d’ailleurs étroit puisqu’elles siègent aux comités de sélection, d’investissement et de suivi.”

Le but est de mieux “mailler” l’écosystème, de relayer ou mutualiser certains dispositifs existants, “de faire en sorte que les start-ups ne perdent plus de temps à se faire renvoyer d’un acteur à l’autre.”

Au-delà, bien entendu, le but est de leur apporter une valeur ajoutée immédiate sous forme d’accompagnement et de coaching. Le programme d’encadrement durera de 3 à 12 mois, avec mise à disposition d’un coach dédié, au profil spécialisé, qui veille à ce que la start-up puisse trouver les experts dont elle a besoin pour progresser.

Cherche start-ups adolescentes

Qui peut postuler pour bénéficier du programme de Digital Attraxion? Le statut d’“accélérateur” implique que la jeune pousse ait déjà franchi quelques étapes et soit une structure, un projet relativement mûr. “Les critères de sélection sont assez sévères”, confirme Guillaume Béland, “parce qu’il n’est pas question de rendre les choses plus faciles mais, au contraire, de rendre service à l’écosystème, de le bonifier.”

Pas question non plus de “saupoudrer” l’aide (financière notamment). L’accélérateur propose donc un coach dédié (qui consacre au minimum une demi-journée par semaine à la start-up), une assistance à l’analyse et investigation marketing et clientèle, et un financement qui pourra aller jusqu’à 100.000 euros (au-delà, ce seront les invests qui prendront le relais). Le financement pourra se faire sous forme d’avance (prêt convertible subordonné), de financement pur ou de prise de participation.

Quelles “qualités” les start-ups candidates doivent-elles prouver pour espérer être sélectionnées? Voici ce qu’en dit Guillaume Béland. “Le projet de la start-up doit avoir clairement identifié la problématique client et répondre à cette problématique. La jeune pousse doit apporter la preuve de son potentiel de croissance, reproductible, et d’un modèle de revenus récurrent, qui n’impose pas de développer de nouveaux produits ou services pour assurer sa croissance.”

Autrement dit: une solution qui n’est pas “scalable” sans nouveau développement ne trouvera pas grâce aux yeux du comité de sélection, “parce que c’est là un facteur bloquant dans le processus de développement de la société”, explique Guillaume Béland.

Autre exigence: “déjà disposer d’un environnement client, ou, à tout le moins, d’une relation avec un client auprès duquel il sera possible de tester le produit ou service et sa traction.”

L’équipe, elle aussi, devra convaincre pour pouvoir être retenue. “Il faut y retrouver trois profils: hacker, hustler et hipster.”

Hacker? Un passionné de technologie et de numérique, sans aller forcément jusqu’au génie pur, mais qui voit l’utilité ultime de l’idée et la manière de la concrétiser.

Hustler? Un battant, quelqu’un qui déborde de dynamisme, qui impressionne par son aura. Il allie “vision”; sens du pragmatisme et souci de la rentabilité.

Hipster? Un profil qui marie sens du design, du génie créatif, de l’esthétique, de l’efficacité de l’expérience client. C’est lui qui doit veiller à ce que le produit, le service soit “hip”, “cool”.

“C’est le noyau dur indispensable, éventuellement concentré dans une ou deux personnes. Trop souvent, une start-up ne dispose pas d’un hacker. D’une manière générale, ces trois profils sont nécessaires, notamment pour que la société ait la capacité d’attirer d’autres talents”, estime Guillaume Béland.

Dernier point majeur auquel la start-up candidate devra (idéalement) satisfaire: afficher une structure de coûts qui soit lean. “On vérifiera par exemple si les investissements consentis jusqu’à présent sont en corrélation directe avec le produit que voudra réellement le client, que la société n’est pas en mode surconsommation de fonds…”

Objectif: 20 dossiers par an

Parmi la bonne vingtaine de dossiers qu’avaient reçus les trois invests fondatrices, sans pouvoir apporter de réponse et qu’elles ont donc relayés vers la nouvelle structure, 11 ont été retenus pour une première salve d’analyse et d’éventuelle sélection. Une start-up a d’ores et déjà reçu le feu vert. Il s’agit d’Acas Technologies, de La Louvière, qui a développé une appli pour bracelet connecté destiné aux enfants.

Deux autres devraient lui emboîter le pas incessamment sous peu. A noter que les candidatures peuvent désormais se faire directement via le site de l’accélérateur.

“En régime de croisière”, ajoute Denys Bornauw, “nous espérons accélérer environ 20 start-ups chaque année”, en réalisant, si possible, un équilibre géographique entre les trois sous-régions hennuyères (Mons, Charleroi, Tournai) mais en accueillant aussi des start-ups venues d’autres territoires – désireuses de s’implanter ou d’étendre leurs activités au Hainaut.


Digital Attraxion

Partenaires: Sambinvest, WAPinvest (ex-HoccInvest Fonds Spin-off/Spin-out), IMBC Spinnova, centre Héraclès, CEI La Maison de l’Entreprise, i-Tech Incubator, intercommunale IDEA, Entreprendre WAPI, Microsoft Innovation Center (MIC)

Capital de départ: 1,662 million d’euros. Chaque invest a mis 500.000 euros sur la table. Certains des autres opérateurs ont injecté de 25 à 50.000 euros.

Une première augmentation de capital a été effectuée, avec arrivée de nouveaux acteurs. A savoir: Multitel, Cenaero, le fonds public WING, l’intercommunale Igretec, et la Fondation wartoise.

Un troisième tour de table est d’ores et déjà prévu, mais pas à courte échéance. Il permettra d’ouvrir le capital à des entreprises commerciales ou industrielles.

Bio-minute

Guillaume Béland est Québécois mais travaille en Belgique depuis déjà plusieurs années. Il a travaillé pendant près de 4 ans pour Impulse, l’ancienne Agence Bruxelloise pour l’Entreprise. Il y fut tout d’abord conseiller IT, opérant dans le cadre du cluster Software.brussels avant de devenir conseiller pour l’autre cluster bruxellois Screen.brussels.

Détenteur d’un bac en entrepreneuriat de l’université de Laval et d’une maîtrise en Relations et affaires internationales de l’Université de Montréal, il cultive des affinités avec le monde des start-ups depuis quelques années. Il est l’un des fondateurs (et toujours le directeur opérationnel) de Superlink Labs, une société bruxelloise spécialisée dans le développement d’applications de réalité virtuelle.

Denys Bornauw, lui, est Belge et hennuyer. Consultant IT indépendant, il avait rejoint les rangs de Nethys en octobre 2013, tout d’abord comme directeur de produits B2B pour Voo avant de devenir responsable de programme Innovation et Nouvelles technologies pour Nethys en juin 2015.

Par le passé, son parcours l’a vu passer par des sociétés telles que Strategor, Projenor et Approach. [ Retour au texte ]

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