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Xperthis-InfoHos: les deux CEO s’expliquent sur le rapprochement en cours

Interview
Par · 13/02/2020
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Xperthis et InfoHos, deux sociétés positionnées sur le terrain des solutions de gestion (e-)santé – l’une d’origine francophone, l’autre néerlandophone -, annonçaient récemment leur “rapprochement”. Elles se donnent un an pour préciser le scénario, tant en termes de structure opérationnelle (ira-t-on jusqu’à la fusion?) qu’en ce qui concerne le catalogue de solutions (via tri des redondances, identification des complémentarités, migration, intégration, redéveloppements…?).

Interview croisée des deux CEO, Melchior Wathelet, côté Xperthis, et Jan Polet, côté InfoHos Solutions.

Pourquoi un tel “rapprochement”?

Quelles raisons, peu ou prou impératives, justifient ce “rapprochement”? La recherche d’une taille critique? La volonté de faire faire cause commune plutôt que de se concurrencer sur le terrain? 

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Les arguments qu’avancent les deux dirigeants sont surtout ceux liés à la constitution des réseaux hospitaliers, en Belgique, et l’importante évolution (fonctionnelle et technologique) du DPI et autres solutions déployées par les hôpitaux.

Melchior Wathelet (Xperthis): “Le rapprochement nous donne des capacités supplémentaires pour opérer de manière plus organisée et pour mieux pouvoir faire face aux défis futurs.”

Melchior Wathelet: “DPI, gestion de la comptabilité, de la facturation, business intelligence sont autant de solutions qui vont fortement évoluer au cours de ces prochaines années. Il nous faut donc suivre cette évolution. Et nous pouvons mieux le faire à deux que chacun de notre côté.

Le rapprochement nous donne des capacités supplémentaires pour opérer de manière plus organisée et pour mieux pouvoir faire face aux défis futurs. Le DPI, par exemple, n’est pas quelque chose de statique. Et il vaut mieux pouvoir aborder son évolution avec des équipes renforcées. Qui plus est, avec un partenaire connaissant bien le secteur hospitalier.”

Comment la perspective de la constitution de réseaux hospitaliers dans notre pays peut-elle expliquer la décision de rapprochement? “Le regroupement implique que le marché est plus restreint”, déclare Melchior Wathelet. “Il y a donc une nécessité, côté fournisseurs, d’atteindre une taille critique notamment face aux concurrents étrangers.”

Jan Polet, lui aussi, invoque le besoin des fournisseurs de “changer d’échelle et de se professionnaliser, à l’image de ce qui est à l’oeuvre du côté des hôpitaux. Nous n’avons pas d’autre solution pour relever les défis futurs et devenir plus résilient”. Ajoutant qu’il y a trop d’acteurs sur le marché belge et qu’un jumelage est donc nécessaire.

Jan Polet (InfoHos): “Nos complémentarités sont bien réelles, en termes de produits, de géographies et d’expertise.”

 

“L’évolution des solutions de gestion des soins de santé exige d’importants investissements si on veut en faire des solutions de pointe. Ce n’est pas possible en le faisant seul. Il faut avoir suffisamment de moyens financiers, de clients et de personnel.” 

Contrairement à Melchior Wathelet, il n’évoque pas particulièrement la menace d’acteurs venus de l’étranger: “Ils sont surtout présents avec des applications de gestion des soins. Nous disposons, en plus, de solutions de gestion financière, administrative, logistique… On les voit moins dans ces domaines.”

Les “complémentarités”

Les deux sociétés déclarent en choeur avoir trouvé en l’autre une société au profil sensiblement semblable. Non seulement en termes de marché-cible mais aussi par exemple en termes d’ancrage belgo-belge et d’“adn”. “Les deux sociétés s’inscrivent dans une dynamique à long terme. Nos actionnaires respectifs ont une vision long terme, plus industrielle que financière.”

Autrement dit: la recherche d’une plus grande envergure s’avère plus vertueuse que de s’allier ou de s’adosser à un acteur au profil plus divergent.

Jan Polet (InfoHos): “Nous n’investissons pas beaucoup dans le domaine du DPI dans la mesure où de nombreux hôpitaux flamands utilisent la solution développée par l’UZ Leuven…”

La complémentarité est également revendiquée en termes de solutions figurant au catalogue – même s’il y a des chevauchements, voire certaines redondances qui devront être démêlées au cours de l’année que les deux sociétés se donnent pour définir la forme finale de leur rapprochement.

Melchior Wathelet: “Nos présences respectives, dans les hôpitaux, est à géométrie variable avec des produits complémentaires. Nous sommes souvent présents dans les mêmes hôpitaux mais pas avec les mêmes produits. InfoHos est très présent du côté gestion des pharmacies. Xperthis est plus dominant avec son DPI sur le marché francophone. Nous sommes présents en première ligne. InfoHos ne l’est pas. A contrario, ils disposent d’une solution de gestion des ressources humaines, ce qui n’est pas le cas chez Xperthis.”

D’une manière générale, la recherche de complémentarité se justifie beaucoup moins, selon les deux dirigeants, par des raisons de présence géographique: “InfoHos dispose certes d’une base de clientèle plus importante en Flandre mais il est implanté partout avec sa solution de gestion de pharmacie”, souligne Melchior Wathelet. “De notre côté, la situation varie selon la nature de nos produits. Notre DPI est surtout déployé du côté francophone mais la tarfac (tarification-facturation) est plus répandue en Flandre.”

Jan Polet confirme cette analyse: “Nous disposons d’une plus grande part de marché du côté de la solution de gestion de pharmacie. Côté DPI, nous avons une certaine présence en Flandre mais moins importante et nous n’investissons pas beaucoup dans ce domaine dans la mesure où de nombreux hôpitaux flamands utilisent la solution développée par l’UZ Leuven…”

Quels sont dès lors les pôles prioritaires d’investissement ou d’intérêt d’InfoHos, dans l’état actuel des choses? Jan Polet cite, dans l’ordre, la gestion de pharmacie, la BI et la tarfac. Et, en termes plus purement technologiques, le développement de l’environnement de gestion, l’interface utilisateur, la sécurité, la confidentialité des données et les certifications (ISO…).

Un avenir qui se cherche un visage

Quelle forme (opérationnelle et juridique) prendra réellement le “rapprochement” annoncé? Trop tôt pour le dire. Ce sera l’une des décisions à prendre pendant l’année qui vient.

De même, côté produits – remplacement, migration, intégration, combinaison… -, les deux sociétés disent se donner le temps de l’analyse, “sans tabous”, “de manière constructive et inclusive, en faisant étroitement travailler nos équipes”.

“Chaque domaine sera examiné. Là où nous sommes présents tous les deux, nous étudierons comment le produit se compare à l’autre”, déclare Jan Polet, sans entrer dans plus de détails.

“Le but n’est pas de garder deux produits similaires mais cela ne veut pas dire a priori qu’il n’y aura jamais qu’un seul produit [conservé au catalogue, par thématique]. Il se peut par exemple qu’un produit soit positionné davantage en haut de gamme, pour répondre aux besoins d’un hôpital de plus grande taille, alors que son homologue plus petit et moins cher vise davantage les petits et moyens hôpitaux…

“Le plus important est de choisir une base solide pour l’avenir”, insiste Melchior Wathelet.

Concrètement, les deux sociétés organiseront le travail conjoint de leurs équipes, par thématique, “avec un comité de direction commun pour arbitrer les choix.”

Et pendant ce temps, les hôpitaux attendent?

Cela ne va-t-il pas être difficile d’expliquer aux clients qu’ils doivent encore patienter un an avant de connaître la voie qui sera choisie? Ne vont-ils pas perdre patience après avoir dû, du côté d’Xperthis, attendre que la société scénarise par exemple la nouvelle génération de son DPI après les acquisitions de MIMS et de Ciges?

Melchior Wathelet: “L’évolution qu’a réalisée Xperthis à ce jour [suite à ces deux acquisitions] a permis de fédérer des produits fondamentaux dont la durée de vie aurait été délicate s’ils avaient continué en solo. Tous les efforts qui ont été accomplis au niveau de notre DPI servent aussi de cadre de discussion avec InfoHos.”

Melchior Wathelet (Xperthis): ““Nous avons nos roadmaps respectives, qui restent valables en l’état. Il n’est pas du tout question de “geler” les produits.”

 

Jan Polet: “Les hôpitaux ne sont pas demandeurs, loin s’en faut, de grands changements rapides. Au contraire, ils préfèrent effectuer leurs choix de manière posée. De notre côté, nous mettrons tout en oeuvre et nous prendrons le temps nécessaire pour qu’ils puissent se préparer à tout changement. Toute évolution sera précédée d’une concertation avec les hôpitaux. Nous continuerons, comme par le passé, à effectuer nos développements en étroite collaboration avec eux.”

Dernière chose: année de réflexion ne signifie toutefois pas que les offres respectives soient gelées. “Nous avons nos roadmaps respectives, qui restent valables en l’état”, promet Melchior Wathelet. “Il n’est pas du tout question de “geler” les produits. Nous venons d’annoncer une nouvelle version de notre ERP. De même, la nouvelle version du DPI Xperthis Care est dévoilée en cette mi-février.

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