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L’export wallon: mieux aligner les initiatives privées, régionales et européennes

Hors-cadre
Par · 05/04/2019
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Depuis l’automne dernier, l’AWEX s’est vu confier une nouvelle mission, prenant le relais de l’AEI (Agence pour l’Entreprise et l’Innovation) qui, à peine créée sous l’ancien gouvernement wallon, avait été abrogée par la nouvelle majorité.

Cette mission porte sur une coordination plus efficace des actions menées par les différents relais locaux du réseau EEN (Enterprise Europe Network) que sont par exemple le BEP, Cap Innove, SPI, la CCI Luxembourg, Idelux, ULg Interface, Hainaut Développement, Heracles ou encore Innovatech. Pour rappel, le réseau EEN, financé par l’Europe, procure une série de services aux petites entreprises (PME et start-ups) dans leurs démarches et recherches de partenariats et d’activités en dehors de leurs frontières.

Lors des foires, salons ou missions à l’étranger, le réseau EEN et ses relais locaux ont par exemple coutume d’organiser des rencontres d’affaires individualisées. Ce fut par exemple à nouveau le cas lors de la Hannover Messe en ce début avril. Voir plus loin dans cet article.

Le fait que des activités de réseautage d’entreprises se retrouvent placées sous la responsabilité de l’AWEX est le signe que davantage de coordination est considérée comme nécessaire entre les aides au fonctionnement des entreprises, d’une part, et le commerce extérieur “institutionnel”, de l’autre.

Eviter redondances et dispersion

“Les relais locaux sont assez variés en nature. Il peut tout aussi bien s’agir de chambres de commerce, d’universités, d’associations sectorielles, de centres technologiques”, explique Vincent Van Breusegem, chargé, à l’AWEX, de coordonner les acteurs locaux membres du réseau EEN.

“Chacun des relais locaux a sa propre stratégie. Le but est de les aligner afin de mettre en oeuvre une stratégie commune. On constate par ailleurs une tendance forte à voir les agences à l’exportation, dans divers pays, rejoindre le réseau pour améliorer la complémentarité entreprises-commerce international et éviter les redondances dans les actions menées par ces agences et les relais locaux du réseau EEN.”

Aux yeux de Pascale Delcomminette, administratrice générale de l’AWEX, c’est aussi le moyen de “démultiplier l’impact que l’Agence a à l’étranger. Nous sommes d’ailleurs engagés dans une réflexion afin de mieux organiser la coordination avec les opérateurs locaux en vue de la programmation 2021 et, ainsi, de mieux financer des projets répondant aux indications et directions que voudrait donner l’Europe. En l’occurrence, une prestation de services plus intégrée, au bénéfice des entreprises.”

A traduire par? “Jusqu’ici, les actions sont encore très ponctuelles: une société pose une question, on y répond. Il faut davantage s’inscrire dans la durée.”

Pour ce faire, l’AWEX aura notamment recours à certains outils et méthodes d’évaluation des actions imaginés par le réseau EEN. “Il a recours à des indicateurs de résultats. Par exemple, pour mesurer concrètement la création de partenariats”, explique Vincent Van Breusegem. “Leur outil “achievement”, par exemple, est un important indicateur en ce sens qu’il permet d’évaluer l’impact potentiel qu’une entreprise attend d’une action à l’international: progression du chiffre d’affaires, développement d’un produit, accès à un nouveau marché…

Au niveau purement local, voire individuel [entreprise par entreprise], ce genre d’indicateur n’est guère révélateur. Par contre, il devient intéressant quand on prend la dimension d’une région ou d’une zone entière, par exemple pour analyser l’impact au niveau de toutes les PME d’un même secteur supportées par le réseau EEN…”

Revenons un instant au niveau wallon. Pascale Delcomminette souligne que l’effort de plus grande cohérence impliquera aussi un travail d’alignement avec les actions d’autres organismes wallons tels que la Sogepa, la Sowalfin, la DGO6… Le but est que chacun serve désormais de guichet [point de contact] unique, relayant vers ses homologues, pour éviter à l’entreprise de devoir sonner à de multiples portes. “Dès le premier contact, chacun doit pouvoir donner au demandeur une vision holistique et le réorienter vers n’importe quel autre acteur”. Et, ajoute encore Pascale Delcomminette, chacun doit aussi exploiter l’ensemble des outils existants. “Il est par exemple inutile de démultiplier les outils de diagnostic de maturité. Le partage des outils doit prévaloir…”

Un effort aussi au niveau trans-national

Le besoin de plus grande cohérence et coordination est aussi ressenti au niveau trans-national. “Le réseautage entre agences européennes à l’exportation peut être amélioré.” Alors que le privé a déjà créé des structures-chapiteau internationales, ce n’est pas encore le cas du côté des agences publiques à l’export. Mais une nouvelle structure, baptisée ETPO (European Trade Promotion Organization) est en passe de voir le jour. “Une coordination existe déjà au niveau de la Grande Région mais il s’agit d’étendre cela à l’échelle de l’Europe. Une réunion se tiendra à l’automne en Belgique pour formaliser l’initiative.” Parmi les premiers adhérents de cette nouvelle structure: la Wallonie (Awex) ou encore la Catalogne (Accio).

L’édition 2019 de la méga-foire Hannover Messe, était placée sous le signe de l’avenir technologique de l’industrie (matricule 4.0), avec sa kyrielle de solutions de collecte automatique de données, d’intelligence artificielle, de connectivités en tous genres, de processus automatisés, robotisés, augmentés, virtualisés…

23 participants wallons à la Hannover Messe

Comme à son habitude, l’AWEX avait réservé un stand commun Belgique-wallonia.be où créchaient une vingtaine d’acteurs.

Parmi eux, quelques sociétés telles Pepite, Atheris Services ou Performance for Assets (toutes trois actives dans l’analytique, en ce compris pour son application à l’IoT), deux start-ups que Digital Attraxion avait emmenées à la Foire (Altheria Solutions et Bloc0), ou encore la jeune spin-off VOCsens de l’UCLouvain, spécialisée dans la micro-électronique pour solutions multi-capteurs (détection de gaz, composés organiques volatils, particules fines, humidité, température…).

Et bien entendu différents centres de recherche (CETIC, Cenaero, Sirris, Multitel, Materia Nova…) ou groupements sectoriels (Pôle Mecatech).

Au-delà de l’espace vitrine, de démos et de réseautage que leur procurait le stand de l’AWEX (le démonstrateur Wallonium y faisait sa première apparition), une présence à Hanovre était aussi l’occasion pour les sociétés participantes de nouer des contacts avec des homologues étrangères, des clients et partenaires – existants ou potentiels – via les rencontres B2B, individualisées, orchestrées via le réseau EEN.

Sur un total de 25 participants, une quinzaine avaient planifié des rendez-vous. Petit exemple de deux sociétés particulièrement actives à cet égard: Altheria Solutions et Pepite. Cette dernière avait 10 rendez-vous à son programme, avec des interlocuteurs parfois venus de pays qui ne sont pas des destinations premières (Turquie, Tunisie, Serbie…).

Quand la Wallonie rencontre le Baden Würtenberg
Des rencontres B2B ont également eu lieu lors de la visite de la délégation wallonne sur le stand de l’Allianz Industrie 4.0, cluster du Baden Würtenberg créé en 2015 qui réunit une quarantaine de PME, de start-ups et centres de recherche allemands. Les visiteurs wallons ont ainsi pu faire la connaissance de sociétés telles que Kinemic (reconnaissance gestuelle, interfaces homme-machine), R3DT (réalité virtuelle pour ingénierie industrielle), Örber Digital (IoT industriel, data science), scitis.io (intégration IoT industrielle)…

L’après-Messe

Les rencontres B2B permettent certes de nouer des contacts mais demeurent parfois (trop) ponctuelles ou éphémères ou purement opportunistes.

Heureusement, il y a l’“après-salon”.

En effet, le “matchmaking” se font via inscription et entrée en relation par le biais d’un site Internet. Les sociétés ayant prévu des rendez-vous y restent visibles longtemps après l’événement. Celles ayant participé à l’édition 2018 de la Hannover Messe y ont par exemple encore droit de cité. “Cela permet de rester en relation ou de renouer plus aisément avec des sociétés croisées rapidement”, souligne Vincent Van Breusegem.

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