HIMSS Liège: l’intérêt d’un benchmarking hospitalier transnational

Hors-cadre
Par · 07/03/2017

Nous vous l’avions déjà signalé, l’antenne francophone de l’association HIMSS (Healthcare Information and Management Systems Society) organise, les 28 et 29 mars, une conférence à Liège. Avec, notamment, un témoignage de Philippe Kolh, directeur stratégique du CHU de Liège et membre du conseil de gouvernance d’HIMSS Europe, sur l’intérêt que représente cette conférence pour les professionnels belges de la santé.

Un autre orateur – Hervé Barge, directeur général de l’Agence Nationale eSanté du Grand-Duché de Luxembourg – y voit, lui aussi, une opportunité que les responsables hospitaliers, à tous les niveaux, doivent saisir pour s’inspirer d’expériences et de réalisations d’autres institutions pour améliorer l’efficacité et la pertinence de leurs activités et processus.

Voici ce qu’il en dit, dans une interview réalisée par les organisateurs de l’événement: “Un directeur informatique peut avoir l’impression – ou la conviction – que son système est de qualité mais la seule manière de l’améliorer est de procéder à un benchmarking international via un système d’évaluation unique. C’est là la finalité de la méthode d’évaluation ou d’audit d’HIMSS et la conférence de Liège sera l’endroit rêvé où discuter, entre pairs, de nos évaluations respectives.

[…] Historiquement, les hôpitaux se sont reposés sur des auto-déclarations parce qu’ils ne disposaient pas réellement de véritables indicateurs reconnus comme tels. Aujourd’hui, grâce à un benchmarking digne de ce nom, nous savons quels hôpitaux ont atteint les niveaux 6 et 7 [de l’échelle HIMSS]. Leur expérience peut nous servir de modèle de référence.

[…] HIMSS, via son département Analytique, fournit le seul outil de benchmarking international. Il est réellement crucial pour nous de pouvoir comparer les meilleurs hôpitaux d’Europe à ceux des Etats-Unis ou d’Australie, ou tout autre, où qu’il soit dans le monde. Créer un tel outil en partant de zéro est un processus très long et onéreux. Ce serait une erreur de vouloir développer un tel outil en Europe parce que nous ne serions alors pas en mesure de nous comparer avec d’autres régions du monde.”

Hervé Barge: ‘Beaucoup de progrès ont été accomplis mais aussi longtemps que les “morts évitables” se compteront en milliers, il y aura encore de la place pour des progrès sensibles. En améliorant nos systèmes informatiques, nous avons un impact direct sur la qualité. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour atteindre le niveau 7 [de l’échelle HIMSS], l’hôpital sans papier.”`

L’“effet” GDPR

Lors de l’interview, il a également abordé le sujet de la protection des données et, plus particulièrement, les implications de la nouvelle réglementation européenne (GDPR, General Data Protection Regulation).

“Chaque citoyen européen a le droit de transférer ses données vers un autre prestataire dans l’un quelconque des 28 Etats-membres de l’Union européenne. Cette “portabilité” requiert une unicité des systèmes de gestion des données. En adoptant la GDPR, l’UE renforce le principe de gestion identique des données en Europe. La GDPR facilite la portabilité des données parce que cela exige de nous de veiller à l’interopérabilité afin de nous conformer à la réglementation. Et, pour être réellement interopérables, tous les systèmes informatiques de santé doivent atteindre le même niveau de qualité. Chaque système national doit être évalué au niveau européen et non seulement au niveau national.”