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Et si l’on reparlait du Tax Shelter “Games”…

Hors-cadre
Par · 20/08/2018
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Parlons-en de ce Tax Shelter “Games”… Une proposition de loi a été déposée début mai par l’OpenVLD avec le soutien du MR et du CD&V.

De leur côté, les promoteurs du secteur du jeu vidéo des trois régions militent, à l’unisson, pour cette extension mais le dossier continue encore aujourd’hui de ressembler à l’Arlésienne…

“L’extension du spectre du Tax Shelter serait une bonne chose”, estime Marine Haverland. “Ne dit-on pas d’ailleurs que, dans le cadre de ce Tax Shelter, il y a trop d’argent et pas assez de contenu? L’ouverture aux jeux vidéo permettrait aux acteurs de lever plus facilement de l’argent et favoriserait leur potentiel de compétitivité.”

Philippe Reynaert, directeur de Wallimage, est encore plus affirmatif: “Chez Wallimage, on est farouchement en faveur de l’ouverture du Tax Shelter au monde du gaming, plus que l’on ne l’était concernant l’extension aux arts de la scène… Question de cohérence. Le Tax Shelter, tout comme Wallimage, est un mécanisme économique dont la finalité est le soutien à une industrie et la création d’emplois dans ce secteur. Or, les métiers du gaming sont très proches de ceux de l’animation et des effets spéciaux. Il serait donc tout-à-fait souhaitable et logique d’ouvrir les effets aujourd’hui reconnus et incontestables du Tax Shelter à cette partie de l’industrie injustement délaissée en Belgique alors qu’elle est massivement soutenue dans des pays tels que le Canada.

Philippe Reynaert (Wallimage): “Je pense personnellement que le gaming constitue aujourd’hui l’un des piliers de la culture des adolescents et que lui tourner le dos représenterait une véritable démission éducative de la part de nos gouvernants.”

L’hésitation des pouvoirs publics vient en grande partie d’une attitude complètement ambigüe de la Commission européenne qui, depuis des années, souffle le chaud et le froid sur le monde du jeu vidéo, l’encourageant au nom des nouvelles technologies mais le bannissant des directives audiovisuelles au prétexte que ce secteur serait “purement commercial” et, par conséquent, ne relevant pas de la diversité culturelle !

Grossière erreur ! Je pense personnellement que le gaming constitue aujourd’hui l’un des piliers de la culture des adolescents et que lui tourner le dos représenterait une véritable démission éducative de la part de nos gouvernants.

Dans la mesure de ses moyens, Wallimage Entreprises soutient structurellement des sociétés productrices de jeux comme Fishing Cactus (Mons) ou Appeal Studio (Charleroi) mais ce qui manque cruellement, c’est un véritable soutien aux projets de jeux car, à ce stade, la réglementation européenne nous contraint à n’accorder que des aides de “minimis”, ce qui est évidemment insuffisant pour développer une industrie comme nous avons pu le faire dans le secteur du cinéma…

Ceci dit et pour être complet, quand le Tax Shelter s’ouvrira au gaming, il faudra aussi que le législateur repense son fonctionnement en termes d’attractivité pour les investisseurs. En effet, la manne n’est pas inépuisable dans les conditions actuelles de la loi et les 20% du Tax Shelter qui partent désormais dans les arts de la scène commencent à handicaper les films et les séries.

De même, il faudra repenser les mécanismes d’attestation des dépenses effectuées au nom du Tax Shelter car la lenteur actuelle de leur délivrance représente aussi, à moyen terme, un frein à l’investissement.”

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