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Salon-conférence de l’inclusion numérique à Charleroi: mieux comprendre et combattre la fracture numérique

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Par · 14/10/2021
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L’inclusion et, a contrario, la fracture numérique. Comment cela se présente-t-il, se vit-il réellement sur le terrain? Quelles sont les initiatives et solutions qui marchent réellement ou qui sont à portée des premiers intéressés? Certaines bonnes pratiques n’auraient-elles pas intérêt à être partagées, mutualisées, enrichies en combinant certaines idées ou types de démarches?

C’est un peu de tout cela que le salon-conférence qu’organise la Ville de Charleroi le 9 décembre prochain parlera.

Au programme: des conférences, tables rondes, ateliers. Des démos et découvertes aussi dans la partie exposition. Accès libre et gratuit pour tous – personnes en décrochage (ou rejet) numérique, associations, aidants numériques, autorités locales…

Une destination logique

Les chiffres et statistiques sous-régionales font défaut mais Charleroi (la ville mais aussi la zone métropolitaine environnante) connaît plus que probablement, en raison de son passé socio-économique et de la composition de sa population, une situation de fracture numérique qui est égale voire supérieure aux évaluations globales belges. A savoir, si l’on se fonde sur les chiffres du “Baromètre de l’inclusion numérique” (2020) de la Fondation Roi Baudouin: près de 40% de personnes en situation de “fragilité” ou de “vulnérabilité” numérique. Dont 8% de non-utilisateurs (pour diverses raisons) et 32% estimant que leurs compétences numériques sont insuffisantes, inadaptées, dépassées, mal maîtrisées, etc.

Le “Baromètre de l’inclusion numérique” (2020) peut être consulté ou téléchargé via le site de la Fondation Roi Baudouin.

Ce chiffre de 40% est un constat lourd mais peut-être plus sombre qu’il n’y paraît. “Certaines personnes ne sont en réalité pas très loin de s’en sortir (numériquement parlant). Il suffirait de peu de choses pour leur ouvrir un accès aux connaissances ou vers les outils élémentaires nécessaires…”

Encore faut-il identifier et mobiliser les bons leviers d’action. De même qu’il faut établir le contact avec ces “fracturés”, chose parfois difficile puisque nombre d’entre eux sont en décrochage social.

L’un des leviers “évidents”, selon Eric Goffart, échevin carolo chargé du numérique, c’est évidemment le pouvoir local mais aussi et surtout une myriade d’acteurs du monde associatif qui, plus encore que les acteurs communaux ou municipaux, sont en contact direct avec ceux et celles qui constituent une frange majeure de ces “fracturés du numérique”: seniors, jeunes en décrochage scolaire ou social, personnes souffrant d’un handicap, milieux socio-démographiques défavorisés, sans-emploi de longue durée, sans-abris…

 

“Des personnes peuvent très bien disposer de compétences suffisantes pour les besoins qui s’imposent et basculer dans une situation de précarité numérique le jour où elles doivent intégrer de nouveaux usages ou perdent leur emploi.”

 

L’une des raisons d’être et des finalités premières de ce salon-conférence entièrement dédié à l’inclusion numérique sera de rassembler et de donner un aperçu des initiatives éparses, de faire se rencontrer les acteurs de “première ligne” (assistants numériques, centres de formation, associations diverses, services publics, autorités locales…), de les faire se pencher ensemble sur les symptômes et les possibles remèdes. D’ouvrir une réflexion collégiale sur la manière d’“en arriver à une société numérique plus inclusive, et de réduire ce chiffre de 40% qui, potentiellement, pour Charleroi représente un total de quelque 80.000 personnes.”

Le programme

La journée commencera par un exposé de Périne Brotcorne, chercheuse au Cirtes (Centre interdisciplinaire de recherche Travail, Etat et Société de l’UCLouvain), qui viendra notamment exposer les résultats et grandes tendances du Baromètre 2021 de la fracture numérique, réalisé sous l’égide de la Fondation Roi Baudouin, et dressera un état des lieux des inégalités (numériques) en Belgique.

Charleroi, première de cordée

Depuis quelques mois déjà, Charleroi, en l’occurrence via son échevin chargé du numérique Eric Goffart, avait annoncé la couleur: mener des actions d’inclusion numérique, dans le cadre plus vaste de la “transformation” du territoire.
Ce salon de l’inclusion numérique avait été imaginé depuis quelque temps mais, au départ, ne devait avoir lieu qu’en 2022. La pandémie et les confinements liés au Covid-19 ont eu un petit effet accélérateur. Tout comme ils furent un révélateur de fractures soupçonnées ou non. Niveau de formation insuffisant et manque de maîtrise des compétences numériques sont comme une couche supplémentaire venant s’ajouter à la crise provoquée par le Covid. “La région de Charleroi ne peut s’enfoncer davantage en raison de ce facteur compétences”. Dès lors, autant prendre les devants et le taureau par les cornes… “Charleroi se veut une ville inclusive, ce doit également être le cas dans le registre du numérique.”

Suivront ensuite une série de conférences et d’ateliers (“pour démythifier et donner des outils”), organisés en parallèle. Thématiques abordées?
– comment les services de première ligne peuvent-ils aider les personnes en situation de précarité numérique?
– comment aller à la rencontre de ces personnes?
– à qui peuvent s’adresser les personnes en situation de précarité numérique?
– les enjeux de l’inclusion numérique pour le secteur associatif
– l’art, la culture, les industries culturelles et créatives  comme “ré-accrocheurs” numériques
– retour à l’inclusion via la formation aux métiers du numérique
– comment les pouvoirs locaux peuvent-ils élaborer et mettre en oeuvre une stratégie d’inclusion numérique pour leurs concitoyens?
La journée se terminera sur le thème de la cybersécurité avec un exposé d’Olivier Bogaert, de la Federal Computer Crime Unit (FCCU).

Parmi les partenaires de la journée, citons notamment WeTechCare, Charlewood (antenne carolo de Molengeek), Bibliothèques sans Frontières, Eneo, Technofutur TIC, les CPAS de ville de Charleroi, différents services de la ville, ou encore l’asbl C-prévu (fondée par un ancien sans-domicile-fixe qui a fondé cette asbl d’aide aux personnes en difficulté).

Côté exposants, on relève déjà, parmi les participants confirmés, des noms tels que le MOC, BeCode, le Centre de culture scientifique de l’ULB, Alstom, l’AdN, Telenet, Socialware, bpost…

Détails pratiques…

La date : 9 décembre, de 9 h à 16 h 30.
Le lieu : Charleroi Danse, boulevard Mayence 65, à Charleroi

Petite précision: si l’accès est gratuit (et libre pour l’espace exposition), la pré-inscription est par contre requise pour assister aux conférences et ateliers (dans la limite des conditions sanitaires du moment – sans doute un maximum de 400 personnes pour les principaux exposés).

Inscriptions via Eventbrite via ce lien ou par téléphone au 071/86.10.81.
Les inscriptions seront clôturées le 28 novembre. 

Plus de détails à propos du programme et des modalités de participation, via le site Internet de la ville de Charleroi.

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