Projet de surveillance active orienté sécurité sanitaire à Durbuy

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Par · 04/10/2021

La commune de Durbuy a décidé de se lancer un projet (proof of concept) qui marie l’une des préoccupations majeures actuelles – rassurer le public sur le caractère “sécurité sanitaire’ de certains lieux – et un souci plus générique de préserver son attractivité touristique.

L’une des clés de ce défi: montrer patte blanche en termes de qualité de l’air dans les spaces (publics) intérieurs en misant sur des équipements de purification d’air connectés et gérables.

Un proof of concept est donc en cours pour un premier lieu – la salle de spectacles Mathieu de Geer du centre culturel à Barvaux-sur-Ourthe (d’une capacité maximale de 650 personnes).

Eléments de la solution: des purificateurs d’air (technologie HEPA/ions/plasma), fournis et installés par la société bruxelloise Clean Air Safe, des capteurs connectés (détection de CO2 et comptage de personnes par détecteur laser à l’entrée) et une solution d’analyse temps réel des paramètres environnementaux basée sur un algorithme développé par NRB.

Surveillance du taux de CO2 avec visualisation de l’évolution de la concentration sur une ligne de temps, selon le taux ou type d’occupation d’une salle. Quel rapport avec le coronavirus? La marge de sécurité que procure une bonne ventilation.
“Sous le seuil de 900 ppm (ppm = partie par million), le risque de contamination est considéré comme étant limité”. Comme il vaut toujours mieux se donner de la marge, l’alerte interviendra à 800 ppm.


Si l’on se situe entre 900 et 1.200 ppm, la recommandation est de mettre en oeuvre des mesures ou systèmes de ventilation. Au-delà des 1.200 ppm, “le risque de contamination est élevé et les occupants doivent quitter les lieux”.

Ce dernier permet l’activation automatique des purificateurs d’air, selon des paliers prédéfinis, et déclenche parallèlement des alertes en cas de dépassement (voir encadré ci-contre). Un SMS est ainsi envoyé aux responsables (gestionnaires de salles, organisateurs de spectacles, responsables techniques…) en cas de dépassement du seuil maximal autorisé (1.200 ppm).

Parallèlement, le niveau de CO2 de l’espace surveillé est communiqué en continu au grand public via l’application Durbuy en Poche (version locale de Wallonie en Poche). L’information est annoncée comme étant temps réel (avec chiffrage du taux de CO2 et codage couleurs pour représenter les seuils atteints). En fait, la réactualisation du taux de CO2 est effectuée toutes les 10 minutes. Théoriquement, il serait possible de transmettre à l’appli Wallonie en Poche des mises à jour plus fréquentes des chiffres mais, dans le cas spécifique du POC de Durbuy, la fréquence est limitée par les termes du contrat passé avec Proximus dans la mesure où le réseau-relais de données est le réseau LoRA de l’opérateur (nombre plafonné de remontées quotidiennes de données).

Et après le POC?

A terme, l’objectif, tel qu’annoncé par les autorités de la ville, est de “vérifier et, au besoin, d’équiper un maximum d’espaces intérieurs afin de pouvoir prétendre que l’ensemble constitue la ville “la plus virus safe” possible”.

Si, pour l’instant, seuls deux sites sont concernés (la salle de spectacle et une salle de bowling), d’autres pourraient donc venir s’y ajouter, à commencer par des locaux communaux (espace d’accueil) ou encore le Syndicat d’initiative.

Salle de spectacles Mathieu de Geer (Barvaux-sur-Ourthe): premier site à être équipé du dispositif de surveillance temps réel de qualité de l’air…

Au-delà du cas d’usage thématique qui fait l’objet du POC en cours (équipement de locaux appartenant ou gérés par des autorités communales à des finalités administratives ou événementielles), le même dispositif (intégration de capteurs connectés, surveillance et gestion par algorithme, signalement au public) pourrait fort bien servir dans d’autres contextes, souligne Olivier Lefevre, responsable des projets smart cities chez NRB.

Un exemple: la corrélation entre aération ou ventilation et les conditions d’attention des élèves en classe ou la mesure de température ambiante dans un contexte de gestion énergétique (à noter ici au passage que les capteurs installés sont multi-fonctions pouvant tout aussi bien mesurer le taux de concentration CO2 que la température ou le taux d’humidité).

Il serait par ailleurs possible de pousser plus loin l’analyse de la situation de sécurité sanitaire (covid) des espaces intérieurs en collectant et injectant d’autres types de données dans l’algorithme conçu par NRB. “On pourrait inclure des variations en fonction de la température ou de l’humidité ambiante et définir ainsi de nouveaux KPI. Mais pour cela il faudra s’appuyer sur des experts. Pour l’heure, notre but est avant tout d’accumuler de l’expérience, avant de penser à affiner l’algorithme.”

Une autre évolution fonctionnelle possible de la solution actuellement testée à Durbuy serait d’intégrer le dispositif à un système de réservation. Chose qui a déjà été évoquée mais qui demeure, pour l’heure, un scénario futur éventuel.