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Transformation numérique de l’industrie: un enjeu dont le gouvernement veut se saisir

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Par · 24/06/2020
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Source: Made Different, Digital Wallonia.

Lors de la présentation de l’étude de PwC/AdN (“Facteurs de réussite pour devenir une “industrie du futur” – voir plus de détails dans cet autre article), le ministre Willy Borsus, en charge de l’Economie et du Numérique, a redit la volonté du gouvernement de mettre de nouveaux moyens au service de la (re)dynamisation industrielle – en ce compris pour favoriser l’émergence de nouvelles activités et pour en relocaliser d’autres.

Et cela passera nécessairement par de nouveaux efforts et moyens pour aider les entreprises à s’engager plus fermement dans la “transformation numérique”. 

Get Up

“Un pan entier de la Déclaration de Politique Régionale était déjà dédié au numérique et à un certain nombre d’axes prioritaires. La crise [du Covid-19] n’a fait que mettre encore davantage en exergue le caractère incontournable de la numérisation de l’économie, point majeur du redéploiement de nos industries.”

Le prochain plan de relance Get Up Wallonia comportera divers piliers, dont un portant sur la numérisation des industries. Il est nécessaire d’accélérer fortement la transformation et d’augmenter le nombre d’“Usines du futur” pour atteindre au minimum le nombre de dix d’ici 2024. [Ndlr: la Wallonie en compte six actuellement, en incluant les trois “lauréates” de cette année – voir encadré ci-dessous]. 

Les solutions technologiques, stratégiques, logistiques et organisationnelles doivent être diffusées plus largement et plus rapidement.”

Il y aura toutefois nécessité – et logique ? – à se concentrer, estime le ministre, sur “certains secteurs où la Wallonie est davantage en position de force. En ce compris dans une optique d’accélération numérique, il est nécessaire de faire émerger de nouvelles niches d’innovation au sein des domaines de spécialisation actuels.”

Trois “lauréats” Usine du futur 2020

Trois nouvelles entreprises wallonnes ont décroché le statut d’“Usine du futur”. A savoir:
Jumo Automation (Eupen): producteur de capteurs industriels et de solutions d’automatisation
Alstom Belgium (Gosselies): concepteur et fournisseur de solutions de signalisation ferroviaire numérique et de systèmes de traction et de convertisseurs auxiliaires
– et Valeo (Ghislenghien): équipementier automobile, plus spécifiquement spécialisé dans le montage de systèmes d’éclairage polyvalent à haute valeur ajoutée pour le secteur automobile.

Pour rappel, ce label récompense des sociétés qui ont implémenté des projets et optimisé leurs procédures en progressant dans les sept “dimensions” ou types de transformations que définit la méthodologie Made Different en matière d’industrialisation 4.0. A savoir: advanced manufacturing, integrated engineering, digital factory, human centered organisation, networked factory, eco factory, et smart manufacturing.

Une autre société – Thales Alenia Space – est élevée au statut d’“Ambassadeur” industrie 4.0, un label qui valide le fait que la société en question est désormais considérée comme étant “en pointe sur au moins une des sept transformations”.

 

Parmi les orientations technologiques qui retiennent son attention et où il s’agira d’investir, il cite notamment l’intelligence artificielle, la 5G, les équipements de type supercalculateurs. Dans ce dernier registre, on sait que le dossier du remplacement du supercalculateur Zenobe du Cenaero a été débloqué. Relire notre article récent à ce sujet.

En matière de 5G, levier important pour déployer et opérer utilement certaines technologies “gourmandes” en données, puissance et bande passante, le ministre de l’Economie promet que le groupe d’experts, qui doit encore se pencher sur les conditions et impacts du 5G (économie, environnement…), devra remettre son rapport final d’ici la fin de l’année. Ce qui laisse présager d’une décision politique gouvernementale courant 2021.

Toutefois, ajoute Willy Borsus, “cela n’empêche nullement, en parallèle, que des expériences-pilote soient soutenues, comme celle initiée à l’aéroport de Liège. Ces expériences peuvent être menées indépendamment du travail et des délais d’analyse du comité d’experts, qui se prononcera notamment en matière de normes…”

 

Le plan de relance wallon [le “Get Up Wallonia”, que l’on devrait découvrir dans les prochains jours] comportera un important volet de politique industrielle. Mais, soulignait Benoît Hucq, directeur de l’AdN, “il ne pourra y avoir de politique industrielle concurrentielle sans numérique”.

 

Quant à l’Intelligence artificielle, la volonté est de poursuivre le programme d’“amorçage” en cours (initiatives Start IA et Tremplin IA) en activant un “plan de formation qui sera piloté par les Centres de compétence”, indique Benoît Hucq. Ces formations prendront notamment la forme de webinaires, dès la fin juin.

La phase d’“amorçage” et le budget qui l’accompagnait n’ont évidemment qu’un temps – l’échéance est d’ailleurs toute proche (été 2020). Promesse de la Région, par la voix de l’AdN: “il y a volonté de poursuivre et de monter en puissance dans les mois qui viennent.”

Quid du financement? Le ministre Willy Borsus indique une triple provenance: fonds régionaux au titre de la Recherche & Innovation, le plan de relance Get Up et des cofinancements européens. Stay tuned, comme le veut la formule…

Dix “Usines du futur”. Toutes catégories?

La Wallonie compte donc actuellement six entreprises industrielles ayant décroché le label “Usine du futur” – bien en-deça, soit dit en passant, du score que peut aligner la Flandre (qui, il est vrai, a démarré son programme “Made Different” avant le sud du pays).

Il s’agit en l’occurrence, par ordre alphabétique, d’Alstom, d’AW Europe, de Jtekt Torsen Europe, de Jumo, de Stas et de Valeo. Le but fixé, d’ici 2024, est de passer à dix. Minimum.

La plupart des sociétés labellisées sont de grandes entreprises. Une réflexion est en cours, du côté d’Agoria et de l’AdN, afin d’adapter éventuellement le prisme d’évaluation au fait que l’essentiel du tissu industriel wallon est fait de sociétés plus modestes. “A l’avenir”, déclare Benoît Hucq, directeur de l’AdN, “la méthodologie et les outils seront adaptés afin de mieux correspondre aux degrés de maturité des sociétés, sans pour autant imposer d’elles de trop importants investissements en temps et ressources et pour identifier les éléments qui sont davantage propres à des entreprises de moindre envergure. 

L’approche se fera également davantage en fonction des différentes filières [chimie, aéronautique…], de leurs enjeux et contraintes spécifiques.”

Pour terminer, dans l’attente de détails sur le contenu du plan Get Up, voici les objectifs chiffrés d’ici 2024 pour la politique “industrie 4.0”, que l’AdN sera chargée de concrétiser:

– “sensibiliser 70% des 2.000 entreprises manufacturières wallonnes répertoriées dans la base de données du consortium Industrie du Futur
– accompagner et/ou former 40% du tissu des 2.000 industries manufacturières wallonnes sur au moins un enjeu de l’industrie du futur (stratégie, organisation, logistique ou technologique)
– accompagner et/ou former 50 entreprises manufacturières identifiées comme avancées et prometteuses pour devenir des industries du futur à court terme
– labelliser “Factory of the Future” un minimum de 10 entreprises avec une diversité au niveau des secteurs industriels
– lancer trois appels à projet favorisant le développement des filières sectorielles décloisonnées.”

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