Pour rester informé(e) des dernières actualités de l'IT en Belgique francophone, lisez ceci • Comment / Pourquoi s'abonner ?

MIC.brussels veut accentuer ses activités pro-PME

Article
Par · 18/05/2020
Partager

Le MIC Brussels change de peau. On garde les trois lettres de l’acronyme mais elles feront désormais référence à d’autres éléments patronymiques. Exit le “Microsoft Innovation Center”. Voici venir le “My Innovation Center”. Toujours suivi de l’appendice “.brussels” mais avec un glissement subtil de la place occupée par le patronyme Microsoft. Désormais on le retrouve en quasi-annexe : “supported by Microsoft”.

Pourquoi? Parce qu’au fil du temps, les MIC, créés à l’origine par Microsoft au niveau mondial à l’initiative et sous la direction du quartier général de Redmond aux Etats-Unis, “ont évolué individuellement vers une gouvernance locale”. En fait, le QG de Microsoft passe la main et ne pilote plus, ne supporte plus ce programme dans le cadre d’une stratégie mondiale. Comme le souligne d’ailleurs Cécile Jabaudon, directrice du MIC de Bruxelles, “les formules opérationnelles des MIC, dans le monde, variaient sensiblement.

L’une des caractéristiques originales des trois centres belges est leur caractère PPP [partenariat public privé]. Ailleurs dans le monde, certains MIC sont des entités purement Microsoft, d’autres sont des partenariats avec des acteurs universitaires…”.

Désormais, “l’initiative passe du niveau de la Corp au niveau local. Microsoft Corp. ne chapeaute plus les MIC. Les différentes entités nationales sont libres de décider de continuer à collaborer avec Microsoft mais le local reprend la main.”

A Bruxelles, affirme la directrice du “nouveau” MIC.brussels, rien ne change. Les partenaires demeurent les mêmes. A savoir: Microsoft, la Région bruxelloise, hub.brussels, Digitalcity et le CIRB (Centre d’informatique pour la Région Bruxelloise). “La convention de partenariat a été renouvelée en avril 2019 pour une durée de trois ans. Les engagements de chacun restent inchangés. Il n’y a pas de changement dans le plan d’action. La composition du conseil d’administration reste la même et le CA continue de définir le plan d’action, validé par l’Assemblée générale.”

Ce qui change par contre…

Si le “plan d’action”, dans sa généralité, ne change pas, la teneur et la finalité des activités, elles, sont en passe de négocier un virage plus marqué vers la cible PME. Voici près de deux ans, le MIC avait déjà fait basculer le centre de gravité de ses actions “jeunes pousses” de projets au stade de la start-up, voire de la pré-start-up, vers le stade des “scale-ups”, ou sociétés en croissance. Raison invoquée (comme elle l’avait été par le MIC Belgique de Mons): l’écosystème d’accompagnement des jeunes pousses, à leur stade précoce, s’est étoffé au fil du temps. Toute une série d’autres acteurs y sont désormais présents et le MIC cherchait donc à repositionner son action sur un terrain davantage vierge et demandeur.

Parallèlement à l’activité au profit des “scale-ups” – à noter ici que le programme Amplitude+ du MIC est maintenu -, le MIC.brussels déployait d’autres actions de sensibilisation voire de formation à la transition numérique à destination d’entreprises plus classiques, mais les PME, pourtant des cibles potentielles des actions, n’y étaient que très modérément représentées.

Les choses, en principe, vont changer. A l’avenir, le centre dit vouloir “porter une plus grande attention à l’accompagnement des PME”. Cela passera à la fois par des séances de sensibilisation et de formation et par l’aide au développement de prototypes informatiques et à la réalisation d’études de faisabilité pour des projet d’innovation numérique. 

 

MIC.brussels: “Nous continuerons à apporter notre soutien aux entreprises et organisations bruxelloises dans leur démarche de digitalisation et d’adoption de nouvelles technologies, […] à accompagner les PME bruxelloises dans leur digitalisation et à renforcer les compétences numériques de chacun.”

 

Côté prototypes et proofs of concept, le MIC organisera des stages pour étudiants bacheliers en informatique qui pourront ainsi plancher à raison de trois jours par semaine, pendant 15 semaines, sur un projet défini par la PME-hôte. Le reste de la semaine, ils bénéficieront du mentorat d’un coach du MIC.

Cette activité de “prototypage” existait déjà dans le catalogue du MIC.brussels (et celui du MIC de Mons d’ailleurs) mais avait surtout pour public les grandes entreprises et les start-ups. “Désormais, nous désirons attirer davantage de PME dans ce programme. Nous nous appuierons sur l’écosystème de partenaires, par exemple hub.brussels, l’UCM, le BECI…, pour relayer l’information et pour identifier les projets”, précise Cécile Jabaudon

“A mes yeux, ce qui compte surtout en termes de communication est la formulation. En effet, les PME n’ont pas forcément une bonne compréhension de ce qu’est ou peut apporter la transformation numérique. Il nous revient de leur expliquer son utilité et les opportunités.

En matière d’intelligence artificielle, par exemple, la réaction d’une PME est souvent de dire: “je n’ai pas chez moi de projet d’innovation en IA, je n’en suis pas là”.

En réalité, il ne s’agit pas de créer de toutes pièces. Il est déjà possible d’utiliser des solutions et outils préexistants, off the shelf, qui peuvent être utiles pour s’améliorer. Il ne faut pas nécessairement avoir un projet innovant. La première étape consiste à identifier les besoins [des PME].”

 

MIC.brussels: “Le programme de prototypage ouvre la porte à un processus de recrutement qui permet aux entreprises d’identifier des talents prometteurs sur le point d’être diplômés.”

 

Le MIC.brussels enclenchera la phase d’inscription à ce programme de prototypage pour PME (et autres types de sociétés) en juin. Les candidatures de projets pourront être déposées jusqu’à la mi-octobre. Le programme de stages de prototypage proprement dit se déroulera de février à mai 2021.

Le délai de mise en oeuvre peut paraître long, convient Cécile Jabaudon, “mais ce calendrier est nécessaire pour que nous puissions collecter tous les détails et informations nécessaires pour comprendre et juger de la teneur du projet proposé, s’il est trop aisé ou trop complexe par rapport aux potentiels des étudiants…” A noter que, côté technologies impliquées, le MIC.brussels ne retiendra que des projets basés sur les technologies… de Microsoft. “Dans la mesure où les étudiants seront encadrés par les coachs du MIC, il s’agit d’être sûrs que ces derniers aient l’expertise nécessaire sur laquelle les étudiants et les PME pourront s’appuyer.”

Sensibilisation et plus

Le MIC déploiera par ailleurs davantage d’activités pour l’aide à la transformation numérique des PME au travers d’actions de sensibilisation autour de thèmes spécifiques, tels que l’intelligence artificielle, le cloud ou encore la cyber-sécurité, mais aussi par le biais de formations et de webinaires.

Cécile Jabaudon (MIC.brussels): “La réflexion menée ces derniers mois nous a amenés à déterminer qu’il nous fallait faire davantage, pour les PME, que relayer l’information lors de sessions de sensibilisation au numérique. Il s’agit de mieux identifier les besoins des PME.”

A côté de sessions d’informations et “crash courses” portant sur l’identification et l’apprentissage d’outils, exploitables par exemple pour du télétravail [sessions données par le MIC ou d’autres acteurs de l’écosystème bruxellois], la démarche se fera plus proactive.

“Nous voulons aller le plus possible à la rencontre de l’entreprise pour informer non seulement la direction mais aussi les employés, des profils tels que des coordinateurs de projet, des chargés de clientèle… Les sessions se tiendront donc dans les murs-mêmes de la société, sauf si elle ne dispose pas de la structure nécessaire. Compte tenu des mesures actuelles de distanciation, les sessions prendront potentiellement la forme de webinaires.”

Les sessions seront donc “individualisées” pour chaque société, afin de favoriser une “approche différenciée” et “un travail collégial et collaboratif” au niveau de cette société.

A noter que Cécile Jabaudon n’en rejette pas pour autant l’idée de sessions pouvant viser plusieurs sociétés simultanément mais, dans ce cas, selon une formule plus classique.

Les sessions organisées pour et au sein des entreprises s’adresseront non seulement à la direction mais aussi aux employés, coordinateurs de projet, responsables de clientèle… “On parle de “digitalisation de l’entreprise”, mais il ne faut pas oublier que derrière l’entreprise ou l’organisation, il y a des gens. Si les employés ne sont pas correctement formées, cela perd son sens. Il faut dès lors penser davantage “culture de la numérisation”, c’est-à-dire une formation continue soutenue par l’employeur. Formation et numérisation constituent l’équation la plus gagnante. C’est là quelque chose d’essentiel pour les PME. De même que le fait de proposer des exemples, des cas concrets, qui poussent à la réflexion.”

 

Cécile Jabaudon (MIC.brussels): “On parle de “digitalisation de l’entreprise” mais il ne faut pas oublier que derrière l’entreprise ou l’organisation, il y a des gens. Si les employés ne sont pas correctement formées, cela perd son sens. Formation et numérisation constituent l’équation la plus gagnante.”

 

Sujets pouvant être abordés: l’intelligence artificielle, le cloud, la cyber-sécurité… “potentiellement aussi le télétravail ou la numérisation des processus opérationnels”.

Qui choisira les sujets, le MIC ou l’entreprise? “Nous nous appuyons évidemment sur notre propre feuille de route mais on déterminera ce qui fera le plus sens [pour les PME] dans l’ère post-Covid…”

A noter, pour terminer, que pour développer ces activités à destination des PME, le MIC.brussels compte engager une personne à mi-temps supplémentaire.

Partager

Laisser un commentaire