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Une Chaire “Digital humanities” à l’UCLouvain

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Par · 27/11/2019
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La Faculté FIAL de l’UCLouvain (Philosophie, Arts & Lettres) inaugure une chaire académique dédiée aux “humanités numériques”. Parrainée par Altissia, société spécialisée dans l’apprentissage de langues en-ligne, la chaire sera plus précisément dédiée aux “Cultures et éthique du numérique”.

Objectif: “fournir une analyse des transformations survenant dans les langues, les arts, les cultures et la pensée en lien avec le numérique et l’intelligence artificielle”.

Tout comme la Faculté qui l’héberge (voir encadré ci-dessous), la chaire sera résolument multidisciplinaire proposant un éventail de cours et d’activités dédiés à l’éthique du numérique, à son impact social et sociétal, culturel, philosophique…

Pourquoi avoir décidé de créer cette chaire? “En tant que doyen, je voulais faire évoluer le contenu de l’enseignement des sciences humaines que prodigue la FIAL”, indique Cédrick Fairon, doyen de la Faculté. “Et ce, en raison des changements qu’induit le numérique. Le numérique n’est pas juste un vernis de modernité sur le monde. Il a un impact fondamental, sur notre pensée, nos mémoires, le langage…

La Faculté Philosophie, Arts & Lettres de l’UCLouvain regroupe différentes entités : langues et lettres anciennes, linguistique, communication multilingue, philosophie, histoire de l’art et de l’archéologie, arts du spectacle… Au total, elle chapeaute 14 Masters et plus de 2.000 étudiants. 

Qu’appelle-t-on “humanités numériques”? Lors de l’inauguration officielle de la Chaire de la Faculté FIAL de l’UCLouvain, les orateurs ont d’emblée prévenu que les définitions de ce concept sont relativement multiples. Au risque de simplifier, voici celle que cite Wikipedia:

“Les humanités numériques sont l’application du savoir-faire des technologies de l’information [et de l’informatique/des infosciences] aux questions de sciences humaines et sociales”. […] Il ne s’agit pas uniquement d’une mise à disposition d’outils dans les champs des sciences humaines, mais d’un mouvement fédérateur qui vise à renouveler les pratiques savantes et leur épistémologie, tout en réconciliant la recherche et la demande sociale. [Les humanités numériques] peuvent également être envisagées de manière réflexive comme l’étude, par les humanités, de l’impact des technologies numériques sur leurs divers champs disciplinaires. Cette dernière approche permet de dépasser la dimension strictement applicative des technologies numériques pour interroger la fonction et l’effet de l’outil dans ses différents champs d’application.”

Plus d’infos sur Wikipedia.

Il est dès lors important de former les jeunes professionnels afin qu’ils aient une bonne compréhension de la réalité.

Les domaines qu’ils étudient, eux aussi, sont profondément transformés par le numérique. Qui plus est, les outils qu’on utilise en sciences humaines évoluent. Le numérique gagne en importance au niveau des études de ces sciences, notamment pour le traitement, la visualisation et l’interprétation de gros volumes de données. Les linguistes, par exemple, ne sont plus des penseurs reclus mais collectent des données massives auprès des locuteurs pour procéder à leurs recherches… Les outils numériques changent dès lors la donne en profondeur.”

Des cours et des conférences

La création de la chaire académique a donc un triple objectif: acclimater davantage les étudiants à l’utilisation et à la compréhension du numérique et de ses outils, leur permettre de mieux appréhender l’impact qu’a le numérique sur la société, et en faire “de meilleurs leaders de demain quand ils entreront dans la vie active, essaimant tous les secteurs d’activités, et leur faire ainsi mieux diffuser la littératie numérique dans le grand public”.

Le programme de la Chaire s’adresse aux 14 Masters que propose la Faculté FIAL. Les cours vaudront 15 crédits (minimum trois cours de 5 crédits chacun). Les cours sont en outre conçus selon trois optiques différentes: penser ; agir / travailler avec le numérique ; s’ouvrir à d’autres disciplines (en sciences humaines).

Chaque étudiant combinera donc ces trois orientations de cours.
Des cours pour “penser” et comprendre le numérique, en ce compris dans ses dimensions éthiques, d’impact social… “Il faut aller au-delà d’une approche manichéenne: la technologie c’est bien ou c’est mal. Il est tout aussi important de comprendre ce qui est bien et ce qui est mal. Il faut outiller nos étudiants pour qu’ils soient davantage capables d’analyser le numérique, en ce compris dans des dimensions que l’on ne soupçonne pas.”
Des cours pour “Agir/Utiliser”. Ici, il s’agira pour les étudiants d’apprendre à maîtriser et à utiliser “intelligemment” les outils numériques, pour en faire des usagers plus avisés des technologies. Le programme inclura dès lors notamment des cours de programmation et d’algorithmique avec une orientation Sciences humaines. Exemple cité par Cadrick Fairon: le traitement de données textuelles avec pour mission de développer des algorithmes capables de dépouiller des textes.

Et des cours où un panachage d’orientations académiques (philosophie, histoire, langues…) se rencontreront. Le but de la Chaire, souligne Cédrick Fairon, est d’ailleurs aussi de décloisonner les champs où les professeurs évoluent jusqu’ici souvent chacun dans leur – philosophie, archivistique, informatique, traitement du langage…

En plus des cours destinés aux étudiant(e)s en master, la Faculté FIAL compte également organiser des conférences scientifiques et des conférences grand public.

Un pilote multi-profil

Pour présider cette chaire et assurer certains des cours, la FIAL a recruté Chris Tanasescu, professeur d’origine roumaine qui officiait jusqu’ici à l’université d’Ottawa, au Canada. “Il apporte une dimension particulièrement intéressante en matière d’enseignement et de sensibilisation aux humanités numériques”, souligne le doyen de la Faculté. “En effet, il combine trois profils. Il est à la fois diplômé en lettres, informaticien et poète, recourant régulièrement à diverses techniques et effets numériques transformant la récitation de ses poèmes en performances multimédias. C’est précieux de bénéficier de son éclairage mixte, bien au-delà de la juxtaposition d’approches.”

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