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Convention MolenGeek-Proximus: qui est le labo de l’autre?

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Par · 18/11/2019
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MolenGeek, cet espace mêlant incubateur de projets, centre de formation au codage et coworking pour jeunes en décrochage, s’est trouvé un nouveau partenaire pour procurer aux apprenants et porteurs de projet qui le fréquentent des outils d’apprentissage, un zeste d’encadrement et des possibilités de stages (et éventuelles perspectives d’emploi).

Toutefois, la convention passée avec Proximus – puisque c’est de lui qu’il s’agit – va au-delà de ce scénario somme toute devenu classique.

“Nous avons travaillé pendant deux ans à la formalisation de cet accord”, souligne Ibrahim Ouassari, co-fondateur de MolenGeek, “afin de déterminer avec Proximus les formes de partenariat qui feraient le plus sens pour toutes les parties concernées.”

Résultat: une convention qui fait de MolenGeek un interlocuteur un peu spécial, bénéficiant d’un traitement préférentiel à certains égards. “Proximus nous procurera un accès à ses technologies et services, gratuitement, parfois en nous donnant la priorité d’accès sur de nouvelles technologies ou solutions qu’il met en oeuvre. Par exemple dans le domaine de l’IoT, des capteurs connectés, pour l’utilisation de matériels, ou encore en envisageant le cas échéant de faire de notre petit coin de Molenbeek un endroit où déployer en priorité un potentiel 5G…”

La convention s’est également négociée en mode donnant-donnant dans le domaine des services – en l’occurrence, celui de développements logiciels ou de missions d’analyse de données. “Pour faire face à certains de ses besoins, Proximus pourra faire appel aux apprenants de MolenGeek pour développer, pour ses propres clients, des services d’analyse de données, la création de rapports personnalisés utilisant par exemple la solution MyAnalytics. Moyennant rémunération pour MolenGeek.”

L’incubateur/centre de formations ferait alors office de sous-traitant pour l’opérateur… moyennant formation préalable aux concepts des mégadonnées, aux procédures analytiques. Ses apprenants pourraient ainsi appliquer leurs connaissances toute fraîches tandis que Proximus trouveraient de nouvelles “petites mains”. A cette différence près, insiste Ibrahim Ouassari, que ce qui intéresse plus particulièrement Proximus, c’est de confier à des jeunes qui n’ont pas suivi un parcours scolaire traditionnel, qui ont donc leurs propres schémas mentaux et pensent “out of the box” des tâches analytiques, éventuellement prédictives, qui pourraient faire émerger de nouvelles perspectives au bénéfice de ses clients.

“L’utilisation de MyAnalytics n’est qu’un exemple. Pour d’autres services, Proximus se dit également intéressé à faire appel à des personnes qui pensent autrement, qui ont une approche différente, hors grille [et formatage] scolaire.”

Des missions de développement ponctuelles pourraient ainsi être confiées aux apprenants de MolenGeek, avec accompagnement, sur site, par un manager de Proximus.

“La convention passée permet aux différents services et départements de l’opérateur de faire directement appel à une collaboration avec nous, pour faire face à un besoin de renforts sur tel ou tel projet. Dans ce cas, les heures prestées par nos jeunes seraient facturées à Proximus. Quant à ce dernier, il raccourcit le circuit traditionnel, ne devant plus passer par le département RH.”

Autre piste, un peu plus traditionnelle: celle de stages proposés aux apprenants de MolenGeek, avec éventuels postes à la clé. “Là encore parce que Proximus veut s’ouvrir au genre de profils qui fréquentent notre école et notre incubateur.”

L’espoir, de la part d’Ibrahim Ouassari et de son équipe, est que Proximus fasse un peu figure de pionnier en termes de recrutement de profils “atypiques”, de jeunes ne disposant pas d’un diplôme IT classique (en développement ou autres fonctions IT) et n’étant pas passés par les filières traditionnelles. “Cet état d’esprit est déjà quasi naturel dans le monde des start-ups et du côté des agences Web, par exemple, et a commencé à gagner les petites structures mais les grandes sociétés demeurent encore réticentes… Si Proximus montre l’exemple, il nous sera plus facile de convaincre d’autres structures de nous faire confiance.”

Formations et – qui sait? – extrapreneurship

On le voit, la convention passée avec l’opérateur prévoit tout à la fois de la mise à disposition de matériels (ordinateurs, capteurs et dispositifs IoT…) et de services (accès à ses plates-formes et solutions SaaS…), des formations, l’offre de quelques places de stage, de la consultance, l’organisation conjointe de hackathons…

Au rayon formations, Proximus mettra des formateurs et coachs à disposition – selon un agenda et un volume d’interventions restant à déterminer. “Plusieurs types d’apports pourraient être intéressants pour nos apprenants, voire pour les start-ups incubées”, explique Ibrahim Ouassari. “Par exemple de la part de responsables commerciaux ou achats. On peut imaginer des ateliers consacrés au fonctionnement du processus de procurement d’une grande entreprise, chose que les jeunes que nous accompagnons connaissent forcément mal.

Proximus dit par ailleurs être prêt à animer des ateliers plus technologiques – sur l’IoT, la technologie LoRA, la 5G, la blockchain, la réalité virtuelle… Ce genre d’ateliers pourraient également être organisés dans le cadre de hackathons…”

L’opérateur sera d’ailleurs potentiellement associé, en tant que sponsor, à l’organisation d’événements, du genre hackathons, justement, ou Startup Weekend…

Mais un autre axe pourrait avoir des implications tout aussi importantes pour les jeunes de MolenGeek. Et cela concerne les projets et start-ups qu’incube le centre. Ibrahim Ouassari parle de “possibles synergies entre Proximus et l’écosystème de start-ups incubées à MolenGeek.”

“35 start-ups sont actuellement incubées chez nous. Proximus est intéressé à découvrir de manière précise leurs activités, les services qu’elles développent. A la clé, il y a potentiellement pour elles un investissement financier, du soutien sous forme de formations ou de coaching, mais aussi, dans une perspective plus longue, si Proximus détecte un réel potentiel et un lien avec ses propres activités, la possibilité de développer un partenariat ou un accord commercial.”

La carte de visite que représente, pour un jeune projet, un quelconque accord avec un nom tel que Proximus est évidemment une plus-value précieuse. “Le premier grand nom que l’on peut citer comme client a toujours un important effet déclencheur…”

Dernier détail, la durée de la convention passée: elle est de deux ans. “Nous avons volontairement limité la durée afin de pouvoir procéder à une évaluation et à d’éventuelles réorientations”, déclare Ibrahim Ouassari. “Un an, par contre, aurait été trop court pour dégager de réels enseignements…”

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