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Odoo: nouvelles fonctions pour la version 13 et toujours aussi faim de croissance

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Par · 04/10/2019
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Odoo à l'Aula Magna Louvain-la-NeuveA chaque édition de la conférence internationale des utilisateurs Odoo – c’était cette semaine à Louvain-la-Neuve -, la société dévoile une nouvelle version de sa solution intégrée multi-domaines (ERP, comptabilité, gestion de logistique, RH, marketing…).

L’édition 2019 n’a pas dérogé à la règle, permettant à Fabien Pinckaers, son patron et fondateur, de dévoiler les principales nouvelles fonctionnalités ou ajouts de la Odoo v13. A découvrir en seconde partie d’article.

C’était aussi l’occasion pour lui de faire le point sur l’évolution – passée et future – de la société. Cette “exception belge” qu’est Odoo continue de croître à marche forcée: plus 70% de progression annuelle moyenne sur cinq ans pour le chiffre d’affaires (voir quelques autres chiffres dans l’encadré ci-dessous).

Odoo en quelques chiffres

° Chiffre d’affaires 2018: 70 millions d’euros
° CAGR sur 13 ans: 71,47% (avec un sérieux coup d’arrêt en 2012-2013)
° 720 personnes (“900 d’ici la fin de l’année”) ; en 2018, les effectifs n’étaient encore que de 500
° de nouveaux recrutements prévus à court et moyen terme: “200 en 2020 et 350 en 2021”
° 35 nationalités sont représentées dans l’équipe, essentiellement dans le pool commercial (250 personnes) basé à Bruxelles (mais qui sera rapatrié vers Louvain-la-Neuve d’ici un an, lorsque Odoo inaugurera ses nouveaux locaux, sans abandonner pour autant son site central de Grand Rosière (près de Perwez)
° 4,4 millions d’utilisateurs à travers le monde
° 529 applications et modules fonctionnels “officiels”, développés par Odoo elle-même
° Nombre d’applications développées par la communauté de développeurs Odoo: 20.800 ; leur importance sur le marché est évidemment très variable – “Le Top 20 est super mais il y a aussi dans le lot beaucoup d’applications visant un besoin très spécifique, par exemple la gestion des dates de péremption dans l’industrie alimentaire”
° Nombre de partenaires commerciaux (revendeurs, intégrateurs): 2.580 ; Top 3 des pays où on en trouve le plus? Mexique: 176 – Etats-Unis: 147 ; Arabie Saoudite: 98 (autant qu’en France). Pointons encore le Royaume-Uni avec 92 au compteur et l’Allemagne, avec 62.

Et l’ambition est de poursuivre à un rythme quasi aussi soutenu: “notre tableau de marche à trois ans – difficile de prévoir à plus long terme – prévoit une progression de 50 à 70% par an”, déclare Fabien Pinckaers. “C’est certes agressif mais possible dans la mesure où nous n’en sommes encore finalement qu’au tout début du développement de la société.

La marge de progression et d’expansion commerciale est encore énorme. Nous ne représentons encore que moins de 0,1% du marché global.” [Ndlr: bien que la progression soit solide et son pourcentage impressionnant, le chiffre d’affaires d’Odoo n’est encore que de 70 millions d’euros” – un poids plume…] 

Ce potentiel de progression future, Fabien Pinckaers l’estime d’autant plus réalisable que “nous nous adressons potentiellement à toutes les catégories de sociétés.”

Odoo a été imaginé et vise certes essentiellement une clientèle de PME voire de très petites structures “mais nous ne faisons évidemment pas la fine bouche lorsque de grands comptes s’adressent à nous, en raison du volume d’activités qu’elles représentent pour nous.” Parmi les grands noms ayant rejoint la liste de clients de la société brabançonne, citons Toyota Material Handling France (applications: ventes, gestion d’inventaire, de production, compta et achats), Danone (idem), Sodexo (inventaire, achats, facturation, ventes), l’assureur Allianz (ventes, RH, CRM, eCommerce, site Internet, comptabilité, achat, gestion de projets, etc.), Atos Worldline (gestion d’agenda, des contacts, des ventes, CRM, site Internet, VoIP). Parmi bien d’autres.

Un panel de fonctionnalités de plus en plus diversifié

Comme on le verra plus loin, la société élargit encore le répertoire fonctionnel de sa solution  – notamment aux rayons comptabilité, gestion des ressources humaines, gestion marketing.

Dans quelle mesure cette extension constante ne risque-t-elle pas de transformer la grenouille bondissante en boeuf lourdaud et ingérable?

“L’ensemble peut donner l’impression d’une complexité mais, en réalité, la technique en coulisses est simple”, tient à souligner Fabien Pinckaers. “95% des fonctionnalités et mécanismes sont communs.”

Odoo demeure fidèle à ce que la société considère comme un positionnement unique en son genre sur le marché: “une solution qui propose une grande richesse d’applications pour pas cher.” De l’ordre de dix fois moins chère que les formules SaaS de certains grands “majors” tels Microsoft ou SAP.

Sa viabilité (financière), la société la parie sur une frange minoritaire de sa clientèle. “80% de nos investissements sont consacrés au développement de fonctionnalités gratuites. 20% de l’effort porte sur des modules et fonctionnalités payants.”

Comment la société, fermement attachée à son modèle open source, décide-t-elle des volets de sa solution qui seront payants? “C’est toujours un gros débat. Les fonctions et modules qui intéressent potentiellement un très large public restent gratuits. Ils nous permettent d’avoir une visibilité maximale auprès d’un maximum d’utilisateurs.

C’est par exemple le cas du nouveau module d’e-learning. Par contre, la nouvelle application Field Services est payante. C’est une solution [gestion d’équipes techniques, par exemple] qui s’adresse davantage à une “niche”. Elle ne sera pas utilisée par des millions d’utilisateurs mais, par contre, les sociétés sont prêtes à payer pour ce genre de fonctionnalités parce que le processus est complexe et difficile à gérer (manuellement).”

Le raisonnement tenu par Odoo est que la grande notoriété que lui procurent les fonctionnalités gratuites (diffusées largement) attirent l’attention et font venir à elle les utilisateurs payants de fonctionnalités à plus grande “valeur ajoutée”. Une équation sur laquelle la société parie sa rentabilité depuis le passage à vide vécu en 2013, à une époque où Odoo se voulait encore “pure open source”, ne vivant que de contrats de maintenance – qui étaient largement insuffisants pour la sustenter.

“Le plus gros défi”

Les effets de la croissance seront l’un des principaux défis auxquels Odoo estime aujourd’hui être confronté. “Si nous maintenons notre rythme de croissance, un minimum de 100.000 personnes travailleront à vendre ou à développer pour Odoo dans le monde d’ici cinq ans”, estime Fabien Pinckaers. Voir les chiffres repris dans l’encadré ci-dessus.

“Le plus gros défi consiste donc à “éduquer” ces partenaires sur la manière de bien développer et implémenter les fonctions et la solution.”

Fabien Pinckaers (Odoo): “Notre plus gros défi consistera, dans les cinq années qui viennent, à “éduquer” ces partenaires sur la manière de bien développer et implémenter les fonctions et la solution.”

Quels sont les outils qu’Odoo utilise déjà à cette fin? Le nouveau module d’e-learning (voir détails v.13 ci-dessous) en est un. Il comporte un ensemble de cours (comptabilité, gestion commerciale, création de sites Internet…) utiles pour les nouveaux partenaires mais aussi pour les nouvelles recrues, pour les familiariser à la fois à l’outil et aux procédures qu’il est censé gérer et automatiser. 

La société mettra également en oeuvre et développera davantage son programme de certification des partenaires (développeurs et revendeurs) “afin de vérifier leur qualité et la manière dont ils opèrent”. 

Précisons ici au passage que la communauté des développeurs open source Odoo fonctionne certes librement, sans diktat ni surveillance étroite de la société mais avec toutefois l’obligation de respecter un certain nombre de directives qu’énumère Fabien Pinckaers: “nous exigeons d’eux [développeurs] qu’ils soient transparents sur le côté gratuit ou payant des fonctionnalités et solutions qu’ils développent. Il ne peut évidemment pas y avoir de conflit avec des solutions et applications existantes et nous veillons à une gestion de copyright qui soit conforme.”

Troisième instrument sur lequel Odoo compte pour “éduquer” ses partenaires: le business game Scale Up qu’elle a lancé en mai dernier. Il s’agit d’un jeu de rôles, conçu à l’origine à destination des professeurs (et étudiants) de Hautes Ecoles et d’universités (pour les filières gestion d’entreprise, gestion commerciale, marketing…) afin de leur faire découvrir, de manière pratique, la maîtrise des processus d’entreprise – au-delà de la théorie.

Le joueur est invité à se glisser dans la peau d’un CEO qui doit se débrouiller pour mener à bien les différents scénarios thématiques.

Quelque 400 professeurs, à ce jour, ont manifesté leur intérêt et plus de 15.000 jeux Scale Up ont été distribués (gratuitement), affirme Odoo.

La version anglaise inclut sept “flux de processus” ou “business cases” à apprivoiser. La version française, réalisée pour les besoins des autorités publiques françaises (le jeu est certifié comme outil pédagogique pour diplômes BTP – brevets de technicien supérieur) est plus restreint, ne portant que sur quatre flux (gestion commerciale, marketing…).

Ce business game est par ailleurs déjà utilisé dans le programme de formation initiale des nouvelles recrues d’Odoo, en guise de complément aux contenus d’e-learning. Demain, il deviendra un outil de formation pour les partenaires.

Odoo v.13

La version 13 de la solution intégrée Odoo propose une série d’améliorations (graphisme et fluidité de l’interface pour les modules de gestion de sites Internet, notamment) mais aussi quelques nouvelles applications.

C’est le cas au rayon gestion de ressources humaines où l’on voit notamment arriver les modules Referral (gestion de recrutement par référencement initié par les collaborateurs) et Approval workflow (utilisable d’ailleurs pour la gestion et le suivi d’autres processus non liés aux RH) ainsi que le module e-learning déjà évoqué. 

L’application Referral a été conçue avec une bonne dose d’esprit de gamification, très en vogue pour ce genre d’appli. Un employé qui recommande une personne extérieure pour un poste à pourvoir au sein de la société pourra accumuler des points, à échanger contre une “récompense”. Le logiciel conçu par Odoo inclut une série de fonctions qui permettent à la personne qui propose un candidat de suivre l’évolution du processus de recrutement, étant averti à chaque stade du succès ou non de l’opération. Toute étape franchie avec succès par le candidat lui rapportera des points

Chaque personne réellement engagée suite à son intervention rejoint alors son petit club perso sous forme d’avatar. De quoi motiver encore davantage les employés à faire assaut de bonne volonté pour gonfler les rangs et se distinguer par rapport à leurs collègues…

Pour les nouveaux embauchés, Odoo inclut désormais une fonction permettant de personnaliser son plan salarial, en sélectionnant lui-même les options et avantages extra-salariaux qui l’intéressent – avec calcul simultané de son salaire net et du coût global pour la société (histoire de ne pas dépasser l’enveloppe prévue). Une fois ce “package” ficelé et approuvé, la nouvelle recrue peut finaliser et signer son contrat – également en-ligne.

“Nous avons développé cette application, comme d’autres, pour répondre à nos propres besoins”, explique-t-on chez Odoo.

“Le fait de dématérialiser ce genre de choses évite que notre département RH soit assailli de questions de personnes demandant s’ils ont droit à ceci ou cela, s’ils pourraient plutôt bénéficier de tel ou tel avantage. Autant de temps gagné pour les RH…”

Côté gestion marketing, Odoo v.13 hérite d’un module de gestion de SMS, avec analyse statistique de leur efficacité. Arrivée aussi d’un portail Social marketing rassemblant en un seul écran synoptique les différents canaux sociaux via lesquels une entreprise communique avec ses cibles. Le module permet de gérer les réactions, de collecter les statistiques, de planifier la publication future de messages sur tel ou tel réseau social…

Une fonction de Push notification permettra désormais d’“alpaguer” un visiteur sur un site Internet et, selon l’endroit du site où il se trouve, lui proposer une assistance ou un message (ou proposition) personnalisé(e). Le tout grâce à une intégration avec son profil (s’il est connu et documenté dans une base de données de l’intégré ou “repéré” sur la Toile). De même, une intégration directe est assurée avec les fonctions de gestion des opportunités commerciales (leads).

La gestion des opportunités commerciales hérite pour sa part d’un potentiel analytique basé sur l’intelligence artificielle, permettant à l’utilisateur d’évaluer plus finement le potentiel de concrétisation et la valeur potentielle d’un “lead”. Et ce, sur base des infos de profil piochées à divers sources (CRM, contacts antérieurs, fiche d’identité sur réseaux sociaux…). “Un numéro de téléphone erroné réduit la valeur d’un lead tandis qu’un lead qualifié, sur base d’un contact direct antérieur, augmentera la valeur estimée du lead…”

Dans une autre catégorie fonctionnelle, la nouvelle application Field Services (pour équipes techniques, techniciens de maintenance, personnel d’entretien…) propose des fonctions de planification, de création de devis, de suivi des temps prestés ainsi que des worksheets adaptables au contexte, de facturation et signature électronique (en ce compris sur mobile)…

Autre application nouvelle dédiée à un métier spécifique: un module Rental pour les entreprises qui louent des biens en tous genres – voitures, équipements industriels, imprimantes, engins de chantier…

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