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Andaman7 se rapproche de son rêve américain

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Par · 07/08/2019
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Andaman7_iPadLa start-up liégeoise Andaman7 vient de faire un nouveau pas dans sa stratégie d’extension à l’international et, dans le même temps, dans sa quête d’accompagnement et d’encadrement afin de faire mûrir et évoluer sa solution de dossier médical personnel mobile. 

Depuis peu, elle a en effet été admise comme résidente au JLabs, l’incubateur de Johnson & Johnson spécialisé dans les sciences de la vie qui dispose de plusieurs implantations dans le monde.

Dans le cas d’Andaman, le site où elle prend pied est celui de South San Francisco. Avec aussi une inclusion à la liste des start-ups accompagnées à Beerse, en province d’Anvers – “JLabs nous y mentionne en raison de notre approche globale”, explique Vincent Keunen, fondateur et CEO de la jeune pousse liégeoise.

A San Francisco, Andaman7 se retrouve en bonne compagnie puisque la “petite Belge” côtoiera une vingtaine d’autres jeunes pousses, de nationalités diverses mais ayant toutes un lien direct avec les hautes technologies appliquées au médical, au pharma et/ou aux biotech.

Quel intérêt?

Quel intérêt et que cherche Andaman7 en intégrant l’incubateur JLabs? Réponse de Vincent Keunen: “de la visibilité, un accès au personnel de Johnson et Johnson et de Janssen (Pharma). Donc à du coaching – financier, opérationnel, commercial – et à de l’accompagnement en termes de market fit… Sans compter les formations et la participation à leurs activités (séminaires, conférences…).”

Sans compter aussi les facilités de réseautage et d’échange avec les membres de la communauté JLabs (plus de 500 sociétés, dont une majorité actives dans le secteur pharma mais avec aussi des start-ups orientées dispositifs médicaux ou solutions grand public). 

Répartition des start-ups hébergées aux JLabs de South San Francisco.

A priori, et aux termes de la convention que propose la société pharma, il n’y a pas de “fil à la patte” ou de contrepartie financière/ capitalistique. Du moins pas comme condition initiale à l’acceptation dans le programme.

Dans sa petite vidéo “Become a resident”, J&J explique que les start-ups qu’elle accueille dans son programme d’incubation sont sélectionnées notamment dans l’idée que “ce sont des talents avec lesquels nous pourrions conclure des partenariats à l’avenir. C’est un modèle “no strings attached”. Nous sommes prêts à investir pour autant qu’elles jouent le jeu autant que nous.”

Pour Andaman7, au-delà de la “visibilité”, le but recherché est de “développer la confiance du marché dans notre solution, de jeter les bases de projets avec J&J/Janssen, voire éventuellement d’un financement futur”, financement que Vincent Keunen qualifie d’“envisageable”.

La durée d’“incubation” n’est pas limitée. La personne qui profitera de cet encadrement JLabs est David Levesque, de nationalité américaine, devenu US business development manager pour Andaman7 fin 2016 (il a un pied à terre à Redwood City, en Californie).

Compatibilité américaine

Restons aux Etats-Unis, toujours dans le cadre de la stratégie d’expansion internationale d’Andaman7. En juillet, la société annonçait la compatibilité de son appli avec les normes américaines en matière de dossier médical électronique, permettant désormais à l’appli de se connecter et de “pomper” les infos de ces dossiers constitués par les hôpitaux américains. Un pas important, sinon vital, pour s’ouvrir les portes du marché US.

Source: A7 Software

“Voici un an que nous travaillons à ce potentiel d’importations de données. Les dossiers gérés par plus de 300 hôpitaux américains sont concernés. Désormais, nous couvrons 85% de la population américaine. Autrement dit, 85% des patients américains sont en mesure de récupérer leurs données via Andaman7.”

Grâce à l’intégration réalisée, l’utilisateur a la possibilité d’importer ses données et informations hospitalières (documents et informations non structurées, données administratives, vaccinations, examens, allergies…) dans l’appli de dossier médical mobile Andaman où elles sont catégorisées de manière historique et thématique.

L’Amérique d’abord (ou presque…)

Le patron d’A7 Software en profite pour souligner que l’Europe a peut-être du mouron à se faire en termes de leadership dans le domaine de la gestion des données santé et d’ouverture aux capacités d’innovation des start-ups. “Les Etats-Unis sont en train de résoudre les problèmes d’interopérabilité bien plus vite que l’Europe, grâce au programme Meaningful Use [normes d’interopérabilité et d’échanges de dossiers e-santé] et à l’API FHIR [Fast Healthcare Interoperability Resources], obligatoire pour tous les logiciels d’hôpitaux.

Il serait temps que l’Europe et la Belgique imposent cela aux hôpitaux et aux éditeurs de logiciels médicaux pour casser les monopoles qui ferment les accès aux start-ups et limitent les services aux patients.

Les réseaux belges [Ndlr: lisez, les Réseaux Santé] restent résolument fermés aux start-ups alors qu’elles pourraient résoudre beaucoup de problèmes, diminuer les coûts de la sécurité sociale et rendre de meilleurs services aux patients.

Lettre ouverte de Vincent Keunen
“en remerciement aux patients qui ont demandé à pouvoir accéder à leurs données santé et/ou hospitalières”

Vous avez été des centaines à réclamer vos données médicales auprès des hôpitaux : une preuve irréfutable que les patients veulent un accès à leurs données et le contrôle de leur santé ! 

Continuez à insister, c’est le seul moyen face à l’immobilisme. Vous avez droit à vos données, réclamez-les (droit des patients de 2002 et GDPR).
Vous pouvez aussi téléphoner au service de médiation de votre hôpital, à sa direction médicale ou au service des archives médicales pour insister (le numéro de téléphone est en général sur le site web de l’hôpital). Vous pouvez aussi parler à vos amis journalistes. 😉

Et ne vous laissez pas intimider par diverses excuses de « sécurité » ou de « respect de la vie privée » ou « d’exploitation commerciale de vos données » :
– Andaman7 est un des systèmes les plus sûrs car vos données ne sont pas centralisées ; elles sont uniquement sur votre smartphone
– Andaman7 respecte à 100% votre vie privée, pour les mêmes raisons
– vos données ne sont pas exploitées commercialement (la société Andaman7 n’y a d’ailleurs pas accès).

Plusieurs centaines de demandes d’accès ont été envoyées par des patients belges aux hôpitaux – demandes pour lesquelles ils nous ont mis en copie. Ces centaines de patients sont désireux de pouvoir avoir accès à leurs informations – et c’est leur droit – mais les hôpitaux et les réseaux ignorent complètement ces demandes.” Voir en encadré ci-contre la lettre ouverte qu’Andaman7 a rédigé à destination des patients (et utilisateurs de son appli), les invitant à continuer leur petit travail de pression…

Vers de futurs partenariats US?

Via David Levesque, Andaman7 a un pied en Amérique depuis fin 2016, à Redwood City, en Californie. L’annonce de l’interopérabilité pour les dossiers hospitaliers américains n’implique pas, à l’heure actuelle, d’ouverture de nouvelle antenne. Par contre, la start-up belge cherche de nouveaux partenariats pour “scaler, car notre technologie est une des plus avancées – même par rapport aux Américains…”, explique Vincent Keunen.

Ce ou ces futurs partenariats pourrai(en)t prendre la forme de participation au capital, voire plus… C’est aussi dans ce contexte qu’il faut replacer la participation au programme d’incubation JLabs…

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