HistoCrypt: curieux ou spécialistes de la cryptographie ont rendez-vous à Mons

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Par · 13/06/2019

Mons accueillera dans quelques jours la cinquième édition de la conférence internationale HistoCrypt – comme dans “Historical Cryptology”.

Cette année, la conférence qui, lors de ses éditions 2016 et 2017, avait été baptisée EuroHCC (European Historical Ciphers Colloquium), se tiendra en effet au Mundaneum de Mons du 23 au 26 juin. Maître de cérémonie et organisateur: le Professeur Jean-Jacques Quisquater, de l’UCLouvain.

“Cryptologie historique”. Que recouvre ce terme et pourquoi y consacrer une conférence? Et quel public est-il visé ou attendu?

Le programme plonge dans les origines et les multiples formes et circonstances qui ont marqué la cryptographie (techniques de chiffrement) et la crypto-analyse (analyse et décryptage de messages codés). Il y sera donc question de cryptogrammes encore restés indéchiffrables à ce jour (par exemple le manuscrit de Voynich), de cryptographie à usage militaire, économique, diplomatique, de systèmes de chiffrement à travers les âges, des aspects linguistiques de la cryptographie, mais aussi de la nécessité – et des moyens – de promouvoir et d’enseigner la cryptographie à l’école ou au bénéfice du grand public.

La conférence sera donc à la fois l’occasion de vulgariser certains aspects de la “crypto”, d’en démythifier d’autres, de soulever un coin du voile sur certains mystères ou fausses perceptions, mais aussi un lieu d’échanges entre spécialistes et experts, qu’ils soient, comme le souligne le professeur Quisquater, des “amateurs, collectionneurs, chercheurs ou historiens.”

Parmi la liste des orateurs et conférenciers, relevons la présence de deux Belges: Vincent Rijmen et Bart Preneel.

Vincent Rijmen, professeur à la KUL et co-auteur, avec Joan Daemen, de l’algorithme de chiffrement symétrique par bloc Rijndael, fera un exposé, le mardi 25, sur l’histoire de l’AES.

Bart Preneel est lui aussi professeur à la KUL, spécialiste des techniques de hachage et d’authentification. Directeur du groupe COSIC (Computer Security and Industrial Cryptography) de la KUL, il est l’un des auteurs de la fonction de hachage RIPEMD-160 (RACE Integrity Primitives Evaluation Message Digest). Il reviendra, le lundi 24, sur un événement historique: l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961. Le lien avec la cryptographie? Au début des années 2000, le Parlement belge a enquête sur les commanditaires et a dû faire appel à des spécialistes en cryptographie (dont Bart Preneel) pour déchiffrer des messages codés (des télex à l’époque) qui avaient été envoyés pour préparer ou commanditer l’assassinat. Des messages dont l’origine se situait au ministère belge des Affaires africaines…

Le programme complet de l’édition 2019 de la conférence HistoCrypt peut être consulté ici.

Détails pratiques et inscriptions via le site de l’événement