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Le CIRB propose des pistes pour poursuivre la politique “Smart City/Smart Region”

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Par · 16/05/2019
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A quelques jours des élections, le CIRB (Centre Informatique de la Région de Bruxelles-Capitale) publie un nouveau document consacré au “Déploiement de la politique Smart City dans la Région de Bruxelles-Capitale”.

Ce document se veut une “note d’ambition” – un message aux futurs responsables gouvernements – dans lequel le Centre Informatique de la Région définit les “ambitions et domaines d’actions” afin de pousser plus avant les projets de “Région intelligente”. Lisez: une Région qui exploite les technologies numériques, notamment, au service de la mobilité, de la connectivité, de l’environnement, de la gouvernance…

Cinq axes sont présentés comme étant “décisifs”:
– identification de futurs projets “smart” pertinents avec recours à une “méthodologie stricte d’évaluation et de sélection des projets prioritaires”
– mise en place du Smart City Office, “coordinateur et preneur d’initiatives transversales, activateur des différentes parties prenantes” – il sera piloté par le/la Smart City Manager
– renforcement ou définition du cadre politique (favoriser la prise d’initiatives, baliser le contexte législatif et réglementaire…)
– nouvelles initiatives en matière de gestion des données
– engagement collectif via la co-création.

Open data et open resources

L’open data est déjà une réalité du côté de la Région de Bruxelles-Capitale mais il s’agit, selon le CIRB, de ne pas relâcher l’effort et de le pousser encore plus loin.

Le CIRB souligne ainsi la nécessité de constituer une vue d’ensemble de toutes les données disponibles, afin de favoriser la gouvernance à l’échelle de la Région (alors que la visibilité sur les initiatives est aujourd’hui trop fragmentée, dispersée dans les différentes administrations), de favoriser partage et réutilisation et d’identifier les données manquantes.

Dans le même ordre d’idées, le CIRB souligne l’importance qu’il y a à favoriser et/ou à accentuer encore davantage les pratiques de réutilisation et de mutualisation, appelant les “parties prenantes à transcender le cadre des politiques individuelles afin de regrouper les efforts et les ressources disponibles. Etant donné que les projets ne se limiteront pas à un domaine politique unique, il est primordial de briser les silos de connaissances ayant été construits pour faire place à une coopération accrue entre l’ensemble des acteurs.”

Tous responsables

Si le gouvernement est identifié comme étant un acteur essentiel pour procurer le cadre et les leviers essentiels pour une politique et un cadre propice à la genèse de projets smart city, le CIRB souligne à nouveau l’importance qu’il y a à mobiliser tous les acteurs – privés et publics. “Le Smart City Office a un rôle important à jouer mais d’autres initiatives, telles que la mise en place d’une plate-forme numérique participative pour les citoyens, l’organisation de hackathons ou des journées à thèmes, etc., y contribuent aussi considérablement.”

Autre instrument appelé de ses voeux par le CIRB: des “smart zones” ou living labs pour un travail de co-idéation et de co-création collectif.

“Les villes de demain doivent être proactives en encourageant et en animant un ensemble d’acteurs issus de la “quadruple hélice”: les administrations publiques, les entreprises, le monde académique et les citoyens. […] C’est le concept “City as a Platform”, défendu par notre Smart City Ambassador, le professeur Pieter Ballon.”

Parmi les pistes d’action attendues du futur gouvernement, citons notamment:
– “une contribution de la Région au développement et à la mise en place de l’économie du numérique”
– “une participation à la construction du modèle éducatif à l’ère des nouvelles technologes avec, entre autres, l’apparition de classes pédagogiques virtuelles, la création de formations multimodales combinant des moyens multimédias avancés et des applications numériques, ou encore l’utilisation du data mining pour mieux appréhender et mesurer l’apprentissage” – et cela passe par un renforcement de l’infrastructure de connexion des établissements d’enseignement
– en matière de mobilité, une meilleure exploitation des données pour favoriser la diversité des moyens de transport et l’intégration multimodale
– “mieux prévoir les besoins des citoyens et y répondre en s’appuyant sur les nouvelles technologies” et, en parallèle, faire en sorte que la Région “se réinvente dans son organisation et sa gestion”
– ”la Région bruxelloise doit tirer profit de la diversité [de population] qui la caractérise pour redéfinir la sémantique de la cohésion sociale et définir un plan d’inclusion sociale et numérique à implémenter dans les années à venir”.

Le CIRB prône également la “définition d’indicateurs de performance et l’élaboration d’un tableau de bord de la Smart City”, histoire de mesurer les résultats et de communiquer ouvertement à propos des projets engagés ou planifiés. 

Le cloud oui, mais sous conditions…

Le CIRB en appelle aussi à mieux baliser ce qui est permis ou non, ou ce qui est souhaitable, en termes de recours au cloud par les acteurs régionaux. “Le cloud est devenu un élément essentiel de la smart city. Encore faut-il savoir de quel cloud on parle: un cloud souverain, géographiquement localisé et contrôlé par les pouvoirs publics ; un cloud géré par le secteur privé dans un cadre régulatoire strict ; ou un cloud géné par le secteur privé sans aucune règle ou contrôle ?

Certaines administrations font aujourd’hui le choix d’aller dans le cloud privé sans qu’aucune règle et contrôle n’ait été fixé par les organes démocratiques que sont le Parlement et le gouvernement et sans réellement savoir si la sécurité des données publiques est assurée. Il est indispensable de fixer le cadre régulatoire et législatif du stockage et de l’exploitation des données publiques afin de garantir la souveraineté, la localisation, l’utilisation et la sécurité.”

CIRB: “Dans son rôle de régulateur, le gouvernement bruxellois devrait fournir les normes et lignes directrices nécessaires afin de protéger, autant que possible, la vie privée de chacun tout en encourageant le développement de nouvelles solutions smart.

 

On retrouve le souci de la sécurité dans un autre chapitre: celui de la protection des données générées et collectées par les équipements smart city. “Les solutions ‘smart’ et les éléments de base qui les sous-tendent doivent être dotés de systèmes de sécurité de haut niveau avant d’être diffusés à grande échelle. Les ressources sensibles doivent être évaluées et entourées de mécanismes de défense rigoureux. Là aussi, des politiques appropriées devraient être mise en place sur la manière de réagir en cas d’infractions, qui ne se concentrent pas seulement sur la remédiation technique mais aussi sur les niveaux de transparence et de communication.

[…] Les services de sécurité existants sont davantage axés sur l’authentification et l’autorisation des utilisateurs et non sur les données en tant que telles.” Une évolution, ou un changement de paradigme, est dès lors jugé nécessaire.

CIRB: “Les ressources sensibles doivent être évaluées et entourées de mécanismes de défense rigoureux. Des politiques appropriées – de remédiation technique, de transparence et de communication – devraient être mise en place sur la manière de réagir en cas d’infractions.”

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