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MySkillCamp prépare une solution post-LMS

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Par · 30/11/2018
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On savait la société MySkillCamp à la recherche de nouveaux moyens financiers. En début d’année, elle avait déjà collecté 700.000 euros, venant compléter une première escarcelle de 215.000 euros réunie en 2016. Ce nouveau tour de table, début 2018, avait eu pour but “de trouver et d’attirer de nouveaux partenaires, de qualité, pour préparer l’étape suivante.” LeanSquare, Digital Attraxion et Seeder Fund avaient ainsi rejoint alors les investisseurs de la première heure qu’avaient été Wapinvest et Novallia.

Mais la couleur était donc clairement annoncée: une nouvelle levée de fonds était planifiée pour la fin de l’année ou le début 2019. L’un des objectifs annoncés était alors de préparer une attaque du marché français.

S’il y a bien eu levée de fonds en cette fin d’année – un million d’euros -, sa finalité est toute autre. Avant de s’attaquer à l’étranger, MySkillCamp désire en effet consolider son offre et sa présence sur le marché belge. Côté offre, les moyens nouveaux vont permettre de modifier quelque peu la teneur de sa solution.

De L(C)MS à LXP

MySkillCamp propose aux entreprises un LCMS (Learning Content Management System) qui leur permet de créer, gérer et faire évoluer des contenus de formation, destinés à leurs collaborateurs, mis à disposition en ligne dans des espaces virtuels baptisés “camps”. Chaque entreprise dispose d’un espace privatif, décide des contenus (auto-créés ou piochés ailleurs), du volume de formations, des conditions d’accès, et gère par ce biais l’évolution des compétences de ses employés.

Dans la nouvelle étape qu’elle veut aujourd’hui franchir, MySkillCamp ne renie pas son passé et garde sa solution LCMS au coeur de son offre mais veut la transformer en “LXP” – Learning Experience Platform.

La différence? Un “LXP” (ou LEP) veut offrir une plate-forme de formation qui ne soit pas circonscrite aux murs d’une entreprise (ou d’un établissement d’enseignement) mais qui soit ouverte à tous les lieux (physiques ou virtuels) où un apprenant va puiser ses sources de formation et de compétences.

Pour les observateurs, un LMS classique est aujourd’hui dépassé parce que trop rigide, trop mono-usage. Les nouveaux modes de travail, les technologies mobiles, les MOOC… sont passés par là et ont rendu obsolète une approche trop centrée sur un seul pourvoyeur.

Le LXP ou LEP tel que veut le proposer MySkillCamp permettra aux entreprises, qui restent sa cible de clientèle, de gérer en un seul lieu des formations numériques, en présentiel, et hybrides (“blended learning”). Des API leur permettront d’aller puiser d’autres contenus et de les gérer et diffuser via MySkillCamp.

Source: Deloitte

Mais le changement majeur vient du fait que la solution LXP devient un outil de gestion pour formation continuée, tout au long de la carrière de chaque individu. Même s’il quitte l’entreprise, il gardera une trace concrète, via son “passeport formation”, des formations suivies et des compétences acquises. Certes, il n’aura plus accès aux formations qu’offre son ancien employeur dans son espace virtuel dédié MySkillCamp mais, via son espace Apprenant, il restera maître de son parcours, de son historique de formation, des résultats, badges et autres attestations obtenus.

Il pourra donc emmener avec lui une sorte de viatique-compétences et continuer à alimenter “la ligne de temps de son apprentissage.” 

La nouvelle version de MySkillCamp devrait être disponible fin janvier 2019.

Concullègues

MySkillCamp désire donc jeter des passerelles vers d’autres outils de formation et créateurs/dispensateurs de contenus de formation. Par exemple, Bookboon, société d’édition de livres électroniques. “Via API, nous offrons aux entreprises et aux apprenants un accès vers les catalogues d’acteurs (éditeurs de contenus ou LMS traditionnels) qui sont certes des concurrents mais il y a là, pour nous, une opportunité de partenariat et de ventes incitatives”, déclare Amandine Coutant, directrice opérationnelle de MySkillCamp.

“Ensemble, nous pouvons avoir plus d’impact et de poids. Car, au final, ce qui prime, c’est bien que l’apprenant puisse se former.” Se former et puiser les ressources dont il a besoin, qu’elles lui soient imposées par son employeur ou qu’il veuille se bâtir son propre parcours.

Amandine Coutant (MySkillCamp): “Le LXP MySkillCamp couvrira les phases avant, pendant et après formation. Les fonctionnalités permettent en effet de gérer la phase d’on-boarding, d’assurer la gestion et le suivi de la formation proprement dite, et l’après-formation – évaluation, suivi, coaching…”

Un million d’euros

Qui sont les investisseurs participant à ce nouveau tour de table? On retrouve à nouveau Wapinvest, qui remet 150.000 euros dans la cagnotte. LeanSquare et le Seeder Fund sont également, cette fois encore, de la partie, injectant chacun 200.000 euros. S’y ajoute un apport de 200.000 euros d’origine bancaire (venant d’ING). Et de nouveaux business angels montent à bord, pour un total de 250.000 euros. “Nous avons cette fois voulu attirer des investisseurs ayant des expertises dans des matières qui sont directement utiles à nos objectifs: ressources humaines, management, marketing…”

Parmi les investisseurs privés, citons les noms de Yvan Gouttebelle, associé chez Assystem Care et fondateur de Biotech Quality Group, de Thomas Desimpel, business angel ayant investi notamment dans des projets immobiliers (Benelux, Brésil, Portugal), et de Jean-Paul Erhard, associé-gérant de Peoplesphere.

“Notre premier objectif est de développer la nouvelle plate-forme et de consolider notre présence sur le marché belge.” Et cela inclut potentiellement le marché néerlandophone. Mais cela exigera, au-delà de l’éclairage que pourront apporter les investisseurs privés flamands montés à bord, de procéder à une étude de marché. “La Flandre présente une autre culture en matière de formation, culture que nous connaissons encore mal jusqu’ici”, admet Amandine Coutant. “Sans parler de la nécessité d’ouvrir la plate-forme et les services prestés à une nouvelle langue. Se lancer sur le marché flamand exigera donc davantage de ressources humaines et une réflexion plus approfondie de notre stratégie d’ouverture sur ce marché……”

Le premier marché “naturel” pour une extension reste donc la France, “même si de nombreux prestataires y sont déjà actifs dans le domaine de l’apprentissage numérique”. Mais cette extension ne viendra que dans une phase ultérieure.

Pour l’instant, MySkillCamp emploie quelque 10 salariés. La société est à la recherche d’“environ cinq nouveaux collaborateurs”, notamment pour développer et “moduler” son produit et pour renforcer l’équipe vente et marketing. Si les effectifs actuels sont majoritairement basés à Tournai, berceau de la société, et sont un mix de Belges et de Français, la société a récemment ouvert un bureau à Bruxelles, histoire de s’offrir un pied à terre plus central et plus commercialement stratégique, plus proche aussi de ses clients (parmi eux D’Ieteren, Solvay, Sodexo, UCB Pharma).

Les nouvelles recrues seront pour la plupart basées à Bruxelles.

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