Pour rester informé(e) des dernières actualités de l'IT en Belgique francophone, lisez ceci • Comment / Pourquoi s'abonner ?

Ça a cogité ferme au hackathon “Ruralité intelligente” de l’UNamur

Article
Par · 02/11/2018
Partager

Pour une première édition, le hackathon organisé le week-end dernier par les étudiants de la Faculté d’Informatique de l’UNamur, via leur asbl CS Labs (CS comme dans Computer Sciences), a atteint son objectif. A savoir: attirer suffisamment de participants (ils étaient plus de 70), intéresser d’autres universités et Hautes Ecoles à être de la partie (Mons, la HE du Hainaut et la HE Libre de Bruxelles, notamment, avaient répondu à l’appel) et faire naître des idées, si possible originales, dans les thèmes choisis.

Le fil rouge général qui avait été sélectionné était celui de la “ruralité intelligente”. A décliner en trois thématiques: mobilité, tourisme et circuits courts.

Profil des participants: des étudiants âgés de 19 à 25 ans. Venus de différentes facs – même si les étudiants en informatique étaient majoritaires. “Il est parfois difficile de motiver les étudiants d’autres facs à s’impliquer dans un hackathon, simplement par ce terme est terriblement connotés et qu’ils ne voient donc pas en quoi ils pourraient se frotter à un exercice de programmation et de conception IT”, nous confiait l’un des organisateurs… 

Inspiration variable

Au final, ce sont pas moins de 14 équipes qui se sont constituées le temps d’un week-end (l’une d’entre elles a jeté l’éponge avant la fin). La majorité d’entre elles se sont focalisées sur le thème – très dans l’air du temps – des circuits courts. Avec des idées et scénarios qui étaient souvent fort proches et, pour certains, auraient dans doute gagné à sortir des chemins battus et de fonctionnalités que l’on rencontre déjà souvent. Les étudiants, dans une certaine mesure, sont demeurés trop “sages”, n’osant pas une originalité “out of the box”. Les membres du jury auraient également souhaité voir davantage d’équipes plancher sur le sujet de la mobilité mais on ne commande pas les inspirations…

Les étudiants avaient répondu nombreux à l’appel CS Labs pour “hackathonner” sur le thème de la ruralité intelligente…

Toutefois, plusieurs projets se sont caractérisés, dans les concepts et les outils numériques, par quelques touches inventives. Quelques exemples?

>> Jumeler, dans une même appli mobile, la possibilité pour des citoyens d’acheter, dans leur zone immédiate, des produits auprès de producteurs locaux et… de se transformer, lorsqu’ils vont les acheter, en livreurs bénévoles pour d’autres consommateurs habitant dans la même zone. Avec une “carotte” pour encourager les bons comportements: l’utilisateur accumule en effet des points à mesure qu’il consomme local et propose du covoiturage ou des livraisons.

>> Remettre le concept du Tamagotchi à l’ordre du jour mais au service d’une sensibilisation champêtre pour “enfants des villes”. L’idée n’est pas révolutionnaire mais n’en reste pas moins sympa: allier des capteurs bon marché (collecte de données sur le taux d’humidité, la température) à une appli éducative installée sur smartphone ou tablette qui, pour différents types de produits de la terre, permet à l’enfant de veiller à la bonne santé et à la maturation de son micro-potager. Avec une dose de gamification pour le motiver, en ce compris via un système de messagerie et de partage de photos entre enfants.

L’équipe d’étudiants envisageait de permettre le suivi quotidien de la pousse de tout un panel de produits et de sensibiliser ainsi les plus jeunes à l’importance d’une production re-domestiquée. 

>> Signalons encore que deux projets s’étaient saisi de la problématique de la diminution du nombre d’agriculteurs, liée à la difficulté de trouver successeur ou repreneur. Là aussi, l’idée est de semer en quelque sorte la petite graine de l’amour et de l’intérêt pour la terre auprès des plus jeunes. Cela pourrait dès lors prendre la forme d’un site proposant des stages ou des visites pédagogiques de fermes. L’une des deux équipes évoquait l’idée d’inclure dans le site un potentiel de réalité virtuelle permettant de mieux visualiser un champ ou les techniques de culture, via immersion réaliste.

Petit coup d’oeil sur les lauréats

Trois prix étaient attribués aux projets combinant au mieux des qualités d’originalité, de faisabilité, de prise en compte d’un problème réel lié à la ruralité, et dont l’idée, voire le prototype, avait atteint un degré élevé de concrétisation.

>> Premier prix pour un projet anti-gaspi/création de liens sociaux

“Rue’Ralité” est un projet orienté circuits courts. Pour encourager la production et la consommation locales de produits, la solution ne se focalise pas – ou pas uniquement – sur les producteurs locaux mais aussi sur les particuliers qui disposent parfois de surplus dans leurs potagers et vergers. Pour éviter que cette nourriture se perde ou ne pourrisse, l’appli permettrait à chacun de mettre ses surplus en vente pour les habitants résidant dans une zone géographique proche. Et pour promouvoir à la fois la production locale et l’anti-gaspi, une bonne dose de gamification est prévue. Par exemple, un concours “village du mois”, qui récompenserait non pas le patelin qui a produit le plus de poires ou de poireaux mais plutôt celui qui cumulerait deux mérites: un score de consommation intra-entité entre voisins qui a permis d’éviter le plus de gaspillage et la plus grande diversité de produits.

Rien ne dit que les idées survivront au week-end mais certaines, en tout cas, mériteraient d’être prolongées, affinées et développées (voire “pivotées”). Les lots attribués aux trois projets épinglés par le jury devraient en tout cas contribuer à prolonger l’effort: le BEP et le hub créatif Trakk offraient ainsi une participation à un atelier technique (sur un thème à choisir par les participants parmi le catalogue), un abonnement au Fab Lab du Trakk, et la possibilité d’intégrer un programme d’accélération, toujours au Trakk.

>> Planification de tournée pour médecins de (vaste) campagne

La solution imaginée: une appli de gestion d’agenda couplée à un potentiel permettant au médecin opérant en milieu rural (souvent synonyme de longs déplacements) d’“optimiser” sa tournée de visites en calculant le circuit le plus “efficace”. Pas question évidemment de s’appuyer sur le seul critère de la distance à parcourir ou du temps nécessaire pour terminer chaque visite. Le but sera d’y inclure des paramètres de durée variable de visite, de priorisation en fonction de l’urgence de chaque visite et de la gravité de chaque cas… L’idée n’est pas simple à concrétiser et nécessitera, si elle est poussée plus loin, pas mal de mise au point, de validation avec la réalité de terrain, de prise en compte d’obstacles et contraintes tels que la vie privée…

Dans un stade préliminaire, les étudiants imaginaient que le médecin garde totalement la main sur la prise de rendez-vous, l’appli se contentant de planifier le meilleur trajet. Mais, à terme, l’objectif serait de laisser la solution algorithmique “conseiller” en temps réel le médecin dès la prise de rendez-vous. Autre scénario envisagé: centraliser les agendas de plusieurs médecins afin de conseiller au patient de réserver un créneau chez tel praticien plus proche de son domicile et pouvant l’accueillir plus vite que tel autre.

>> L’or bleu qui dort au fond du jardin

“Eau + proche” est une solution visant à favoriser le partage des réserves d’eau de pluie entre particuliers (ou entreprises) et agriculteurs, afin de mieux faire face aux pénuries et d’éviter que les agriculteurs, en manque critique d’eau, ne trouvent d’autre solution que d’effectuer des puisages intempestifs et sauvages dans des ressources à préserver (les rivières par exemple). Parfois très loin de chez eux.

Le projet imagine de réaliser une cartographie (sur base de signalements volontaires) des réserves d’eau (puits, citernes…). Chaque propriétaire signalerait alors sur le site ou l’appli qu’il met telle quantité à disposition d’agriculteurs demandeurs. “Le but premier de l’application est de faire naître des communautés locales de partage, sans objectif lucratif, mais en voulant avoir le plus grand impact environnemental possible.”

Partager

Laisser un commentaire