Tessares: nouvelle levée de fonds pour la phase scale-up

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Par · 23/03/2018

Quoi de mieux pour fêter ses trois années d’existence que de réussir une nouvelle levée de fonds? C’est ce que vient de réaliser Tessares, spin-off de l’UCL spécialisée dans l’optimisation de bande passante Internet par hybridation des canaux utilisés (DSL/DSL, ADSL/LTE, WiFi/4G/LTE, notamment) en s’appuyant sur la technologie Multipath TCP.

Après son premier tour de table datant de 2015, auquel avaient participé le fonds d’investissement Vives II (UCL) et Proximus, les deux partenaires “rempilent” et sont rejoints par la SRIW. Hauteur du nouvel apport de fonds: trois millions d’euros.

Direction “scale-up”

“Le défi, désormais”, soulignait Denis Périquet, co-fondateur et directeur de la société, “c’est de passer du stade de start-up dynamique à celui de scale-up rentable.” Et l’apport de fonds, condition certes souvent indispensable, est loin d’être le seul ingrédient nécessaire. Trois paramètres majeurs (parmi d’autres) sont à ses yeux la multiplication des (gros) clients, la signature de nouveaux contrats de partenariat commercial et la robustesse des processus mis en oeuvre.

Il passait ces trois points en revue lors du petit événement organisé à l’occasion du troisième anniversaire de la société.

Denis Périquet (Tessares): “Convaincre quelques gros opérateurs européens afin de pouvoir nous hisser dans la division supérieure.”

Côté partenariats, celui passé avec Proximus demeure évidemment fondamental. Un partenariat hybride puisque l’opérateur est tout à la fois acolyte technologique, client, investisseur et allié commercial – en ce compris à l’international.

Côté partenaires commerciaux, Tessares peut déjà afficher un joli tableau de chasse avec des noms tels que Broadcom, Intel, ZTE, Lantiq, Sagemcom, Cisco, Arcadyan…

Côté clients, en plus de Proximus qui couvre le marché belge, Tessares a signé des contrats avec KPN aux Pays-Bas et avec Telia en Lituanie. Un quatrième “gros client” (opérateur européen) est venu s’ajouter à la liste mais la société n’est pas encore autorisée à en livrer le nom. Le projet de déploiement “à grande échelle” qui est à la clé démarrera à la fin de l’été.

Petit retour sur la scène locale pour parler base installée. Après le test-pilote à Frasnes-lez-Anvaing, Proximus s’est embarqué dans un programme de déploiement à plus grande échelle. L’opérateur cite le chiffre de 1.400 foyers wallons désormais équipés avec la solution Tessares (jumelage Bbox-modem 4G). Objectif d’ici la fin de l’année: 10.000 foyers “situés essentiellement en Wallonie”.

Pour l’heure, le parc installé total de Tessares (Belgique, Pays-Bas, Lituanie) se monte à quelque 15.000 unités.

Dernier paramètre de croissance à cajoler selon Denis Périquet: les processus. En la matière, il estime que sa société a efficacement préparé le terrain, au cours des derniers mois, “afin de pouvoir passer à l’échelle, dans différents pays, que ce soit en termes de processus commerciaux ou R&D.”

Effectifs actuels de la société? 28 personnes.

Trois axes de croissance

Son actionnaire de référence (Proximus) ne manque évidemment pas de répéter le message: “Des concurrents majeurs, tels que Huawei ou Nokia, s’efforcent de développer des solutions similaires à celles de Tessares [optimisation de débit]. Le go to market est donc essentiel pour conserver une longueur d’avance”, soulignait ce mercredi Renaud Tilmans, chief customer operations officer chez Proximus. “Il s’agit dès lors d’attirer de nouveaux clients internationaux [lisez: opérateurs] et de conclure de nouveaux partenariats pour renforcer le réseau de distribution et se garantir des revenus récurrents.”

Chose dont est évidemment consciente Tessares. “Notre croissance, au cours des prochaines années, se jouera dans trois axes: acquisition de nouveaux clients, développement à l’international, et diversification de notre portefeuille.

Source: Tessares

Côté clients, il nous faut décrocher quelques gros clients européens, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Pologne… Nous devons convaincre, dans ces pays, l’un des gros opérateurs afin de pouvoir nous hisser dans la division supérieure.

Pour ce qui est du développement à l’international, nous ne négligeons pas non plus les autres régions du monde – l’Asie Pacifique, l’Amérique du Nord… Des opérateurs de ces régions nous ont déjà contactés spontanément. Nous sommes conscients qu’il faut y aller avant que de grands acteurs n’arrivent avec leurs propres solutions.

Enfin, nous diversifierons notre portefeuille de produits. Nous réfléchissons dès à présent à de futures solutions.” Parmi les pistes possibles, une solution de basculement dynamique entre 4G et 5G sur smartphone (des contacts en ce sens ont été noués avec un opérateur télécom sud-coréen), des solutions pour voitures connectées (“nous avons été contactés par certains constructeurs automobiles mais nous n’avions pas, jusqu’ici, les moyens de répondre à ces sollicitations”), et des solutions pour doper les connexions Internet WiFi dans les transports en commun (ferroviaire ou aérien).