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Prochaine expo Cryptographie et secret numérique au Mundaneum

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Par · 07/07/2017
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De la mi-octobre à mai 2018, le Mundaneum (Mons) accueillera une exposition intitulée “Top secret ! Un monde à décrypter”. Pendant 7 mois, le centre d’archives sera ainsi placé sous le signe de la cryptologie, la “science des écritures codées”, autrement dit l’art de coder mais aussi de décrypter.

Pour orchestrer l’événement, le Munda a fait appel à une pointure belge en matière de (cyber)sécurité en la personne du professeur Jean-Jacques Quisquater de l’UCL, à qui l’on doit notamment des recherches et développements qui ont mené à la solution de cryptographie de nos passeports électroniques, à la signature électronique de l’eID ou encore à certains systèmes de protection destinés à la télévision numérique.

Qu’y aura-t-il au programme? Pourquoi cette expo? Quel est le public visé?

Le but est de permettre au grand public mais aussi aux professionnels et responsables d’entreprise de toucher d’un peu plus près le monde mystérieux et inquiétant de la cybersécurité, de remettre les défis actuels dans leur contexte, de “retracer l’histoire des codes secrets, de la cryptologie et des casseurs de code.”

Pédagogique et ludique

Sécurité, culture et art du secret, de la dissimulation, tentation de la transgression, hacking… Le yin et yang, le clair et l’obscur… La scénarisation a choisi le concept de ligne du temps – “un voyage de l’Antiquité – César, Nabuchodonosor – à la cryptographie quantique actuelle, en passant par le mathématicien britannique Alan Turing, précurseur de l’intelligence artificielle, le lanceur d’alerte Edward Snowden ou les scientifiques belges qui ont marqué de leur empreinte l’essor de la discipline de la cryptologie”.

Le cheminement a été imaginé en 5 étapes:

  • la cryptographie, enjeu majeur de la confiance à une époque où règne le “tout-numérisé tout-connecté”
  • l’histoire comme décrypteur du présent
  • le rôle de la crypto-analyse dans le conflit 40-45 : machine Enigma, machine de Turing, rôle des cryptanalystes (décodeuses) de Bletchley Park, ce manoir victorien qui a hébergé la GCCS (Government Code and Cipher School), le programme de renseignement top-secret anglais visant à assurer le décryptage des transmissions allemandes
  • hacking et culture de la transgression
  • le “labo” belge de la cryptographie, avec mise à l’honneur des experts belges, souvent méconnus (voir aussi ci-dessous).

On pourra y découvrir, sur deux étages, des collections privées ou prêtées par des institutions et musées: la collection personnelle de Jean-Jacques Quisquater, quelques pièces mises à disposition par Luc de Brabandère, quelques specimens prêtés par l’Université de Namur, par l’ARCSI, l’Association des Réservistes du Chiffre et de la Sécurité de l’information (France) qui réunit d’anciens cryptologues/-graphes, ou encore par le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) de Paris, un musée dédié aux sciences et aux technologies, qui mettra notamment à disposition la fameuse machine Enigma.

La célèbre machine Enigma qui a donné tellement de cheveux blancs aux cryptanalystes des Alliés… Source: Musée des Sciences & Technologies de Milan.

L’ancien et le nouveau coexisteront: télégraphe de Morse, Commodore 64, Enigma mais aussi des pièces inhabituelles beaucoup plus récentes telles que le CryptoPhone utilisé par le fraîchement retraité président François Hollande.

Les visiteurs commenceront leur visite par une petite question en mode interpellation et réflexion: “imaginez une société sans secret alors même que la sécurité s’inscrit de plus en plus en filigrane dans chaque objet de notre quotidien.”

A l’issue de leur déambulation dans le Munda, ils seront invités à “grapher” leur opinion, leurs sensations en inscrivant leurs réponses sur un grand panneau où figureront une série de questions sur la réalité d’aujourd’hui.

Signalons encore qu’au fil de l’expo, les visiteurs pourront écouter des fragments d’entretiens que le Munda a enregistrés avec quelques experts belges ou étrangers: Vincent Blondel, de l’UCL, spécialiste en analyse et visualisation de données ; Frédéric Jacobs, hacker éthique belge ; Vincent Rijmen, co-inventeur de l’algorithme AES ; Olivier Bogaert, commissaire à la Computer Crime Unit (CCU)… Les entretiens complets seront consultables sur YouTube.

Les crypto belges à l’honneur

Depuis longtemps, la Belgique est terre d’innovation en matière de sécurité et de cryptologie. Souvent encore méconnues du grand public, parfois malaimées et sous-utilisées sur la terre qui les a vu naître, les inventions belges ont pourtant de quoi inspirer fierté… et nouvelles initiatives. Une petite liste à la Prévert? Le vote électronique, le passeport électronique, la carte à puce, la carte d’identité électronique, sans oublier la norme internationale de cryptographie AES (Advanced Encryption Standard). Qui se souvient en effet que cette norme, adoptée dès 1997, est très largement inspirée et calquée sur l’algorithme de chiffrement “Rijndael” concocté par Joan Daemen et Vincent Rijmen, deux experts en cryptographie de la KUL?

Les racines de cette “spécialité” belge plongent loin dans le passé. Jusqu’en 1734, avec l’invention du “chiffre de Gronsfeld”, un système de chiffrage imaginé par le diplomate José de Bronckhorst, comte de Gronsfeld… Un système que l’on retrouve dans la trame du roman d’aventures “La Jangada: 800 lieues sous l’Amazone” de … Jules Verne.

Programme de conférences

Tout au long des 7 mois d’exposition, des conférences-débats seront organisées. La première, qui marquera l’inauguration de l’expo (9 octobre), sera donnée par Sir John Dermot Turing, neveu d’Alan Turing, ce cryptologue anglais dont la fameuse “machine de Turing” préfigure l’ordinateur. Le thème de l’exposé de son descendant: “Alan Turing decoded”.

Suivront, selon un calendrier encore à préciser, des conférences par Michel Bauwens (P2P Foundation), Luc de Brabandère (philosophe en entreprise), Milad Doueihi (Université Paris Sorbonne), Miguel De Bruycker (Centre pour la Cybersécurité de Belgique), Olivier Bogaert (Computer Crime Unit), le général Jean-Louis Desvignes (président de l’ARCSI).

Le Munda prévoit aussi d’organiser des sessions pédagogiques à destination des écoles, en collaboration avec l’UCL et la Maison des Maths, ainsi qu’un séminaire dédié à la cybersécurité qui s’adressera aux PME et TPE de la région de Mons, en collaboration avec un club d’entrepreneurs de la région.

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