Créativité (numérique ou non): 4 jours pour convaincre

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Par · 06/05/2017

4 journées pour convaincre des potentiels de la créativité pour le dynamisme tant économique que social (au sens de citoyen). Voilà ce que veut une nouvelle fois atteindre la “SDLC” – la Semaine de la Créativité (wallonne), organisée par la Région, via son agence Creative Wallonia Engine, qui se déroulera cette année du 22 au 25 mai.

Dans 4 villes qui, chacune, porteront un thème spécifique.

Namur ouvrira le bal le 22 mai sur le thème de l’éducation. Charleroi prendra le relais le lendemain, mettant à l’honneur la créativité citoyenne, ce citoyen “qui doit se transformer en entrepreneur au sens le plus large du terme [à savoir, celui de preneur d’initiative]”, soulignait David Valentiny, directeur de Creative Wallonia Engine (CWE).

Ce sera ensuite le tour de Mons sur le sujet de l’entreprise et de l’entrepreneuriat, une journée à laquelle les organisateurs voudraient voir participer aussi bien des PME et de grandes entreprises que des start-ups.

Enfin, Liège clôturera la Semaine en donnant libre cours à la créativité des “Makers”.

Le numérique en discret fil rouge

Cette “créativité”, que les organisateurs voudraient voir pénétrer toutes les strates de la société (“aucune raison qu’elle ne soit réservée qu’à de doux dingues ou aux jeunes de la génération Millennials”, dixit le ministre Jean-Claude Marcourt), est censée être multiforme: dans les méthodes appliquées aux défis du quotidien, dans la recherche d’idées et de solutions dépassant les cadres stricts de chaque discipline, dans le croisement des compétences et des imaginations…

Un fil rouge toutefois se retrouvera dans tous les thèmes et doit sous-tendre la créativité de chacun. Il s’agit bien entendu du numérique.

Jean-Claude Marcourt: “Désormais, tout le monde a intégré le concept de “société de la connaissance”. Il faut aujourd’hui faire de même avec la “société de la créativité”, celle qui permet de penser et d’agir en-dehors des clous…”

Petit coup d’oeil sur le programme pour nous en convaincre… Vous en trouverez tous les détails via ce lien.

A noter au passage une nouveauté – essentielle pour ceux et celles qui voudraient participer à la SDLC: contrairement aux éditions antérieures, une inscription préalable est souhaitée (via le site). 

L’éducation

Namur et, plus précisément, la Haute Ecole Albert Jacquard, accueillera donc la première journée de la Semaine de la Créativité sur le thème de la créativité dans l’éducation.

Plusieurs ateliers ont été programmés. Notamment: pédagogies actives, pratiques de classes inversées, éducation et neurosciences, rôle de l’école au 21ème siècle.

En clôture de la journée, Todd Lubart, professeur en psychologie différentielle de l’université René Descartes (Lille) et à l’Ecole Sup de Paris, viendra parler de la créativité comme ferment de renouveau de l’éducation. La notion de “psychologie différentielle” s’applique aux méthodes de “compréhension des différences individuelles” et à la manière de les utiliser efficacement dans divers contextes (monde du travail, éducation, santé…).

Dans son livre “Psychologie de la créativité”, Todd Lubart tend à démontrer que “pièce centrale mais profondément méconnue du fonctionnement de chaque être humain, la créativité est sollicitée sitôt qu’il s’agit, dans la vie personnelle et professionnelle, de résoudre de nouveaux problèmes ou de s’adapter avec souplesse aux évolutions environnementales. Elle est l’un des moteurs, sinon le moteur premier de la croissance économique et culturelle, et nos sociétés la valorisent ou prétendent la valoriser de plus en plus.”

L’entrepreneuriat

A Mons, le thème sera celui de l’entreprise et de l’entrepreneuriat. Plusieurs ateliers se succéderont, abordant notamment le sujet de l’innovation dans le périmètre de l’entreprise, les défis et promesses des objets connectés pour entreprise, le marketing et la communication…

Ben Piquard (LeanSquare), à g. sur la photo: “la nature-même des projets que lancent les start-ups [qu’elles soient hi-tech ou non] exige de plus en plus que l’on ait recourt à des outils nouveaux, non traditionnels.”En fin de journée, une conférence-débat sera organisée sur le thème de l’entrepreneuriat.

Quatre entrepreneurs (“start-uppeurs” ou représentants de grande entreprise) viendront parler des choix qu’ils ont fait tout au long de leur parcours, des événements qui ont marqué et/ou changé leur vie professionnelle.

Au micro, des représentants de BlaBlaCar, d’Opinum, de Google, de Proximus et de la Sabena. Une place sera réservée à ce “comptoir des entrepreneurs” pour des personnes de l’auditoire qui pourront ainsi venir se mêler au débat, en mode participatif.

La journée se terminera par un exposé de Gilles Garel, co-auteur du livre “La fabrique de l’innovation”.

Les Makers

Ce sera la journée “mains dans le cambouis”, celle des faiseurs et de ceux et celles qui veulent “apprendre à faire” en découvrant et apprivoisant une kyrielle de nouvelles technologies qui, loin d’être réservées aux geeks et aux initiés, sont désormais accessibles au tout venant.

La liste de ces technos est longue et hétéroclite: réalité virtuelle et augmentée, robots, drones, imprimantes 3D, programmation, hacking photo…

La journée sera par ailleurs marquée par une compétition de drones. Pas des engins hyper-sophistiqués, fabriqués par des pros ou spécialistes, mais des drones que des makers amateurs ont eux-mêmes construits lors des ateliers du DroneLab (Charleroi). Les 12 pilotes qui s’affronteront en duels successifs seront par contre des pilotes chevronnés.

A noter que cette journée Makers a été labellisée Maker Faire, du nom d’une association internationale qui vise à fédérer les initiatives du même genre, à créer une communauté transfrontières de makers (les e-bidouilleurs/génies lambda des temps modernes). L’occasion, espèrent les organisateurs de la Semaine de la Créativité, de placer la Wallonie sur la carte des lieux avant-gardistes.

Le citoyen créatif

Charleroi accueillera la journée dédiée à la créativité citoyenne. Au programme:

  • les “smart cities”: comment (re)penser sa ville, sa commune dans un horizon à 10 ou 20 ans
  • la “communication innovante” via recours aux nouveaux outils et canaux numériques
  • les enjeux de la (dés)information) — un atelier qui traitera notamment de cette dimension nouvelle, perturbatrice, que sont les “fake news” et les faits alternatifs, aux allures parfois plus vraies que nature…
  • la manière de “fabriquer” l’innovation citoyenne.