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Digital Brussels: un plan, 20 mesures, 3 thèmes

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Par · 01/02/2017
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Même si certains pans avaient déjà été décidés, voire même implémentés, le Plan global numérique bruxellois a pris son temps pour sortir du processus de réflexion et d’implication des divers acteurs bruxellois mais les autorités de Bruxelles Région-Capitale en ont désormais défini le cadre et les lignes de force.

Et ces autorités, pour marquer le coup, ont procédé à une annonce groupée, avec sur le podium les ministres Didier Gosuin (économie) et Fadila Laanan (en charge de la recherche scientifique) et la secrétaire d’Etat Bianca Debaets (transition numérique).

 

En résumé:

  • un budget d’environ 16 millions (voir quelques détails ci-dessous)
  • 3 thèmes prioritaires: Internet des Objets, réalité virtuelle et augmentée, big data et intelligence artificielle
  • 20 mesures devant contribuer à la transformation numérique, classées selon trois axes d’action: “faciliter, former, (faire) rayonner”

Trois sus-plans relèvent en fait des trois cabinets impliqués: le Plan Régional d’Innovation du côté de Fadila Laanan, le plan Next Tech imaginé par le cabinet Gosuin et les initiatives Smart Cities qui relèvent de Bianca Debaets. Les actions et mécanismes se croisant et s’interpénétrant souvent, le message désormais est à l’insertion sous une seule et même marque ou enseigne: Digital.brussels.

Ne nous dispersons pas

Pour définir son Plan numérique “Next Tech”, la Région de Bruxelles-Capitale a clairement décidé de concentrer les moyens autour de thèmes technologiques – Internet des Objets, réalité virtuelle et augmentée, big data et intelligence artificielle – que ses responsables estiment être en mesure de la différencier et de mettre mieux en exergue à la fois les compétences et initiatives locales et sa capacité d’attractivité, notamment en termes d’investissements venant d’outre-région.

cible, flèche, ciblage“Nous avons fait ces choix en raison des positionnements et des avancées claires et spécifiques de la Région”, souligne Didier Gosuin. “Si nous voudrions tout faire et courir derrière tous les objectifs, comme certains le font, nous ne serions plus distinctifs. Ce choix rend possible la construction d’une image, permettra à Bruxelles d’être identifiée comme performante.”

La volonté de ne pas disperser les forces et les moyens se retrouve dans d’autres aspects du Plan numérique dévoilé hier. Dans la mesure du possible, on ne “réinventera pas la roue”, préférant s’appuyer sur des initiatives et acteurs déjà existants, qui seront épaulés, ou sur des événements déjà existants.

Ce sera le cas pour l’organisation annoncée d’un événement annuel dédié au venture capital. Il viendra potentiellement se greffer sur d’autres événements du genre: conférence FinTech

Objectif de ce VC Brussels (quel qu’en soit le nom): favoriser des rencontres en acteurs du capital-risque – étrangers compris – et start-ups. Partenaires: Finance.brussels, les banques et BIE (Brussels Invest & Export).

Un accélérateur venu du privé

Autre exemple: la création (au printemps?) d’un accélérateur dédié aux start-ups numériques bruxelloises. Il devra venir compléter le maillage déjà existant d’incubateurs (du genre CoStation).

La Région ne créera pas une nouvelle structure mais viendra en aide, dans les premiers temps (via un financement complémentaire), à des associations et animateurs de l’écosystème existants qui évoluent dans les trois thématiques choisies.

Des contacts ont ainsi déjà été établis avec quatre “communautés” étroitement liées au big data, à la réalité augmentée, au coding (apprentissage de la programmation)… “Ce sont des initiatives privées dont certaines doivent se trouver un nouveau lieu d’hébergement d’ici deux ou trois mois. L’idée s’est faite jour de les réunir en un même lieu où l’on trouvera de l’accompagnement, des ressources en formation, des fablabs, de l’animation multi-thème, où des projets IoT ou VR pourront se développer”, indique-t-on au cabinet Gosuin. Un cabinet qui veut y voir une idée nouvelle, non encore expérimentée (en ce compris à l’étranger): faire cohabiter et s’échanger des communautés thématiques différentes mais complémentaires et interdépendantes à certains égards.

“Les start-ups seront accompagnées et “conduites” jusqu’à leurs premières ventes. Un taux de roulement d’un an par projet est prévu. Plusieurs partenaires de référence actifs dans ces domaines seront associés au projet.” Parmi eux, des start-ups ou sociétés en croissance locales ayant déjà franchi les premiers paliers de la conquête de marché et servant déjà de porte-étendard dans les domaines thématiques privilégiés.

Le lieu d’hébergement n’a pas encore été choisi. Deux sites, en fait, sont encore sur les rangs: l’un appartient à un acteur privé (ayant des activités à orientation sociale); l’autre est ce futur accélérateur qu’on dit en gestation du côté de la gare centrale. Mais un dossier qui relève du cabinet… Decroo (au fédéral). Bruxelles pourra-t-elle s’y accrocher? Les discussions et analyses se poursuivent.

Quoi qu’il en soit, vu le nombre de thèmes et d’acteurs potentiellement concernés par cet accélérateur, l’espace requis serait au minimum de 2 à 3.000 m2.

Des FabLabs 2.0

Les trois thématiques choisies serviront aussi de fil rouge dans d’autres initiatives. Notamment au niveau des FabLabs qui seront donc davantage poussés vers des infrastructures et équipements du type casques de réalité virtuelle et capteurs IoT, avec “accompagnement spécialisé” et des interactions avec les incubateurs et accélérateurs existants.

“Les technologies prioritaires du Plan ont des besoins particuliers qui ne sont pas rencontrés dans les FabLabs existant actuellement où l’on trouve essentiellement des imprimantes 3D, des découpeuses laser et des fraiseuses à commande numérique.

Le but est dès lors de faire pénétrer les technologies identifiées comme prioritaires [Ndlr: pour rappel, Internet des Objets, réalité virtuelle/augmentée, big data/intelligence artificielle] au sein de ces ateliers d’expérimentation et d’innovation.

A la manoeuvre: Citydev.brussels.

Maillon faible

Plutôt que de maillon, c’est plutôt de socle qu’il faudrait parler. La formation sera une priorité transversale dans le cadre du Plan numérique bruxellois, celui qui doit alimenter les initiatives et futurs projets en compétences.

Plusieurs actions et mesures sont planifiées. Nous n’en citerons pour l’instant que quelques-unes:

  • sensibilisation accrue des jeunes aux métiers de l’informatique: un appel à projets sera lancé pour susciter des projets concrets – et efficaces – de sensibilisation;
  • lancement d’un programme Women in Tech, qui vient se greffer et est piloté par la plate-forme Women in Business;
  • l’équipement des écoles en matériels et logiciels se poursuivra
  • inauguration du Pôle Formation Emploi ICT (sur le campus de l’ULB-VUB); il sera “la vitrine de l’ICT pour les différents publics-cible (employeurs, chercheurs d’emploi, travailleurs en formation continue, étudiants…)” et sera appelé à collaborer avec des organismes de formation tant privés que publics
  • la Région encouragera plus que jamais l’accueil de stagiaires au sein des entreprises ICT et compte augmenter le nombre de programmes en alternance; parmi les mesures promises: support des entreprises qui engagent des stagiaires, simplification des mesures de tutorat, étude des formations en alternance futures à développer…

Urbi & orbi

L’un des thèmes-clé de Bruxelles est et reste la “smart city”, un dossier qui relève de Bianca Debaets. Dans ce registre, la Secrétaire d’Etat a réaffirmé la volonté d’investissement de la Région, que ce soit pour la poursuite du déploiement de la fibre optique (l’équipement de toutes les écoles secondaires est en cours), la multiplication des hot spots Wi-Fi et des caméras de surveillance (gérées au sein d’une plate-forme unique) et les efforts en faveur de l’open data.

A cet égard, Bianca Debaets annonçait qu’une première commune bruxelloise s’était engagée à ouvrir la totalité de ses données. Il s’agit en l’occurrence d’Evere. La prochaine devrait être Auderghem, la commune de Didier Gosuin. Et un appel à contamination est clairement lancé…

Terminons en signalant une volonté de renforcer la présence et la visibilité de la Région (et de ses jeunes pousses numériques) à l’international. Pour ce faire, BIE (Brussels Invest & Export) augmentera le nombre de salons et conférences technologiques où il y aura une présence bruxelloise. “Le programme 2017 sera adapté et inclura de nouveaux salons répondant à nos spécificités thématiques. Ils seront préférés à des salons généralistes”, soulignait Didier Gosuin.


Le budget
  • 4 millions, débloqués par la ministre Fadila Laanan, ministre en charge de la recherche scientifique, pour un dispositif d’investissement pre-seed, fonds plus spécifiquement dédié au numérique et à l’e-santé. Instrument: Brustart. Modalités d’investissements: sans doute des prêts convertibles de 30 et 50.000 euros. Le fonds wallon W.IN.G est cité comme “exemple inspirant”
  • 250.000 euros (en 2017; dégressivité dans le temps) pour le soutien financier à l’accélérateur dédié aux technologies choisies
  • 320.000 euros pour le soutien à des structures d’accompagnement spécialisées (MIC Brussels, startup.be)
  • près de 2 millions pour le développement de FabLabs
  • 100.000 euros pour les actions de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat numérique
  • 50.000 euros pour le programme Women in Tech

A cela viennent encore s’ajouter le budget Recherche & Innovation alloué, au travers d’appels à projets, par Innoviris. Thème de l’appel en cours: l’intelligence artificielle.

Plan Smart City
  • 2 millions pour le déploiement de la fibre optique pour connecter les écoles
  • 3,5 millions pour les projets de numérisation/dématérialisation: Osiris, Nova…
  • 5,8 millions pour le déploiement de caméras intelligentes (caméras de surveillances, caméras de reconnaissance de plaques minéralogiques…)
  • 1,2 million pour les projets Smart City (projets-pilote, événements dont une conférence Smart City Education…
  • 700.000 euros pour les hot spots WiFi De Wifi.brussels (anciennement Urbizone), en ce compris dans les stations de métro
  • 500.000 euros pour les appels à projets, orientés non marchand cette année (culture et aide aux personnes)   [ Retour au texte
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