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Innoviris : 4 millions d’euros pour des projets en Intelligence Artificielle

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Par · 20/01/2017
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D’ici le début de l’année prochaine, jusqu’à 8 projets de recherche portés conjointement par des entreprises et des organismes de recherche bruxellois pourraient bénéficier d’une enveloppe globale de 4 millions d’euros venant financer des projets novateurs en intelligence artificielle. Durée des projets: de un à trois ans.

Nom de baptême du nouvel appel à projets: TeamUp. C’est la première fois qu’Innoviris, l’institut d’encouragement de la recherche scientifique et de l’innovation en Région de Bruxelles-Capitale, se lance dans ce genre d’appel à projets qui fait obligatoirement se constituer des consortiums constitués d’au moins une entreprise et un organisme de recherche académique.

Objectif: “favoriser les collaborations et le transfert technologique entre académiques et entrepreneurs”.

Thème choisi: l’intelligence artificielle (AI). Et ce n’est pas un hasard, insiste Jonathan Duplicy, conseiller scientifique et responsable du programme. “Plusieurs éléments expliquent ce choix. Tout d’abord une réflexion de nature macro-économique: le nombre d’acquisitions de sociétés orientées AI, le taux d’activité des venture capitalists dans ce domaine affichent une courbe exponentielle (voir tableau ci-dessous). Au niveau local, nous disposons à Bruxelles d’un terreau intéressant en termes de ressources et de compétences: des universités mais aussi quelles belles sociétés, comme Real Impact Analysis. Enfin d’un point de vue technologique, un cap a été franchi. Les infrastructures de calcul parallèle sont disponibles à prix abordable, le volume de données a explosé et continuera de le faire en raison de l’émergence de l’Internet des Objets, les algorithmes s’améliorent…”

Pour ce qui est de l’option choisie – collaboration entre organes de recherche et entreprises -, le raisonnement défendu est le suivant: “Beaucoup de petites et moyennes sociétés disposent d’énormément de données mais n’ont pas les compétences en interne ou le temps de se placer dans une réflexion à long terme. D’où l’intérêt de s’appuyer sur la dynamique-même des universités qui, elles, s’inscrivent dans une réflexion à long terme et qui, par ailleurs, pleurent bien souvent pour pouvoir s’appuyer sur des jeux de données et des use cases.”

L’AI au sens large

Pour les besoins de cet appel à projets, la définition que donne Innoviris de l’intelligence artificielle est large: “capacité pour un système d’apprendre de façon autonome à partir de données et de transformer cette connaissance en actions et/ou recommandations.” Le panel de projets potentiels est donc large.

Tout projet pouvant se revendiquer de l’intelligence artificielle, dans toutes ses manifestations possibles et imaginables, est donc invité à se porter sur les rangs avant le 31 mars. Voir ci-dessous pour l’agenda de sélection.

Taux de financement variable

Les projets devront être portés conjointement par au moins une entreprise, dont les activités de R&D concernées sont basées dans la Région de Bruxelles-Capitale, et un laboratoire de recherche académique “ayant au moins un siège central dans la Région de Bruxelles-Capitale”.

Toute société peut potentiellement déposer un dossier de candidature mais, compte tenu des contraintes (notamment un travail de longue haleine – jusqu’à 3 ans – avec un labo de recherche), Innoviris s’attend à ce que ce soit surtout des sociétés de moyenne envergure, aptes à dédier des effectifs à long terme au projet, qui saisissent cette opportunité.

Parmi les critères à respecter pour espérer être sélectionné: démontrer un potentiel à produire des “effets positifs pour les partenaires en Région bruxelloise (emplois, connaissances, croissance, etc.)” et à répondre à certains enjeux sociétaux de la Région (mobilité, chômage…).

Petites contraintes qu’Innoviris imposera au niveau de la composition du “team” de projet:

  • au moins, comme on l’a vu, une entreprise et un organisme de recherche
  • mais aussi un rapport de forces qui soit le plus équilibré possible: “l’un des partenaires ne doit pas peser plus de deux fois lourd que l’autre” [en termes de jours/hommes consacrés au projet].

Autres critères d’évaluation dont tiendra compte le jury pour choisir les projets-lauréats: le caractère innovant du projet ; l’excellence du programme de recherche et ses apports “au-delà de l’état actuel des connaissances” ; la qualité du plan d’exécution (programme de travail, méthodologie, compétence des équipes, planification) ; le niveau de transfert technologique du milieu académique vers l’industrie et les synergies entre les partenaires impliqués.

Les subsides seront octroyés selon un taux de financement variant selon que le bénéficiaire soit une société ou un organisme de recherche. Taux de financement du projet: de 40 à 60% du budget total pour les entreprises et jusqu’à 100% pour les organismes de recherche (université, établissement d’enseignement supérieur ou centre de recherches).

Le financement devrait bénéficier à des activités sensiblement différentes selon qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un labo de recherche. L’optique adoptée par Innoviris est en effet que la recherche sera faite essentiellement au sein du département académique, tandis que la société se concentrera sur la “mise en pratique” des fruits de cette recherche: développement d’algorithmes…

Avec, comme autre principe, que la propriété intellectuelle demeure la propriété de l’acteur académique, avec un droit de premier achat de licence par la ou les sociétés partenaires au projet.

Toute propriété intellectuelle que générerait la société demeurera évidemment sa propriété. Et pour les créations réalisées en commun, les parties devront en baliser les conditions d’exploitation dans le cadre d’un accord de consortium.

Il est possible par ailleurs que de moyennes voire de grandes entreprises essaient de tirer parti d’une disposition contenue dans le règlement: si le taux de financement est de 40 à 60% pour les entreprises (en fonction de leur taille: 40% pour les plus grandes, 60% pour les plus petites), il est possible de doper ce pourcentage et de pousser à 85% pour les “activités de recherche de haut niveau”. “Cela concerne des sociétés qui disposent de beaucoup de ressources en interne et qui désirent faire elles-mêmes de la recherche”, explique Jonathan Duplicy. “Mais nous ne nous attendons pas à ce que ce scénario se présente souvent…”

Sélection en deux étapes

Le dépôt et l’analyse des projets se feront en deux temps.

Dans l’immédiat, les porteurs de projet intéressés ont jusqu’au 31 mars pour remettre leur copie. En l’occurrence, un document de type “expression d’intérêt” de quelques pages expliquant l’idée, les objectifs, la nature de l’innovation technologique potentielle, l’apport espéré pour tel ou tel domaine… suffit. Le formulaire à remplir peut être téléchargé via le site d’Innoviris.

Innoviris procèdera alors à un tri, retenant les projets qui respectent les critères pré-établis et éliminant les dossiers les moins qualitatifs.

Les porteurs de projets ainsi pré-sélectionnés seront avertis et auront jusqu’à la mi-juillet pour développer leur argumentaire et remettre leur dossier complet. Pour la sélection finale, par un jury, Innoviris attend en effet d’eux qu’ils remettent une proposition détaillée et documentée – “un vrai projet de recherche” – lourd de quelques dizaines de pages.

Le jury (international) se prononcera en septembre. Le lancement effectif des projets pourrait alors commencer en fin d’année ou début 2018.

Combien de projets seront retenus?

A l’issue du “premier tour” (pré-sélection), Innoviris devrait retenir une douzaine de projets. Au final, les 4 millions d’euros du budget pourraient être répartis entre 7 ou 8 projets.

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