Une société coopérative pour commercialiser les résultats de la recherche

Article
Par · 01/03/2016

Source: AdN

Le deuxième “pilier” de la plate-forme Wallonia Big Data sera une structure commerciale, composée notamment des membres des consortia de recherche, et qui sera chargée de commercialiser les résultats des recherches et de proposer au marché solutions et services en matière de big data.

Elle a été imaginée sous la forme d’une Plate-Forme d’Innovation (PFI). “Il s’agit d’une structure légère en phase de création. Son partenariat est plus large”, indique Damien Hubaux, directeur du CETIC. “Outre les acteurs concernés par le premier consortium de recherche [pour rappel, NRB, CBlue, Pepite, Data Fellas, CETIC, UNamur], on y trouve aussi les universités – l’UCL, l’ULg -, le Cenaero mais aussi les Pôles de compétitivité.

Ce partenariat pourra en outre être élargi. Les industriels y seront majoritaires. L’une de ses missions est de valoriser les résultats issus de la recherche et d’opérer comme un point de rencontre de projets R&D liés aux big data.”

Ce sera l’entité commerciale de la plate-forme Wallonia Big Data, constituée sous forme de SCRL (société coopérative à responsabilité limitée). Elle proposera au marché les solutions développées par le PIT ainsi que des services divers. Les prestations proposées seront sous-traitées aux partenaires membres de la SCRL.

On y travaille…

Le fait que cette structure n’ait pas encore vu le jour (elle doit notamment encore être capitalisée et organisée) s’explique notamment, aux dires de personnes proches du dossier, parce que, d’une part, la structure, impliquant davantage d’acteurs, est plus complexe à mettre en oeuvre [Ndlr: en ce compris au niveau de l’adhésion de toutes les parties concernées aux principes de collaboration et de valorisation] et, d’autre part, parce que cette Plate-Forme d’Innovation sera une entité commerciale.

Si on avait respecté le (bon) ordre des choses, le Digital Wallonia Hub (future structure de collaboration entre centres de recherche, Pôles de compétitivité et clusters spécialisés) aurait dû être le premier à voir le jour, donnant naissance à diverses initiatives – aux rangs desquelles on aurait trouvé la Plate-Forme d’Innovation Big data qui se serait reposée sur les travaux du PIT ou qui aurait “commissionné” ce dernier. Mais le cheminement des décisions budgétaires et de l’accouchement du Plan du numérique en a décidé autrement…

Or, elle n’a pour l’instant encore rien à proposer puisqu’il faudra d’abord que le consortium de recherche (PIT, partenariat d’innovation technologique) porte ses fruits… “Un accord et des documents ont toutefois déjà été signés”, souligne Arnaud Ligot, patron de CBlue. “Dès que le PIT aura abouti à quelque chose de commercialisable, la SCRL sera créée.”

Les modalités et règles de fonctionnement de cette structure commerciale sont donc encore en cours de discussion et de définition, notamment en termes de reconnaissance des savoir-faire de chaque partie, de catalogage des résultats de la recherche, considérés comme individuels ou communs. Le point sans doute le plus sensible sera celui des propriétés intellectuelles.

Le but serait d’atterrir et de formaliser la Plate-Forme d’Innovation d’ici juin 2016. “Un format générique sera bientôt proposé. Chacun aura l’occasion d’apporter ses commentaires…”

Coopérative

La Plate-Forme d’Innovation Big Data prendra la forme d’une scrl dont les membres seront actionnaires de l’entité. On y retrouvera les membres du PT (NRB, Pepite, Data Fellas/NextLab, CBlue, le CETIC et l’UNamur) ainsi que l’UCL, l’ULg, le Cenaero mais aussi les Pôles de compétitivité – selon un mécanisme de participation et de représentativité au sein du comité de pilotage qui reste à déterminer. Selon certains observateurs, le nombre potentiellement élevé pourrait impliquer un mécanisme d’élection pour éviter un conseil trop pléthorique.

Son membership ne sera en effet pas hermétique puisque des sociétés ou intervenants non membres de départ et auxquels il serait fait assez régulièrement appel pour combler certaines compétences (sur projets) pourront éventuellement en devenir membres.

A noter que l’Infopole Cluster TIC qui avait été impliqué dès le départ dans la mise en oeuvre de la plate-forme Big Data s’est retiré du comité de pilotage de la PFI en raison de la forme commerciale que prendra cette structure. “Cela implique que certains de nos membres seront privilégiés, en termes d’activités, par rapport à d’autres et nous ne pouvons être associés à ce genre de situation”, souligne Arnaud Ligot qui, outre ses fonctions d’administrateur de CBlue est également le président du conseil d’administration de l’Infopole. “Toutefois, le cluster envisage de conserver un rôle d’intermédiaire et de facilitateur de contact entre le secteur et les membres de la PFI.”

Quelques exemples de futurs ‘services’

Les “services analytiques innovants” que la structure de recherche devra contribuer à formaliser et que la SCRL sera appelée à mettre à disposition et à commercialiser (en priorité pour les besoins des membres des Pôles de Compétitivité mais aussi pour ceux d’une audience plus large) touchent potentiellement à un très large éventail de besoins et scénarios.

Selon les cas, les services analytiques seront de type descriptif, diagnostic ou prédictif. Voici quelques exemples de solutions analytiques ‘big data’ exploitables par les sociétés appartenant aux différents Pôles de Compétitivité wallons:

  • Mecatech: maintenance prédictive pour machines de production ou apprentissage automatique pour optimisation des processus de production
  • Skywin: maintenance prédictive pour moteurs d’avion ou optimisation des prises de décision par corrélation automatique entre paramètres variables
  • Logistics in Wallonia: spécification des flux de transport et des biens transportés ou optimisation de gestion de stocks
  • BioWin: surveillance et prédictibilité des temps de séjour à l’hôpital
  • GreenWin: maintenance prédictive d’éoliennes ou optimisation de la consommation énergétique
  • Wagralim: analyse descriptive des surfaces agricoles sur base de données collectées par drones.

Le but, évidemment, est d’imaginer des scénarios d’utilisation big data les plus évolués et novateurs possible.