Wavre: investir pour économiser

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Par · 15/01/2014

Voici un an environ, la Ville de Wavre s’est dotée d’une infrastructure réseau unifiée desservant l’ensemble des services de la Ville – ou dépendant d’elle. En ce compris donc les services de secours, les sites administratifs, le CPAS ou encore la Régie d’Electricité.

L’exercice d’harmonisation va d’ailleurs bien plus loin que la couche réseau puisque l’objectif est de faire bénéficier tous les services des mêmes ressources applicatives. “Les serveurs ont été virtualisés dès 2012”, souligne Didier Magis, responsable Informatique à la Ville. “Leur nombre est passé de 40 à 3 (solution VMware, combinée à une solution HP SAN et NAS Synology du côté stockage).

“L’infrastructure a été standardisée et intégrée en un seul “cloud” permettant d’accéder aux différentes ressources: logiciels bureautiques, agenda collectif, courriel, applicatifs métier, suivi des dossiers…”

L’harmonisation des applications a par exemple pour effet qu’un seul outil de gestion cartographique servira désormais à tous les services, chacun l’alimentant en données et rajoutant des “couches” spécifiques en fonction de ses particularités. La cartographie servira aussi bien aux services incendie, travaux, qu’au GRD (gestionnaire du réseau de distribution) pour la gestion des points d’éclairage…

A terme, une seule zone opérationnelle pourrait être constituée pour l’ensemble de la Province du Brabant wallon, réunissant les cinq centres de secours (services incendie) préexistants. Avec centralisation des données.

Un réseau sans-fil ouvert au public

Le budget 2013 de la Ville de Wavre prévoyait l’extension du réseau câblé, qui dessert les divers services de l’Administration communale, par des potentiels mobiles. Le déploiement du sans-fil démarrera donc en 2014.

Charles Michel: “La Ville de Wavre veut s’inscrire dans l’ère numérique, passer en version 2.0 pour signifier une volonté de prospective.”

“Il était important que les différents mandataires de la Ville puissent bénéficier des mêmes services de téléphonie IP lorsqu’ils sont appelés à quitter leurs bureaux. Le président du CPAS, par exemple, est également échevin de la ville et doit pouvoir accéder à toutes les ressources dont il a besoin où qu’il soit…”, souligne Didier Magis.

Mais le réseau servira également, de manière plus large, à la population, qu’il s’agisse des citoyens venant s’adresser aux divers services de la Ville ou de simples passants qui pourront ainsi accéder à des informations urbaines. “La Ville de Wavre veut s’inscrire dans l’ère numérique, la modernité et passer en version 2.0, comme on dit dans le jargon pour signifier une volonté de prospective”, se réjouit Charles Michel, ministre de la cité du Maca.

“Primée comme “la ville de Wallonie la plus active sur le Web” par Google Belgium (1) en novembre dernier, le cap est gardé avec ce dossier de Wi-Fi gratuit en ville. A Wavre, nous voyons la technologie comme un instrument d’amélioration de la vie des citoyens. Aussi, Wavre souhaite offrir ce service aux usagers de la ville pour rester connectés et faciliter les démarches “mobiles” sur le Web. L’installation de ce service Wi-Fi gratuit en ville peut être un atout pour le commerce et le développement économique car de plus en plus de gens cherchent d’abord ce qu’ils convoitent sur Internet avant de se rendre en magasin. Le service de Wi-Fi gratuit sera également un plus pour la dimension touristique de Wavre. Enfin, Internet revêt également beaucoup d’importance pour l’administration elle-même.”

Déploiement progressif

L’offre de connexions Wi-Fi gratuite se fera en plusieurs étapes. Dans un premier temps, le réseau desservira l’intérieur de l’Hôtel de Ville (salles de réception, de réunion, espaces réservés aux événements…), le Parvis de l’Hôtel de Ville, la place centrale de la ville et le site du Château de l’Ermitage.

Le cahier de charge a été validé par le conseil communal à la mi-novembre. Budget: 40.000 euros. L’adjudication (trois fournisseurs ont été contactés) devrait intervenir dans le courant de ce mois de janvier. Le déploiement, lui, devrait se faire rapidement (fin du premier trimestre pour la première phase).

Le réseau Wi-Fi est appelé à supporter 500 connexions simultanées. Certains usages, toutefois, ne seront pas possibles. Ainsi les transactions bancaires seront bannies – “par souci de sécurité” – tout comme, tient à souligner la Ville, des utilisations “à connotation sexuelle, raciste, propagandiste, etc.”

Déjà 10 km de fibre optique

La Ville de Wavre dispose de son propre réseau fibre optique privé (câblage 72 fibres mono-mode). De quoi interconnecter sans frais les divers sites des services de la Ville et autoriser échanges et sauvegarde de données, centralisation de la gestion documentaire et téléphonie IP.

10 kilomètres de réseau ont d’ores et déjà été déployés, le maître d’oeuvre en étant la Régie d’Electricité de la ville (REW). Il relie l’administration communale, le CPAS (administration centrale et antenne de Limal), les services de police, l’Institut de Formation Supérieure et la Régie d’électricité. Dès décembre 2013, cette dernière a commencé à utilise le réseau fibre pour assurer la surveillance du réseau électrique, dans la perspective de la mise en oeuvre d’un “smart grid”.

L’utilisation concerne, dans un premier temps, la collecte temps réel des informations générées par les cabines haute tension. Le réseau véhicule ainsi les communications TCP/IP entre les automates et les RTU (remote terminal units) installées dans les cabines. Six paires de fibre (dont une de réserve) supportent 5 applications: gestion de la télécommande centralisée (basculements tarifaires et éclairage public), gestion des cabines de dispersion, télésurveillance des cabines de distribution, télé-relevé des compteurs et, à terme, télégestion des unités de cogénération.

La raison d’être de ce réseau fibre se justifiera pleinement plus tard lorsque démarrera le déploiement de compteurs intelligents destinés à la population. “Pour la collecte des données générées par les cabines haute tension, la fibre n’était pas nécessaire puisque les volumes à transférer se limitent à quelque kilo-octets par relevé”, souligne Didier Magis. “Par contre, nous aurons besoin de bande passante lorsque les compteurs des domiciles commenceront à fournir leurs données.”

Quelque 16.000 compteurs sont concernés. Relire l’article que nous y avions consacré en 2013.

Investir pour économiser

“Le fait pour la Ville d’être propriétaire de son propre réseau lui fait économiser pas mal d’argent”, estime Didier Magis. Par exemple pour offrir des services de téléphonie centralisée, de vidéosurveillance des parkings, de collectes de données de consommation électrique. Autre avantage, cité par Didier Magis: le respect de la vie privée. Etant son propre opérateur, la Ville peut mieux protéger l’utilisation (potentielle) faite des données collectées – par exemple, les données de consommation électrique des citoyens qui ne se retrouvent pas dans les fichiers d’un opérateur privé.

Prochaine étape: l’activation de la connexion avec le service Incendie (il reste en fait à terminer les jonctions) et des extensions vers les bâtiments de la Ville se trouvant sur le cheminement de la fibre. Notamment les centres sportifs de Basse Wavre et de Limal ou les centres culturels Jules Collette et Château de l’Ermitage.

La RWE devrait poser 10 nouveaux kilomètres dans le courant 2014.

Le réseau est également appelé à servir de dorsale pour le transfert des images collectées par les caméras de vidéosurveillance, dont la gestion est confiée aux services de Police.

Le mise en commun des outils et du réseau simplifie aussi les accès aux données. Divers scénarios sont à l’étude, tels que la consultation des images de vidéosurveillance par les services de secours, avant intervention sur le terrain afin de visualiser la situation sur site. “Et pourquoi pas embarquer les images dans le véhicule d’intervention?”, imagine Didier Magis.

Des caméras pour gérer les parkings

Les caméras installées dans les parkings ne sont pas là à seule fin de sécurisation. Elles devraient également permettre de gérer les accès (ouverture des barrières à distance, connexion avec le système d’horodateur Parkeon…). Le tout, dans le cadre d’une décentralisation des parkings wavriens afin de rendre le centre-ville aux piétons. Selon ce scénario, les parkings existants seraient convertis en espaces commerciaux, logements ou zones de rencontre. Et seraient remplacés par des parkings en périphérie de la ville.

Le système Parkeon, en collectant les données d’utilisation, procurera des statistiques sur les taux d’occupation. De quoi analyser les tendances et planifier d’éventuelles extensions.

(1) Pour son classement, Google prend en compte trois critères: les performances de l’infrastructure technique déployée dans le commune (vitesse de connexion moyenne), taux d’“engagement en ligne” (proportion d’entreprises établies sur le territoire de la commune disposant d’un nom de domaine) et dépenses des entreprises en promotion et référencement Web. Les 4 autres communes wallonnes figurant dans le Top 5 francophone de Google sont Braine-l’Alleud, Eupen, Waterloo et Amay. A Bruxelles, la première place a été décrochée par Auderghem. En Flandre, le maillot jaune a été revêtu par Grobbendonk.  [ Retour au texte ]