“Late for Good”: Une appli futée pour navetteurs en retard

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Par · 20/11/2012

A compter d’un certain nombre de retards subis lors de ses trajets en train, tout voyageur a droit à demander un dédommagement à la SNCB. Problème: la procédure peut, pour certains, ressembler à un parcours du combattant. A tel point que nombreux sont ceux qui renoncent.

Une équipe de développeurs namurois vient de finaliser une appli mobile qui simplifie grandement la chose. Nom de baptême: “Late for Good”.

Ses auteurs: Renaud Lambiotte, professeur au Département de mathématique de l’Université de Namur et membre du centre naXys, et Vsevolod Salnikov, l’un de ses doctorants.

“Late for Good” est une appli gratuite. Elle est actuellement disponible pour iPhone (téléchargement via l’iTunes Store) et devrait bientôt l’être pour l’environnement Android.

Les retards à la trace

Avec Late for Good, le voyageur est largement aidé par les potentiels de son appareil mobile pour enregistrer automatiquement les retards et générer un document qu’il lui suffira de faire parvenir à la SNCB.

Late for Good exploite en fait l’algorithme de détection automatique de “mouvements significatifs”  qui se cache dans son mobile pour opérer un repérage de la localisation du voyageur (mode de géolocalisation par ailleurs moins vorace en autonomie de batterie que le simple GPS).

L’appli établit alors une corrélation entre le lieu où se trouve le voyageur et une base de données où sont répertoriées les gares du réseau ferroviaire. “L’appli propose une liste de gares à l’utilisateur. Il lui suffit de sélectionner sa gare de départ et sa gare d’arrivée”, explique Renaud Lambiotte. “L’appli compare alors les données avec celles figurant dans une base de données reprenant tous les horaires. Le voyageur reçoit une liste des trains correspondant au créneau horaire présent. Il lui suffit de sélectionner celui dans lequel il se trouve. Notre base de données centrale mémorise automatiquement tous les paramètres-gares, horaires, numéro de train…” L’appli comptabilise soigneusement, jour après jour, les retards encourus. Lorsque la répétition des retards signalés atteindra la limite autorisant l’usager à demander une compensation, il lui suffira de se connecter à sa page personnelle (via PIN et mot de passe) et de télécharger le document pré-rempli, documentant les retards.

Pour préserver la vie privée des usagers, la solution ne requiert pas a priori que l’usager remplisse ses coordonnées personnelles. Ce processus n’intervient que lorsqu’il remplit le formulaire à envoyer à la SNCB. La seule donnée personnelle que l’usager peut éventuellement enregistrer dans la solution est son adresse mail. Auquel cas, il sera automatiquement averti qu’il a atteint le total requis de retards et qu’il peut télécharger le formulaire.

Retour à l’utilité citoyenne

Le développement de Late for Good se place dans le cadre du projet Sci-App (Mobile Apps for Science). Un projet qui a une double finalité: favoriser le développement d’applications à finalité civique (dans des domaines tels que la santé publique, la mobilité ou la planification urbaine) et, dans le même temps, permettre à des chercheurs de collecter et analyser des données, soigneusement anonymisées, pouvant déboucher sur une meilleure compréhension des problèmes sociétaux (tels que la mobilité). C’est ainsi que les données (anonymes) collectées par l’appli Late for Good pourront devenir un instrument fort utile pour les recherches et études du groupe GRT (Groupe de Recherche sur les Transports) de l’UNamur qui a déjà réalisé plusieurs études dans le domaine, notamment pour le compte du SPF Mobilité mais aussi dans le cadre de projets européens ou internationaux. Les données collectées par Late for Good permettront notamment de cartographier de manière plus précise la mobilité des voyageurs.