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Une vraie stratégie STEM pour lutter contre la pénurie ingénieurs

Tribune
Par Dominique Demonté, Laura Beltrame · 11/03/2019
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Depuis 2016, Agoria Wallonie tire la sonnette d’alarme. Il faudrait 500 diplômés ingénieurs chaque année pour répondre à la demande des entreprises. Et pourtant, tant au niveau des inscriptions 2018-2019 que des diplômés 2018, les chiffres ne sont pas bons.

Ce cri d’alarme est renforcé par l’étude d’Agoria “Be The Change” sur les besoins futurs du marché du travail: en l’absence de mesures adéquates, pas moins de 584.000 postes vacants ne seront pas comblés en 2030 en Belgique. Environ une offre d’emploi sur dix restera vacante en Belgique en 2030 ! Le métier d’ingénieur, lui, il sera en demande croissance dans les prochaines années: on estime le besoin supplémentaire à 1.421 unités pour les “general engineers” et à 440 pour les “electro tech engineers” d’ici 2030 !

Comment expliquer que les inscriptions soient en baisse (passant de 2.490 à 1.843 en 2018) alors que selon une étude de Randstad sur l’attractivité des fonctions (janvier 2019), six personnes interrogées sur dix recommanderaient cette profession à leurs amis ou à leurs enfants ?

Chiffres tirés de l’étude 2018 de la FABI (Fédération d’associations belges d’ingénieurs civils et bioingénieurs) et de l’UFIIB (Union francophone des associations d’ingénieurs industriels de Belgique).

 

Vers une réelle stratégie STEM?

Face à ces constats, il faut, plus que jamais, poursuivre les mesures visant la promotion des études techniques et scientifiques.

Depuis plusieurs années, Agoria soutient diverses actions de promotion et de sensibilisation aux filières technologiques, par exemple le Polytech Game de l’ULB, le Mecatronic Contest de Henallux, le Robo-Day du Pass…

Récemment, Agoria a même été un pas plus loin en s’engageant de manière structurelle dans la Fondation pour l’Enseignement (ayant pour vocation de renforcer les ponts entre l’enseignement obligatoire et l’entreprise) et dans la Maison des Maths et du Numérique.

Cependant, à elles seules, ces mesures n’ont pas suffi pour répondre aux besoins de la société et, donc, d’une certaine manière retarde sa croissance.

La pénurie structurelle d’ingénieurs et de profils technologiques constitue un frein au développement du tissu industriel et à l’innovation, à la propagation des nouvelles technologies et à la numérisation de notre économie.

À présent, il faut établir une “STEM Strategy” et passer à des mesures plus incitatives d’orientation!

Dominique Demonté, directeur général Agoria Wallonie, propose ainsi de réfléchir à la mesure suivante: introduire des mécanismes financiers qui encouragent les jeunes à faire des choix d’études orientés vers l’avenir.

Les modalités de ces mécanismes incitatifs pourraient prendre diverses formes:

  • directement en faveur des étudiants concernés, à travers une diminution ou gratuité du minerval,
  • et/ou indirectement, par le biais d’un financement différencié des filières STEM des hautes écoles et universités, qui disposeraient ainsi de davantage de moyens pour rendre les cours plus attractifs.

Dans une carte blanche datant de janvier de cette année (paru dans L’Echo), Dominique Demonté rappelait d’ailleurs que ces incitants en faveur des études STEM existent dans d’autres pays. Aux États-Unis, certains Etats comme le Maine ou le Connecticut ont mis en place un mécanisme à effet décalé puisque les jeunes diplômés STEM y bénéficient d’avantages fiscaux pendant les cinq premières années de leur vie active.

Un mécanisme financier existe d’ailleurs déjà, en Belgique, en faveur d’une filière d’études – et depuis longtemps. C’est celle de la défense, qui offre la possibilité de suivre des études tout en étant rémunéré! Pourquoi ce privilège des soldats et officiers ne pourrait pas être mis en place pour nos futurs ingénieurs, informaticiens ou data scientists?

Dominique Demonté (Agoria Wallonie): “Pourquoi le privilège des soldats et officiers, qui consiste à pouvoir suivre des études tout en étant rémunéré ne pourrait pas être mis en place pour nos futurs ingénieurs, informaticiens ou data scientists?”

Cette recommandation est d’ailleurs reprise dans le Mémorandum d’Agoria en vue des élections du 26 mai 2019: « renforcer l’activation des demandeurs d’emploi et l’orientation des élèves/étudiants avec des mécanismes plus incitatifs (voire contraignants) d’orientation vers les filières d’études et de formation correspondant aux métiers en pénurie, y compris un financement différencié (bonus) des structures organisant ces filières d’enseignement/formation. »

Agoria souhaite passer de la parole aux actes en déterminant, de manière concertée, une STEM Strategy, en collaboration avec d’autres fédérations sectorielles afin que demain les filières les plus demandées par les entreprises soient aussi les plus sollicitées par les jeunes!

Laura Beltrame, du Centre d’expertise “People & Organisation” d’Agoria
et Dominique Demonté, directeur général d’Agoria Wallonie

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1 commentaire

  1. Bonnes initiatives!

    Mais il faut aussi prendre le mal a la racine en faisant la promotion de ces études dans les écoles secondaires,auprès des directions,professeurs et étudiants par des actions de terrain

    .organiser les samedis des stem dans les centres de compétences TECHNO et TECHNIFUTUR

    .relancer l’opération 100informaticiens(ou 100 ingénieurs dans les écoles)qui avait bien marché il y a 5 ans

    A votre disposition pour en parler

    Un retraité actif

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