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L’avenir au bout de nos doigts, ouvrons la fenêtre ensemble !

Tribune
Par Céline Colas · 11/06/2018
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Nous sommes dans un monde où robots et humains cohabitent pleinement et correctement grâce aux trois lois de la robotique. 

Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, permettre
qu’un être humain soit exposé au danger.

Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain,
sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.

Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit
avec la première ou la deuxième loi.

Un savant s’est employé à développer un robot éprouvant des émotions et pouvant rêver. Ce robot a assassiné son créateur sur ordre de ce dernier afin d’envoyer un signal d’alarme. Vous avez l’impression de connaître cette histoire? Cela vient d’un film de science-fiction (I, robot) et, pour le moment encore, ce n’est que de la fiction. 

Depuis plusieurs années, le numérique se transforme et change notre quotidien. Vous rappelez-vous l’arrivée de l’ADSL et du web dans vos foyers dans les années 90? Et votre premier GSM? Quand avez-vous jeté vos cartes routières pour les remplacer par un GPS? Plus personne ne peut nier l’emprise des technologies dans nos vies, a fortiori dans celles de nos enfants aussi… Si nous sommes parfois démunis face à ces bouleversements, les jeunes ne le sont pas moins et doivent être guidés dans leurs découvertes et dans ces apprentissages. 

Deux pans sont essentiels dans ce processus: la compréhension des machines qui nous entourent et se développent, ainsi que leur utilisation de façon réfléchie, consciente et créative. A savoir, les sciences informatiques et les TICe – Technologies de l’Information et de la Communication pour l’éducation. N’oublions pas que le Web et ce qui le compose est un média à part entière. Il est donc primordial de compléter ces apprentissages par de l’éducation à ce média, qui n’est pas si neuf. Trois réflexions, trois branches à développer. Toutes reliées, interconnectées comme Internet.

Que l’on se rassure, le monde politique n’est pas sourd à ces changements et travaille sur ces thématiques mais soyons clairs: l’innovation vient du terrain, les nouvelles pratiques s’y implémentent déjà depuis plusieurs années alors même que les politiques réfléchissent encore à la mise en place de nouveaux cours et des changements de paradigme. Deux temporalités, deux façons de travailler complémentaires mais qui ne se comprennent pas toujours.

“L’innovation vient du terrain, les nouvelles pratiques s’y implémentent déjà depuis plusieurs années alors même que les politiques réfléchissent encore à la mise en place de nouveaux cours et des changements de paradigme. Deux temporalités, deux façons de travailler complémentaires mais qui ne se comprennent pas toujours.”

Mais la prise en compte de ces problématiques par les politiques et leur implémentation obligatoire dans les programmes fonctionne-t-elle toujours?

Tournons-nous durant un court paragraphe sur notre voisin français qui a institutionnalisé les sciences informatiques et les a placées dans les programmes de l’école primaire et du collège (de la 6e primaire à la 3e secondaire).

Professeurs peu ou pas formés, matériel quasi inexistant, méconnaissance des enjeux… La volonté politique ne fait pas tout, le système doit être repensé. Préparer le futur nécessite d’avoir en main toutes les clés de ce qu’il sera: un monde où la coopération, l’empathie, la créativité seront primordiales ; les Hommes et les robots collaboreront dans le travail et leurs compétences se complèteront au service du bien commun. 

Dans ce pas vers le futur, les professeurs et directeurs des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles nous démontrent jour après jour que l’exemple vient du terrain. Bien sûr, tous ne sont pas sereins face au numérique, des réticences persistent: méconnaissance de l’informatique, peur de sortir de leur zone de confort, pas ou peu de moyens alloués à ces thématiques… Certains freins sont palliés par les Régions wallonne et bruxelloise. D’autres sont du ressort de l’appréhension de ces domaines d’activités et demandent des discussions, de l’expérimentation afin de convaincre les plus frileux d’entre eux, d’entre nous.

“Permettons à toutes et tous de ne plus juste mâchonner un crayon sans comprendre à quoi il sert mais de l’employer pour écrire leur propre histoire, comme des utilis-acteurs avertis devenus créateurs.”

Réjouissons-nous car dans ce panorama en demi-teinte réalisé jusqu’à maintenant, des projets multiples et variés émergent autour des sciences informatiques, des TICe, de la robotique, du numérique en général, dans les écoles mais aussi hors de celles-ci – par exemple en maisons de jeunes, en club informatique avec les CoderDojos, etc. Des professeurs s’emparent de Minecraft, jeu vidéo de création, pour travailler la géographie, l’histoire ou les mathématiques en primaire. D’autres co-créent de courts jeux vidéo en programmant avec leurs élèves. Certains réalisent des Twictées, découvrent l’univers de la robotique ou encore initient leurs collègues aux outils numériques collaboratifs. Les usages et pratiques sont nombreux et gageons qu’ils vont se disséminer dans nos régions de plus en plus rapidement.

En tant que partenaire externe de ce travail, Kodo Wallonie voit et encourage ces initiatives toutes aussi enrichissantes les unes que les autres. Ensemble, tous partenaires confondus, nous essayons et apprenons de nos expérimentations afin que les jeunes d’aujourd’hui et de demain, mais aussi les professeurs actuels et futurs, puissent mieux comprendre le monde qui arrive et que nous devrons co-créer. 

Le monde évolue, l’enseignement également et le regard du corps enseignant et des politiques sur les robots, l’intelligence artificielle et toutes ces thématiques qui nous dépassent doivent également évoluer. Donnons-nous – donnons-leur – les clés pour y arriver avec une formation continue de qualité, centrée sur l’avenir et sur le bien commun. Offrons à nos enfants une éducation ouverte sur le monde et ses possibilités. Permettons à toutes et tous de ne plus juste mâchonner un crayon sans comprendre à quoi il sert mais de l’employer pour écrire leur propre histoire, comme des utilis-acteurs avertis devenus créateurs.

Céline Colas
Coordinatrice de Kodo Wallonie

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